‹ Œuvres complètes. Éd définitiveChapitre 18 sur 88 · CINQUANTE ANS · texte numérisé non relu

CINQUANTE ANS

n y a longues années de cela I... Je suis bien vieux, mais mon ftme, morte à tout sentiment de jeunesse, peut vivre encore à ce souvenir. Il me suit dans la mort. Mes yeux se fermeront bientôt, mes illusions sont détruites, et les rêves de mes beaux jours ne peuvent s'effacer. Elle est toujours près de moi, avec son joli r^ard, ses douces paroles, ses attachantes caresses. Quand elle prenait mes mains dans les siennes, qu'elle me baisait doucement an front, elle remplissait alors mon cœur d'une telle joie, que rien du tumulte de la vie, rien des passions même, n'a pu l'effacer do cœur dont elle était si maltresse. Elle l'a quitté, il est resté vide. D'autres femmes ont agité ma vie; aucune n'a pris sa place, ancune ne lui a enlevé mon constant souvenir. Je vivais pour elle, f ai vécu sans elle ; mais, je le sens encore, c'est près d'elle que f aurais voulu mourir. Ma tête blanchie, mon cœur glacé, se rajeunissent à son nom, quand je le prononce ou quand je repasse dans ma mémoire les souvenirs qui me sont venus d'elle. Elle est heureuse, elle l'est sans moi; elle l'est depuis notre séparation; et dans ce cœur où je connus, où j'inspirai tant d'amour, il ne reste pas un regret, peut-être même... pas un souvenirl

Kofombro 1830.

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