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UNE INCONSÉQUENCE

- Te souviens-tu, mon petit Charles, combien de fois dans nos isses furtives tu m'as répété avec le soupir du regret : « Oh ! rquoi faut-il que ta destinée soit enchaînée à celle d'un Pe!... ))

Oui, mon Amélie, je m'en souviens, et je le pense encore.

- Eh bien, je ne suis plus enchaînée, mon petit Charles ; je suis ve et j'accours pour que tu m'épouses...

- Quoi! il serait vrai? dit Charles d'un air aussi atterré que si t un plafond lui tombait sur la tête.

- Oui, monsieur, cela est vrai, répondit Amélie en faisant une ces charmantes petites moues qui compliquent tant la gentille des femmes; mais est-ce que, par hasard, vous ne seriez plus is l'intention de m'épouser, monsieur?

- Ohl mon Dieu si! toujours...

-a réponse de l'artiste, nonchalamment prononcée, renfermait te pensée anti-chaleureuse : Il faut bien faire une fin... Il le tit, et ajouta aussitôt avec gaieté :

-Tout de suite môme, si tu veux...

•a saillie produisit son effet. Amélie prit la philosophie pour l'amour, c'est tout ce que demandait la petite brune aux yeux "S; elle sauta de joie d'abord, et puis après :

- Non pas tout de suite, mon petit Charles; car la convenance iterdit pour longtemps d'habiter avec toi le môme monde >D m'a vue forcément jusqu'ici fréquenter avec celui que je ne jamais souffrir; mais nous allons fuir ensemble, nous retirer & quelque coin bien solitaire, et, là, nous nous marierons pour

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ne nous plus quitter jamais : nous rirons, nous causerons, nous dessinerons, nous jouerons ensemble, nous courrons l'un après Tautre, nous nous caresserons, et puis nous nous battrons, enfin nous nous amuserons bien, va, mon petit Charles!

— Eh bien, allons!.... dit T^rtiste en prenant son chapeau comme s'il partait pour les Freres-Provençaux; car la description de ce bonheur pittoresque n'était pas sans charmes pour lui.

Un mois de cette solitude à deux, dans une retraite effrayante de calme et de monotonie, lassa le caractère blasé de l'artiste. Aussi, un soir, après avoir tout un quart d'heure tisonné le feu pendant que sa nouvelle épouse faisait de la tapisserie, Charles rompit le silence par cette question :

— Est-ce que, chère amie, tu ne comptes pas bientôt revoir Paris? Pour ma part, moi, je préfère les Bouffes au beuglement des plus belles vaches, et les galeries du Palais-Royal à la plus r^lière avenue. Et toi?

— Pas moi, dit la petite femme, qui adorait la campagne, même au coeur de l'hiver, parce qu'elle adorait son mari comme au printemps de l'amour.

— Ah! c'est que, vois-tu, comme mes affaires m'obligent à faire un voyage à Paris, si tu avais voulu profiter de l'occasion, nous ne serions plus revenus prendre nos quartiers d'hiver dans tes catacombes champêtres; mais, puisque tu y tiens tant, j'y reviendrai, et, en même temps, je te rapporterai des nouvelles de chez toi.

— Ah! oui, c'est bien, mon petit Charles. Vois donc quel effet y a produit ma disparition, et surtout reviens promptement m'en instruire.

L'artiste avait touché la corde sensible, car, au catalogue des passions légitimes figure aussi la curiosité. Son départ fut donc vu avec plaisir par Amélie, qui décacheta avec plus de plaisir encore la première lettre de son mari, laquelle était ainsi conçue :

« Femme adorable et que j'adore,

» Toujours prêt à satisfaire tes désirs, ma visite à ton anden domicile a été ma première démarche à Paris; voici l'exact récit du résultat de cette heureuse idée :

UNE INCONSÉQUENCf:.

» Me présentant au portier avec cette indifférence si intéressante dans notre position, je lui demande si madame de V... est chez elle.

» — Oh! non, répondit-il; mais montez, monsieur est chez lui. » Juge, de l'effet foudroyant de cette réponse. » — Gomment, monsieur? dis-je stupéfait. » — Oui, monsieur,

)) — Ahl miséricorde... Est-ce que, par hasard...? Je croyais... on m'avait dit...

» — Qu'il était mort, n'est-il pas vrai?

» — Oui, quelque chose dans ce genre-là...

n — Oh! mon Dieu! tout le monde l'a cru aussi pendant trois jours entiers; mais, fort heureusement, le quatrième on s'est aperçu que ce n'était qu'une léthargie, et maintenant, monsieur est en pleine convalescence. Seulement, il est bien chagrin, parce que la fausse nouvelle de sa mort a tellement affligé son épouse, qu'elle est partie, désespérée, on ne sait où.

» — Bah! vraiment?

•» — Odi, monsieur.

» — Ah! la pauvre dame!... »

Et, dépuis ce temps, M. de V..., qui a enfin retrouvé sa femme, va partout vantant son terrible accès de douleur funéraire, et, à chaque nouvelle proposition d'établissement qu'on fait au jeune artiste, celui-ci répond toujours quHl ri a pas de goût pour le mariage.

Décembre 1830.

LES DEUX DRAGONS

D'immenses et hauts herbages, des bœufs qui s'y engraissent, 3 chevaux aux foripes arrondies, à la démarche paisible, qui "ent ou regardent par-dessus des haies semées de pommiers, nobles de la Normandie; un ciel brillant de soleil, et ses rayons s'adoucissent sur toute cette verdure; une colline avec son chei jaunâtre; une troupe de jeunes gars normands qui la descente s'entraînant bras dessus, bras dessous, en chantant faux et • • •

e n'était pourtant pas un jour de fête, et des hommes bêchant Ique coin de terre se redressaient pour les voir passer. Ce cose endimanché, ces chapeaux bariolés de rubans de mille cous, — on eût dit une noce. Mais la mariée manquait. Au lieu de ^D, un tambour au milieu des rubans, des plaques de papier -ant les moindres numéros de l'alphabet arithmétique. Le prer de la bande, une énorme canne à la main, avait cette touri dq tambour-major, dernière tradition des bizarres attitudes rrières dont l'image curieuse se retrouve dans quelques gradu XVI* siècle.

'étaient donc des conscrits. Il ne leur manquait pour jouir de ' reste que d'être tout à fait ivres, et c'est à quoi ils pour- ^ent, en réveillant leur soif à courir d'un village à l'autre, ripant chaque fois leur cidre dans du vin. Ils faisaient bien, ^sse, dit-on, est mauvaise pour les sauvages, qui n'ont pas Din d'ivresse. Us sont libres. Mais, quand le villageois quitte sa ornière, sa maîtresse, pour servir sous un caporal, le vin proet Ton n'en saurait trop boire.

CONTES ET NOUVELLES

Derrière la troupe marchaient deux jeunes paysans; l'un, d'une taille médiocre, une figure douce et pâle, de grosses larmes coulant dessus; l'autre, haut, robuste, des cheveux d'un roux ardent, des joues rondes et rouges, comme le fruit de sa province; les plus beaux yeux qu^'on puisse voir, tant ils étaient grands, fermes, gais et bleus. Il faudrait que Gharlet les eût vus.

Mais cette figure joviale était presque triste en ce moment. Penché sur son camarade, le soutenant d'une main, et posant l'autre sur sa poitrine gonflée de sanglots, Norbert s'y prenait de son mieux pour le consolér.

— Ne pleure pas, Thibaut, disait-il en le secouant. A quoi ça sert? Qu'est-ce que tu regrettes donc? Tu es orphelin. Nous partons ensemble. La guerre ! Je ne la hais pas, moi. Ni toi non plus, je t'en réponds. Tu es un peu enfant; mais, au fond, tu as du cœur, tu en as, Thibaut, et, si tu me voyais dans l'embarras... Tu aurais mieux aimé le séminaire qu'un régiment? Bah! la tonsure..., bon pour les chauves. Des Français comme nous, c'est fait exprès pour la troupe. Si c'est que tu penses à la fille à Girard, elle ne vaut pas ça, vois-tu, et, moi qui te parle, si j'avais voulu... Suffit... J'en ai une aussi, moi, qui pleurait ce matin. Ne me soutenait-elle pas qu'elle était grosse ! C'te idée de femme I Allons, allons, vive la joie ! vive rempereur ! — le roi, faut dire; car, pour l'autre, il paraît qu*il est mort tout de bon. — Viens, nous vivrons longtemps, ensemble, nous deux. Viens !

La troupe s'était arrêtée autour d'un petit cabaret situé au bas du coteau. Bonne station pour nos pèlerins. Toutes les voix appelaient Norbert.

— Les fainéants, disait-il, ils ont besoin de moi pour rire.

On buvait, au grand air, à l'ombre ; le cidre pétillait comme du Champagne. Des cris, des verres brisés, de bons tours aux camarades, et des refrains, et des chorus I plusieurs de ces chansons populaires, psaumes de ceux qui ne savent pas le latin. Norbert même improvisait des couplets, moins riches de rimes que sa verve villageoise. Puis des saillies, des éclats. Que de gorgées renvoyées par le rire ! Norbert n'était pas de ceux qui regardent Teffet qu'ils produisent ; mais, voyant du coin de l'œil Thibaut qui riait malgré lui, assis à sa droite, le bon jeune homme en prit tant, que, si son

LES DEUX DRAGONS

camarade ne Teût ramené trébuchant au village, il eût dormi là, à la belle étoile, au fond d'un fossé, bivac des ivrognes. H n'en aurait pas plus mal dormi.

Les deux Normands avaient été dirigés sur un régiment de dragons en garnison en Alsace. Norbert était surtout propre à cette arme, qui tient à la fois de la troupe légère et du cuirassier. Elle souffrit, dit-on, lorsqu'on voulut y mêler aussi du fantassin. Mais les dragons ont fait parler d'eux en 181^, quand, pour bien finir, diacan fit de son mieux. On cfti parle encore, et, grâce à ces vieilles bandes accourues d'Espagne au secours de la patrie, ces gens du Nord ont laissé des carcasses de plus pour engraisser nos champs et nos chiens.

Norbert avait tant fait, qu'on ne l'avait pas séparé de Thibaut.

— Si vous ne nous laissez pas ensemble, disait-il à l'officier de recrotement, sauf respect, mon capitaine, je vous promets que je déserte.

L'officier était jeune : il comprit le paysan, et Thibaut fut dragon.

Un dimanche soir, deux mois après son entrée au régiment, il était assis seul près d'une table, dans le jardin d'une brasserie, rendez-vous ordinaire des cavaliers. Son casque était placé devant lui, à côté d'un pot de bière et de deux verres énormes. Il s'ennuyait en attendant Norbert, qui tardait à venir.

En ce moment vint un dragon, surnommé le Parisien, et connu de tous pour un homme dangereux, féroce, brave pourtant, fameux par son adresse dans tous les genres d'escrime et par vingt duels funestes à ses adversaires.

Le Parisien s'avança, suivi de deux cavaliers et d'une fille. Toutes les tables étaient prises. Il s'af^ocha de celle où Thibaut s'était assis, et, faisant glisser le fourreau de son sabre au ras de la table ;

— Place aux anciens, conscrit ! dit-il en jetant bas le casque, le pot et les verres; va-t'en bâiller ailleurs, m'entends-tu?

Thibaut le regardait, tout étourdi de cette attaque imprévue.

— Va-t'en donc ! dit le Parisien en le poussant brusquement. Thibaut se débattit, et prononça le mot de brutal... L'autre avait

déjà bu copieusement; le sang lui monta au visage : deux soufflets retentirent sur celui du jeune soldat; tous les cavaliers se retournèrent.

tôt

CONTES ET NOUVELLES

Thibaut n'était pas un lâche, non certainement; mais son inexpérience, sa faiblesse, sa stupeur, la redoutable réputation du Parisien, ce que l'affront même avait de terrible, ces mots, ces regards moqueurs qui l'accablaient de toutes parts... La fille s'était jetée entre l'autre et lui. Bref, il ramassa son casque et sortit, non sans jeter sur le Parisien un regard plein de colère, non sans penser à une vengeance ; mais le chagrin et la honte étaient ce qu'il sentait le plus, et il pensait surtout à Norbert.

Il le cherchait au hasard et comme par instinct. Il l'aperçut enfin qui se promenait tranquillement sur le rempart, serrant le bras ou plutôt tenant le sien autour d'une grande et jolie paysanne, qui riait, comme lui, de tout son cœur, et marchait à demi penchée, touchant de ses lèvres l'épaulette du dragon. Dieu sait pourquoi le patois normand et la jargon d'Alsace pouvaient jaser ensemble et se comprendre. Deux mois de service avaient déjà fait de Norbert un cavalier accompli, et, quand les jugulaires de son casque encadraient cette figure animée, quand le cuivre de sa visière brillait au niveau de son œil hardi, quand le rire secouait sa jeune moustache, il n'est pas étonnant qu'il plût aux jeunes filles alsaciennes, race de femmes fécondes en bons, en beaux soldats, et qui les aime.

Ils riaient donc tous deux, et sans quelques baisers ils auraient ri toujours. Thibaut les atteint. Norbert lève les yeux.

— Qu* as-tu ? s'écria-t-il en quittant brusquement la jeune paysanne.

Thibaut se jeta en pleurant sur la poitrine de son ami, et cet embrassement émut plus Norbert que tous ceux de sa maîtresse.

— Est-ce qu'on t'a manqué, Thibaut? reprit-il, baissant la tête sur lui et le soutenant dans son bras gauche.

Je ne sais quel pressentiment l'avertissait.

— Oui, dit Thibaut en se frappant le cœur; le Parisien... Norbert devint pâle comme un mort. Il lui avait suffi de voir le

Parisien pour le prendre en haine, et d'entendre son nom pour être sûr...

— 11 t'a frappé, dit-il, mille noms de... L'as-tu tué, le brigand? C'est ma faute, ajouta-t-il en frappant du pied, c'est ma faute. Je t'avais promis de me trouver là. Pour une fois que je te quitte!

LES DEUX DRAGONS

Mais ne m'en veux pas, Thibaut, s'écria-t-il en lui serrant les mains. Deux larmes roulaient dans ses grands yeux.

— Je vais te venger... Viens!

— C'est à moi à me battre avec lui, Norbert; tu seras mon témoin, et je ferai de mon mieux.

— A toi ! s'écria Norbert en haussant les épaules, à toi ! Tu es trop faible. Je t'ai toujours bien dit que, si tu me voyais dans l'embarras... C'est mon tour aujourd'hui. Viens!... Quand nous étions enfants, Thibaut, je t'ai défendu plus d'une fois, tu sais. Je suis toujours le même, frère, et à présent j'ai un sabre au flanc. Tu ne voudrais pas me faire dé la peine. Marchons!

Thibaut le suivait dans un état impossible à décrire. Norbert avait toujours eu un grand ascendant sur lui. La jeune fille les regardait s'éloigner, tremblant de peur et ne reconnaissant plus à son air le galant et joyeux cavalier. Lui s'avançait d'un pas rapide; à travers sa contenance hardie, on retrouvait encore le jeune soldat; rien de ce qui signale un spadassin de régiment. Son œil bleu semblait noir, sa voix grondait entre ses dents, sa main secouait la poignée de son sabre, la lame râlait dans le fourreau.

11 entre dans la brasserie. Le Parisien lui tournait le dos. Mais qu'il le reconnut bien vite ! 11 s'élance en face de lui, et, renversant du pied la table et tout ce qu'elle portait, il abattit trois fois sa large main sur le visage du dragon ^

i. Cette première partie des Deux Dragons fut publiée dans le numéro de la Silhouette du 2 janvier 1831 ; on Ut au bas cette note : La suite au prochain numéro; mais, la Silhouette ayant dès lors cessé de paraître, la suite des Deux Dragons demeura inédite, et même, probablement ne fut-elle jamais écrite.

LE MARCHAND DE BUSTES

i se trouvait, par une belle matinée de 1793, à l'âge de dix-neuf , tourmenté de cette ambition juvénile qui fait entrevoir la .une dans la carrière qu'on va entreprendre. Reste le choix, loué d*une âme honnêtement passionnée, il aurait bien envié l^loires de.la tribune; mais les plus belles paroles compromet- &nt toujours la téte qui les concevait, et, comme il n'aurait voulu B que de fort belles choses, il renonça à la tribune et à la gloire IB téte.

tJn jour, à la lecture d'un bulletin de l'armée, il lui avait pris la Me envie de se précipiter dans les camps pour faire profiter son IFS de ses connaissances distinguées en stratégie; mais, ayant lécbi qu'une balle avait le temps de l'atteindre dix fois dans les ^Ss de l'obéissance passive, avant qu'il pût faire tuer les autres r nouveaux principes,^ il chercha une profession où l'on débutât ^ Tindépendance, et il pensa aux arts libéraux, ^^abord, la peinture s'offrit à son esprit avec ses hasards labo-

et ses épreuves aventureuses; mais, comme nous avons dit Q cet esprit n'était qu'honnêtement passionné, il s'effraya des •rmes d'une profession féconde en écueils moraux, et il préféra ^ulpture. Une statue, c'est l'image de la nature, moins la cou-

cela convenait déjà mieux au penchant circonspect de l'ima- ^tion très-peu brûlante de notre hermaphros moral; il voulut H>rocher encore davantage l'art prestigieux du statuaire du beau ^1 de la réalité, et, coupant la nature par plus de la moitié, il i^cra ses facultés éloquentes, stratégiques et candides à la proton simplement honnête de marchand de bustes.

iiliiKL u^r îTdijj: c aorè? la bosse, de Fiitr-

o*î.- :!î'js:^a:--.':2- i»as*-e? au moule, « c*:f i'X/^'- o *ri<«t *f u-f* f : • : conimt* son propre owtç-st - 'y..- .y/?/ a.'ij«>rfc •ijiiaiv'r'î' iiiii iujr::iiaiia> de bustes; lenôES^

$\ ■éé:^j^\^yiu (î uiJt i»m siiniumit' 5upeii>e d*borrar ^ UttuS \9A^ t'/jt'A/Aé:, lavwt êpaïF cnnimels, yeux plus granit /(»! MO': l/éfité'hf: *U'./4 ^:s^onuti. au La? dr re^i r»i*i»€spieTTe, en grossi |« HP 4, f>i h*f*tù'intt fut bleniôT remplie d'one foule deceschefeil iMivMi, nv<îiiir <J<î fortune et de gloire.

MmI*i. mm iMdtiM, Ui iiiarch^jnd de bustes vit entrer chez loi du iMtlIvlilM nlMMiHMMHMil poudr/5, mîs avec recherche, à Tœil perças (•I M Im Hmimm lin rlMil. Vitis lo chef-d'œuvre lui fut offert. Alors, Fiii MMMM, \\Si\\\\ Mur lo luarciiand un regard diabolique, lui demanda («M htlMv, ihl *tM «Mult UiM do vivre et s'il voulait être brisé comme •MiM «vuNu^, bittya on olTut d'un superbe geste de furear. l.oliUl M IUklMv<4piorro on personne. Le pauvre marchandée k \i\vW\ A Im iHOl' lui nuMuo tout ce que contenait son magasin jilulol \)Mo do v'ohlivU'ior lo moins du monde le susceptible héros do l'ôoh^d.oul.

Il \ M\\s\\\ s\ gagnor faire le buste de certaines daines

dv^ ro|HH|uo qiiii uusos .\ la modo par MM. Barras et autres volupuuuu lôpi^bUoainH, auraiont pu èiro tirôes à nombreux exemplaires; uiavï* hotro maivhand, qui no voulait tonir lu fortune que d'une hiunvo puiv ot liuipide, nVn fit ri»;n. Admirateur d'une grande rôputalion militairo qui s'établi^s iit alors, il résolut de la couler, lui trouvant du reste une physiommiie fori propre à cela. Le buste do Moroau dôoora donc bientôt sa boutique. Mais à peu de jours de là arriveront de bru\ants aid^s de camp qui, au nom de la lîôjiublique et de la liberté, donntTont do ixands coups de plats de sabre sur la tôle du héros et sur les doiijis de son admirateur, traitant ce dernier d'ennemi du général Bi»uaparte, et le fondant » leur promettre le buste de ce t;rand homme, sous peine d'être transpercé.

Contrarié dans ses goûts, mais trop bon citoyen pour n'avoir pas pour dos coups de sabre, notre homme ouirui j>endimt plusieurs jours apr^s la nouvelle figure historique. L'ayant enfin rencontrée, il ne

LE MARCHAND DE BUSTES

trouva que l'œil de bien dans toute cette physionomie pâle et déjà asée par la pensée. Un œil seulement pour faire un buste, c^est peu; aussi le marchand ajouta-t-il, dans l'intérêt de l'art, quelques accessoires qui rendaient, sinon le portrait plus ressemblant, au ïnoîns fort nécessaire l'inscription indicative qui le décorait.

Malgré l'assurance des aides de camp et le parfait tranchant de ^^urs épées, le buste se vendit peu, quoique sur l'inscription le Marchand ajoutât tous les quinze jours un nouveau titre, ou une Nouvelle victoire. C'est que l'admiration des peuples reste béante pendant toute la durée de gloire, et ne devient expansive que quand cette gloire est ratifiée par un brevet de mort ou d'adversité. Le marchand de bustes attendit donc, avec une patience de quinze ans, que sonnât pour lui l'heure de la fortune et de l'illustration, augmentant toujours son inscription, et élargissant un peu son buste quand la gloire de l'époque engraissait par trop.

Cette heure tant désirée, le marchand crut enfin l'entendre à la Restauration, qui arrivait en calèche, suivie de figures aussi hétérogènes qu'inconnues. Et, pour la première fois, il gémit de ne s'être adonné seulement qu'à la reproduction de la gloire en buste, quand il aperçut les énormes guêtres en velours paternel qui ouvraient la marche d'un aussi beau règne.

Dans son enthousiasme restaurateur, il aurait voulu pouvoir transformer en héros de plâtre jusqu'au dernier goujat des armées coalisées; mais, obligé de renoncer à ce beau projet de centralisation glorieuse, à cause de la quantité, il se résigna à ne jeter au moule que les physionomies de qualité, et son magasin fut bientôt garni des bustes de toutes les Majestés européennes.

Vu l'étrangeté du patriotisme de l'époque, ce n'était peut-être pas un mauvais moyen de fortune et de gloire qu'avait choisi là notre marchand de bustes. C'est ce qu'empêcha de savoir au juste l'arrivée inattendue des guerriers de Grenoble, qui, confondant l'une et l'autre avec les portraits, objet de leur fureur, réduisirent le tout en poudre.

Accablé des coups du sort, toujours meurtrier pour son présent de plâtre et son avenir de gloire, le marchand de bustes commençait à être désolé des douceurs de sa profession, quand le triomphe du Trocadéro vint le rendre aux charmes de l'espérance. Ayant

CONTES ET NOUVELLES

écrit : Le vainqueur des Espagnes au bas de l'ancien buste d jeune officier, beau comme un Amour, le vertueux comte d'An envoya la croix d'honneur à l'artiste distingué qui avait su rep duire, d'une manière si heureuse, les traits de son auguste i monseigneur le duc d'Angoulême, si joli garçon, comme on sait.

Par reconnaissance de la gloire en ruban rouge, et par dé d'une fortune quelconque, n'importe la couleur, le marcha s'empressa de mouler plus tard le portrait du monarque Charles Depuis, la révolution de juillet est venue le convaincre de la E gilité des calculs humains, chose qu'il croyait savoû- déjà, na dont le convainquit encore davantage l'empressement du peuple faire une Saint-Barthélémy de ses bustes parjures.

Aujourd'hui, le marchand de bustes approche de la soixantaici après trente-huit ans de longanimité et d'héroïsme pour une pï" fession qu'il aima, il ne juge point à propos d'en changer; ma l'âme vidé d'enthousiasme, parce qu'elle est pleine d'une doulo^ reuse expérience, ce n'est que d'une main tremblante que, to jours à l'affût de la circonstance, il vient de ressaisir le mou pour couler Louis-Philippe I®'. Justement, ce dernier buste est chef-d'œuVre de belle stature et de mâles proportions : aussi, « moindre bruit, le marchand ferme-t-il religieusement son magasii car, si, par hasard, le buste du roi-citoyen ne réalisait point eofil l'espoir d'une fortune longtemps provoquée, il serait au moio» 1 consolation de toute une vie de débris, de pièces et de moreeaui

Janvier 1831.

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