DU PRINCIPE DES RELIGIONS DE RABTLONE ET DE PHËNICIE
LE SENTIMENT DE l' INFINI DANS l' AMOUR PAÏEN.
Depuis la première aurore que les bergers de la haute Asie évoquaient dans les hymnes du Rig-Veda, tout a changé, même les cieux, et voici de nouveau le même culte qui éclate au milieu de la Chaldée*, avec les seules différences qu'apporte l'expérience d'un peuple policé. Babylone a hérité de la religion des paslcurs de la haute Asie. Dans l'intervalle, ce qui était inspiration est devenu science^ observation, calcul. On n'attire plus les astres naissants par la promesse d'une offrande de lait. De
* Berose, apud Cleiu* Alcx;, AdinonUio, pi 45. - Isaîe, iLvi, i. — Jcrcinie, L^ 2 ; li, 44«
DES RELIGIONS DE BABYLONE ET DE PHÉNiCIE. 265
grands temples s'élèvent pour eux au milieu de cités bâties sur le plan ^ de la cité céleste. Au sommet de ces temples, formés de tours étagées les unes sur les autres, on dresse pour leur sommeil, au Heu de la natte rustique, un lit d'or; et pendant les évocations ils viennent y achever* sur la pourpre leurs rêves constellés. Ces astres capricieux qui s'élevaient, descendaient de leurs chars au gré des hymnes, sont désormais asservis à une marche régulière. Leur ornière est marquée. Au lieu de vivre solitaires, ils forment désormais une société radieuse, qui a sa hiérarchie, ses satrapes, son despote. On les combine^ on les apparie entre eux ; on en forme des constellations vivantes, idoles lumineuses, qui versent le bien et le mal sur la terre. A mesure que l'homme, las des migrations,' s'est arrêté dans un domicile, il a fait entrer aussi les étoiles dans leurs demeures sacrées. Les douze maisons du Zodiaque ' s'ouvrent pour recevoir les douze dieux. A leur seuil, des animaux célestes vont s'abreuver dans les sources de la voie lactée. Le serpent, le poisson, le chien, le scorpion, trouvent leur premier gîte dans le pur ciel d'Assyrie. Interprètes * de la lumière invisible, les planètes errantes montrent l'avenir', tandis qu'audessous d'elles sont trente étoiles conseillères, dont chacune d'elles a sa couleur, sa volonté, son génie. Par delà
* Diod. Sic, lib. II, p. 90.
^ ^«vl Si qI ahroi o\jroi, i/ioï [jàv oh nisrèc Uyovrsç, rbv 9sbv ocurov Voirav Ta éç rbv vïjôv, xat àfjLTzxùsvBai inl t^$ xA^vïjs. (Herod., lib. I^ 182.) Cf. ^octem Auroramque forinosas in boc sacrificio iiivoeo, in isto nostro stragulo ut considant. [Rig-Veda, Rosen, p 20.)
' Diod. Sic., lib. II, p. 116. — Cf. Letronne, Sur Vorigine du zodiaque grec, p. 27. -^ Gesenius, Comm. ûb. Isaias, t. II, p. 327. Thesaurtts UnguxhebraMi et chàldz», p. 29. Lexicon, Yoce Si-
* Ep/*iîv«T«. (Diod. Sic, lib. II, p. 116.)
^ Ta fiillùvroi. yivsveat Setxvùowrtv^ (Ibid.) — Phil. Jud., de SomnHs, p. 446, ^ Mûnter, heHgUm der Babylower, p. 12^14, 102.