DES «ELIGIONS DE L'ASIE OCCIDENTALE
les Bsives des vivants habitent les astres froids, que les morts seuls peuvent contempler ; et pour régir ce royaume céleste, le soleil Indra-Bélier*, conducteur du troupeau, surgit de nouveau sous le nom de Bel. L'homme ne demande plus seulement aux astres indulgents l'herbe de chaque jour pour la génisse ou le cheval : d'autres soins Tobsèdent; le lendemain commence à l'inquiéter; il laisse le cantique pour Taslrologie*. .
Par tous ces traits,, on voit assez que le culte de Babylone n'est qu'un rite particulier du culte de la lumière première. Seulement, en se la représentant incarnée sous la figure des astres, en l'enfermant dans l'orbe des corps visibles, il consacrait l'adoration des images dans les temples; ce qui formait une opposition tranchée avec le génie tout spirituel du Zend-Avestn, véritable protestantisme au sein delà grande église païenne; d'où les guerres de religion entre l'Assyrie et la Perse'. A cela joignez que dans l'esprit des patriarches de l'Inde et de l'Asie, les dieux nourris de lait n'avaient que les pensées de l'enfance. S'éveiller dans la nuit pour se réchauffer à Faire des bei^ers, aiguillonner les biches attelées à leurs chars, se rassasier de l'offrande de miel*, c'était leur félicité suprême. Du reste, nul lien, nul commerce entre eux, nul sentiment commun. La différence et les instincts des sexes n'étaient pas même marqués; au. lieu qu'en retrou-
*■ nJum Arietem [Tyam mesham) a muUis invocatum, hyiunis celebrutuii» Indram. {Rig^Veda, Rosen, p. 98, 102 ) — Macrob., Salum., lib. I, c. XXI. — Le Mahabad des Ghaldéens n'a-t-il aucun rapport avec le Magliavan des Védas? Voy. Rig-Veda, p. 208, 209. — Cf. Dupuis, Religion utûverselle, V» m, p. 31 .
* Isaïe, XLvi, 12, 13.
* Les rois de Perse enlèvent les imaj-es des temples de Babylonc. llerod., éd. Creuzcr et Baîbr., lib. I, 185. — Isiûc, xlvi, 1, 2. — Daniel, \i, 26. — Geseiiius, Comm. uô Isaias, II, p. iUO.
* Rig-VedOi p. 3, 6. Expie ils desideriuin (uuni, p. 110.