ACTE m, SCÈNE VII
Oui , je sens à regret qa*en excitant vos larmes
Je ne fais contre moi que vous donner des armw,
Je croyois apporter plus de haine en ces lieux.
Mais , madame , du moins tournez vers moi los yevx :
Voyez si mes regards sont d'un juge sévère ,
S'ils sont d'un ennemi qui cherche à vous déplaire.
Pourquoi me forcez-vous vous-même à vous trahir?
Au nom de votre fils , cessons de nous haïr.
A le sauver enfin c'est moi qui vous convie.
Faut-il que mes soupirs vous demandent sa vie?
Faut-il qu'en sa faveur j'embrasse vos genoux?
Pour la dernière fois , sauvez-le , sauvez-vous.
Je sais de quels sermens je romps pour vous les chaînes;
Combien je vais sur moi faire éclater de haines.
Je renvoie Hermione, et je mets sur son front,
Au lieu de ma couronne , un éternel affront :
Je vous conduis au temple où son hymen s'apprête ;
Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête.
Mais ce n'est plus, madame, une offre à dédaigner;
Je vous le dis : il faut ou périr , ou régner.
Mon cœur , désespéré d'un an d'ingratitude ,
Ne peut plus.de son sort souffrir l'incertitude.
C'est craindre, menacer, et gémir trop longtemps.
Je meurs si je vous perds ; mais je meurs si j'attends.
Songez-y : je vous laisse ; et je viendrai vous prendre
Pour vous mener au temple où ce fils doit m'attendre :
Et là vous me verrez , soumis ou furieux ,
Vous couronner , madame , ou le perdre à vos yeux.