‹ Œuvres complètesChapitre 192 sur 594 · SCÈNE I. — NÉRON , BURRHUS · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — NÉRON , BURRHUS

BURRHUS

Pallas obéira , seigneur.

NÉRON

Et de quel œil Ma mère a- 1- elle vu confondre son orgueil?

BURRHUS

Ne doutez point , seigneur , que ce coup ne la frappe ; Qu'en reproches bientôt sa douleur ne s'échappe. Ses transports dès longtemps commencent d'éclater; A d'inutiles cris puissent-ils s'arrêter !

Quoi ! de quelque dessein la croyez-vous capable ?

BURRHUS

Agrippine, seigneur, est toujours redoutable: Rome et tous vos soldats révèrent ses aïeux ; Germanicus son père est présent à leurs yeux. Elle sait son pouvoir ; vous savez son courage ; Et ce qui me la fait redouter davantage , C'est que vous appuyez vous-même son courroux , Et que vous lui donnez des armes contre vous.

NÉRON

Moi, Burrhus?

BURRHUS

Cet amour, seigneur, qui vous possède..

nt BRITÀNNIGUS.

NÉRON

Je vous entends, Burrhus. Le mal est sans remède : Mon cœur s'en est plus dit que vous ne m'en direz ; Il faut que j'aime enfin.

% buhbhus.

Vous vous le figurez , Seigneur; et, satisfait de quelque résistance, Vous redoutez un mal foible dans sa naissance ; Mais si dans son devoir votre cœur affermi Vouloit ne point s'entendre avec son ennemi ; Si de vos premiers ans vous consultiez la gloire; Si vous daigniez , seigneur , rappeler la mémoire Des vertus d'Octavie indignes de ce prix , Et de son chaste amour vainqueur de vos mépris ; Surtout si , de Junie évitant la présence , Vous condamniez vos yeux à quelques jours d'absence , Croyez-moi , quelque amour qui semble vous charmer , On n'aime point, Seigneur, si l'on ne veut aimer.

NÉRON

Je vous croirai , Burrhus , lorsque dans les alarmes

Il faudra soutenir la gloire de nos armes ,

Ou lorsque, plus tranquille, «ssis dans le sénat.

Il faudra décider du destin de l'État ;

Je m'en reposerai sur votre expérience.

Mais, croyez-moi, l'amour est une autre science,

Burrhus ; et je ferois quelque difficuhé

D'abaisser jusque-là votre sévérité.

Adieu, je souffre trop éloigné de Juive.

SCÊKE U. -^ BURB^LUS.

Enfin, Burrhus, Néron découvre son génie.

Cette férocité que tu croyois fléchir

De tes foibles liens est prête à s'affranchir.

En quels excès peut-être elle va se répandre !

0 dieux 1 en ce malheur quel conseil dois-je prendre ?

Sénèque , dont les soins me devvoient soulager ,

Occupé loin de Rome , ignore ce danger.

Mais quoi 1 si d'Agrippine excitant la tendresse ,

Je pouvois.... La voici : mon bonheur me l'adresse.

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