‹ Œuvres complètesChapitre 209 sur 594 · ACTE T, SC*!fE I. MS · texte numérisé non relu

ACTE T, SC*!fE I. MS

JUNIE

Hélas I "si je tous ^wœ !

BRITAWNICUS.

Néron ne trouble pins notre félicité.

JUWIE.

Mais me répondez-vous de sa sincérité?

BRITANNICDS.

Quoi! TOUS le soupçonnez d^une haine couverte'?

JUNIE

Néron m'aimoit tantôt , il juroit votre perte ;

Il me fuit , il vous cherche ; un si grand changement

Peut-il être, seigneur, l'ouvrage d'un moment?

BRITAWNICITS.

Cet ouvrage , madame , est un coup d'Agrippme : Elle a cru que ma perte entratnoit sa ruine. Grâce aux préventions de son esprit jaloux, Nos plus grands ennemis ont combattu pour nous. Je m'en fie aux transports qu'elle m'a fait parottre; Je m'en fie à Burrhus; j'en crois même son maître : Je crois qu a mon exemple , impuissant à trahir , n hait à cœur ouvert , ou cesse de haïr.

JUNIE

Seigneur, ne jugez pas de son cœur par le v^tre : Sur des pas différens vous marchez l'un et Vautre. Je ne connois Néron et la cour que d'un jour ; Mais , si je Tose dire , hélas ! dans cette cour Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on penso ! Que la bouche et le cœur sont peu d'intelligence I Avec combien de joie on y trahit sa foi! Quel séjour étranger et pour vous et pour moi 1

BRITANNICUS

Mais que son amitié soit véritable ou feinte ,

Si vous craignez Néron, lui-même est-il sans crainte?

Non, non, il n'ira point, par un lâche attentat,

Soulever contre lui le peuple et le sénat.

Que dis-je? Il reconnoît sa dernière injustice;

Ses remords ont paru, même aux yeux de Narcisse.

Ah! s'il vous avoit dit, ma princesse, à quel point....

JUNIE

Mais Narcisse, seigneur, ne vous trahit-il point?

BRITANNICUS

Et pourquoi voulez- vous que mon cœur s'en défie?

JUNIE

Et que sais-je? Il y va, seigneur, de votre vie : Tout m'est suspect : je crains que tout ne soit flléâiiit;

244 BRITANJNICUS.

Je crains Néron ; je crains le malheur qui me suit. D'un noir pressentiment malgré moi prévenue , Je TOUS laisse à regret éloigner de ma vue. Hélas ! si cette paix dont vous vous repaissez Couvroit contre vos jours quelques pièges dressés; Si Néron, irrité de notre intelligence, Avoit choisi la nuit pour cacher sa vengeance , S*il préparoit ses coups tandis que je vous vois; Et si je vous parlois pour la dernière fois I Ah , prince 1

BRITANNICUS

Vous pleurez! Ah, ma chère princesse!

Et pour moi jusque-là votre cœur s'intéresse I Quoi, madame! en un jour où, plein de sa grandeur, Néron croit éblouir vos yeux de sa splendeur , Dans des lieux où chacun me fuit et le révère , Aux pompes de sa cour préférer ma misère ! Quoi! dans ce même jour et dans ces mêmes lieux, Refuser un empire , et pleurer à mes yeux ! Mais, madame, arrêtez ces précieuses larmes : Mon retour va bientôt dissiper vos alarmes. Je me rendrois suspect par un plus long séjour : Adieu. Je vais, le cœur tout plein de mon amour, Au milieu des transports d'une aveugle jeunesse, Ne voir, n'entretenir que ma belle princesse. Adieu.

JUNIE

Prince....

BRITANNICUS

On m'attend, madame, il faut partir.

JUNIE

Ifais du moins attendez qu'on vous vienne avertir.

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