ACTE I^ SCÊHE IV. un
Qui doit avec César unir ma destinée ,
Il fût quelque mortel qui pût impunément
Se venir à mes yeux déclarer mon amant.
Mais de mon amitié mon silence est un gage ;
J'oublie en sa faveur un discours qui m'outrage.
Je n'en ai point troublé le cours injurieux;
Je fais plus , à regret je reçois vos adieux.
Le ciel sait qu'au milieu des honneurs qu'il m'envoie,
Je n'attendois que vous pour témoin de ma joie;
Avec tout l'univers j'honorois vos vertus ;
Titus vous chérissoit , vous admiriez Titus.
Cent fois je me suis fait une douceur extrême
D'entretenir Titus dans un autre lui-même.
ANTIOCHUS
Et c'est ce que je fuis. J'évite , mais trop tard , Ces cruels entretiens où je n'ai point de part. Je fuis Titus ; je fuis ce nom qui m'inquiète , Ce nom qu'à tous momens votre bouche répète : Que vous dirai -je enfin? Je fuis des yeux distraits, Qui, me voyant toujours, ne me voy oient jamais. Adieu. Je vais, le cœur trop plein de votre image, Attendre , en vous aimant , la mort pour mon partage. Surtout ne craignez point qu'une aveugle douleur Remplisse l'univers du bruit de mon malheur : Madame , le seul hruit d'une mort que j'implore Vous fera souvenir que je vivois encore. Adieu