‹ Œuvres complètesChapitre 257 sur 594 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

De l'amour la plus tendre et la plus malheureuse

Dont il puisse garder l'histoire douloureuse.

Tout est prêt. On m'attend. Ne suivez point mes pas.

[A Titus.) Pour la dernière fois , adieu , seigneur.

ANTIOCHUS

Hélas I

FIN DE BBRBNiCB.

BAJAZET

TRAGËDIK >

Quoique le sujet de cette tragédie ne soit encore dans aucune histoire imprimée , il est pourtant très-véritable. C'est une a?enture arrivée dans le sérail, il y a plus de trente ans. M. le comte de Cézy étoit alors ambassadeur à Gonstantinople. Il fut instruit de toutes les particularités de la mort de Bajazet ; et il y a quantité de personnes à la cour qui se souviennent de les lui avoir entendu conter lorsqu'il fut de retour en France. M. le chevalier de Nantouillet est du nombre de ces personnes , et c'est à lui que je suis redevable de cette histoire , et même du dessein que j*ai pris d'en former une tragédie. J'ai été obligé pour cela de changer quelques circonstances ; mais comme ce changement n'est pas fort considérable, je ne pense pas aussi qu'il soit nécessaire de le marquer au lecteur. La principale chose à quoi je me suis attaché, c'a été de ne rien changer ni aux mœurs ni aux coutumes de la nation ; et j'ai pris soin de ne rien avancer qui ne fût conforme à l'histoire des Turcs et à la nouvelle Relation de l'empire ottoman , que Ton a traduite de l'anglois. Surtout je dois beaucoup aux avis de M. de I^a Haye, qui a eu la bonté de m'éclaircir sur toutes les difficultés que je lui ai proposées.

SECONDE PRÉFACE

Sultan Amurat, ou sultan Morat', empereur des Turcs, celui qui prit Babylone en 1638 , a eu quatre frères. Le premier, c'est à savoir Osman , fut empereur avant lui , et régna environ trois ans , au bout desquels les janissaires lui ôtèrent l'empire et la vie. Le

4 . Les contemporains de Racine crurent que sous les noms de Roxane •t de Bajazet, il avait voulu peindre Christine et Monaldeschi.

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