‹ Œuvres complètesChapitre 269 sur 594 · SCÈNE I. — BAJAZET , ROXANE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — BAJAZET , ROXANE

ROXANE

Prince , l'heure fatale est enfin arrivée

Qu'à votre liberté le ciel a réservée.

Rien ne me retient plus; et je puis, dès ce fbur,

Accomplir le dessein qu'a formé mon amour.

Non que , vous assurant d'un triomphe facile ,

Je mette entre vos mains un empire tranquille ;

Je fais ce que je puis , je vous l'avois promis :

J'arme votre valeur contre vos ennemis ,

J'écarte de vos jours un péril manifeste ;

Votre vertu , seigneur , achèvera le reste.

Osmin a vu l'armée ; elle penche pour vous ;

Les chefs de notre loi conspirent avec nous ;

Le vizir Acomat vous répond de Byzance ;

Et moi, vous le savez, je tiens sous ma puissance

Cette foule de chefs , d'esclaves , de muets ,

Peuple que dans ses murs renferme ce palais ,

Et dont à ma faveur les âmes asservies

M'ont vendu dès longtemps leur silence et leurs vies.

Commencez maintenant : c'est à vous de courir

Dans le champ glorieux que j'ai su vous ouvrir.

Vous n'entreprenez point une injuste carrière ,

Vous repoussez , seigneur , une main meurtrière :

L'exemple en est commun ; et , parmi les sultans ,

Ce chemin à l'empire a conduit de tous temps.

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