‹ Œuvres complètesChapitre 398 sur 594 · SCÈNE I. — IPHIGËNIE, iEGINE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — IPHIGËNIE, iEGINE

IPHIGÉNIE

Cesse de m' arrêter. Va, retourne à ma mère,

iEgine : il faut des dieux apaiser la colère.

Pour ce. sang malheureux qu'on veut leur dérober ,

Regarde quel orage est tout prêt à tomber :

Considère l'état où la reine est réduite ;

Vois comme tout le camp s'oppose à notre fuite ;

Avec quelle insolence ils ont , de toutes parts ,

Fait briller à nos yeux la pointe de leurs dards ;

Nos gardes repoussés, la reine évanouie....

Ah 1 c'est trop l'exposer : souffre que je la fuie ,

Et , sans attendre ici ses secours impuissans ,

Laisse-moi profiter du trouble de ses sens.

Mon père même » hélas ! puisqu'il faut te le dire ,

Mon père, en me sauvant, ordonne que j'expire.

iEGINE.

Lui, madame! Quoi donc? qu'est-ce qui s'est passé?

IPHIGÉNIE

Achille , trop ardent , l'a peut-être offensé : Mais le roi, qui le hait, veut que je le haïsse; 11 ordonne à mon cœur cet affreux sacrifice : Il m'a fait par Arcas expliquer ses souhaits ; iËgine, il me défend de lui parler jamais.

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