‹ Œuvres complètesChapitre 408 sur 594 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Eu croirez- vous toujours un farouche scrupule? Çraint-on de s'égarer sur les traces d'Hercule? Quels courages Vénus n'a- 1- elle pas domptés? Vous-même où seriez-vous , vous qui la combattez , Si toujours Antiope à ses lois opposée D'une pudique ardeur n'eût brûlé pour Thésée ' ? Mais que sert d'affecter un superbe discours? Avouez-le, tout change : et, depuis quelques jours , On vous voit moins souvent, orgueilleux et sauvage, Tantôt faire voler un char sur le rivage , Tantôt , savant dans l'art par Neptune inventé , Rendre docile au frein un coursier indompté ; Les forêts de nos cris moins souvent retentissent ; Chargés d'un feu secret, vos yeux s'appesantissent; Il n'en faut point douter : vous aimez , vous brûlez ; Vous périssez d'un mal que vous dissimulez. La charmante Aricie a- 1- elle su vous plaire?

HIPPOLYTE

Théramène, je pars, et vais chercher mon père.

THÉRAMÈNE

Ne verrez -vous point Phèdre avant que de partir , Seigneur?

HIPPOLYTE

C'est mon dessein : tu peux l'en avertir. Voyons'la, puisque ainsi mon devoir me l'ordonne. Mais quel nouveau malheur trouble sa chère Œnone?

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