PROLOGUE
Qui sait combattre , plaire , obéir , commander ; Un fils qui , comme lui , suivi de la victoire , Semble à gagner son cœur borner toute sa gloire; Un fils à tous ses vœux avec amour soumis , L'éternel désespoir de tous ses ennemis : Pareil à ces esprits que ta justice envoie , Quand son roi lui dit : Pars, il s'élance avec joie; Du tonnerre vengeur s'en va tout embraser, Et , tranquille , à ses pieds revient le déposer.
Mais, tandis qu'un grand roi venge ainsi mes injures, Vous qui goûtez ici des délices si pures , S'il permet à son cœur un moment de repos, A vos jeux innocens appelez ce héros ; Retracez-lui d'Esther l'histoire glorieuse , Et sur l'impiété la foi victorieuse.
Et vous , qui vous plaisez aux folles passions Qu'allument dans vos cœurs les vaines fictions , Profanes amateurs de spectacles frivoles , Dont l'oreille s'ennuie au son de mes paroles , Fuyez de mes plaisirs la sainte austérité : Tout respire ici Dieu , la paix , la vérité.