ACTE I, SCÈNE II
Conserve l'héritier de tes saintes promesses, Kt ne punis que moi de toutes mes foiblesses!
JOAD
Vos larmes, Josabeth, n'ont rien de criminel:
Mais Dieu veut qu'on espère en son soin pîternel.
11 ne recherche point, aveugle en sa colère,
Sur le fils qui le craint l'impiété du père.
Tout ce qui reste encor de fidèles Hébreux
Lui viendront aujourd'hui renouveler leurs vœux :
Autant que de David la race est respectée,
Autant de Jézabel la fille est détestée.
Joas les touchera par sa noble pudeur,
Où semble de son sang reluire la splendeur;
Et Dieu, par sa voix même appuyant notre exemple,
De plus près à leur cœur parlera dans son temple.
Deux infidèles rois tour à tour l'ont bravé :
Il faut que sur le trône un roi soit élevé ,
Qui se souvienne un jour qu'au rang de ses ancêtres
Dieu l'a fait remonter par la main de ses prêtres ,
L'a tiré par leur main de l'oubli du tombeau ,
Et de David éteint rallumé le flambeau.
Grand Dieu! si tu prévois qu'indigne de sa race, 11 doive de David abandonner la trace . Qu'il soit comme le fruit en naissant arraché , Ou qu'un souffle ennemi dans sa fleur a séché! Mais si ce même enfant , à tes ordres docile , Doit être à tes desseins un instrument utile , Fais qu'au juste héritier le sceptre soit remis; Livre en mes foibles mains ses puissans ennemis ; Confonds dans ses conseils une reine cruelle : Daigne, daigne, mon Dieu , sur Mathan et sur elle Répandre cet esprit d'imprudence et d'erreur, De la chute des rois funeste avant-coureur!
L'heure me presse : adieu. Des plus saintes familles Votre fils et sa sœur vous amènent les filles.