ACTE II, SCÈNE II
JOSABETH
Ciel !
zachârib.
Dans un des parvis aux hommes réservé , Cette femme superbe entre , le front levé ; Et se préparoit même à passer les limites De l'enceinte sacrée ouverte aux seuls lévites. Le peuple s'épouvante , et fuit de toutes parts. Mon père.... Âh! quel courroux animoit ses regards! Moïse à Pharaon parut moins formidable : «c Reine , sors , a-t-il dit , de ce lieu redoutable , D'où te bannit ton sexe et ton impiété. Viens-tu du Dieu vivant braver la majesté? » La reine alors, sur lui jetant un œil farouche, Pour blasphémer sans doute ouvroit déjà la bouche : J'ignore si de Dieu l'ange se dévoilant Est venu lui montrer un glaive étincelant ; Mais sa langue en sa bouche à l'instant s'est glacée , Et toute son audace a paru terrassée ; Ses yeux, comme effrayés, n'osoient se détourner; Surtout , Ëliacin paroissoit l'étonner.
JOSABETH
Quoi donc ? Ëliacin a paru devant elle ?
ZACHARIE
Nous regardions tous deux cette reine cruelle , Et d'une égale horreur nos cœurs étoient frappés. Mais les prêtres bientôt nous ont enveloppés : On nous a fait sortir. J'ignore tout le reste , Et venois vous conter ce désordre funeste.
JOZABETH.
Ah! de nos bras sans doute elle vient l'arracher. Et c'est lui qu'à l'autel sa fureur vient chercher. Peut-être en ce moment l'objet de tant de larmes.... Souviens-toi de David , Dieu , qui vois mes alarmes !
SALOMITH.
Quel est-il cet objet des pleurs que vous versez?
ZACUARIE.
Les jours d'Ëliacin seroient-ils menacés?
SALOMITH.
Auroit-il de la reine attiré la colère?
ZACHARIB.
Que craint-on d'un enfant sans support et sans père?
JOSABETH
Ah ! la voici. Sortons : il la faut éviter.
568 ATHALIE