‹ Œuvres complètesChapitre 534 sur 594 · CHEFS DES LÉVITES · texte numérisé non relu

CHEFS DES LÉVITES

JOAD contimie.

Roi', voilà VOS vengeurs contre vos ennemis. Prêtres, voilà le roi que je vous ai promis.

AZARIAS

Quoi! c'est Éliacin?

ISHAEL.

Quoil cet enfant aimable....

JOAD

Est des rois de Juda l'héritier véritable , Dernier né des enfans du triste Ochozias , Nourri , vous le savez , sous le nom de Joas. De cette fleur si tendre et sitôt moissonnée , Tout Juda, comme vous, plaignant la destinée, Avec ses frères morts le crut enveloppé. Du perfide couteau comme eux il fut frappé ; Mais Dieu du coup mortel sut détourner l'atteinte , Conserva dans son cœur la chaleur presque éteinte , Permit que , des bourreaux trompant l'œil vigilant , Josabeth dans son sein l'emportât tout sanglant , Et , n'ayant de son vol que moi seul pour complice , Dans le temple cachât l'enfant et la nourrice.

JOAS

Hélas I de tant d'amour et de tant de bienfaits , Mon père, quel moyen de m'acquitter jamais?

JOAD

Gardez pour d'autres temps cette reconnoissance.

Voilà donc votre roi , votre unique espérance. J'ai pris soin jusqu'ici de vous le conserver : Ministres du Seigneur, c'est à vous d'achever. Bientôt de Jézabel la fille meurtrière , Instruite que Joas voit encor la lumière , Dans l'horreur du tombeau viendra le replonger : Déjà, sans le connoîlre, elle veut l'égorger. Prêtres saints , c'est à vous de prévenir sa rage ; Il faut finir des Juifs le honteux esclavage , Venger vos princes morts , relever votre loi , Kt faire aux deux tribus reconnottre leur roi.

$96 ATHALIE

L'entreprise , sans doute , est grande et périlleuse :

J'attaque sur son trône une reine orgueilleuse ,

Qui voit sous ses drapeaux marcher un camp nombreux

De hardis étrangers, d'infidèles Héhreux;

Mais ma force est au Dieu dont l'intérêt me guide.

Songez qu'en cet enfant tout Israël réside.

Déjà ce Dieu vengeur commence à la troubler :

Déjà, trompant ses soins, j'ai su vous rassembler.

Elle nous croit ici sans armes , sans défense.

Couronnons , proclamons Joas en diligence :

De là, du nouveau prince intrépides soldats,

Marchons , en invoquant l'arbitre des combats ;

Et réveillant la foi dans les cœurs endormie ,

Jusque dans son palais cherchons notre ennemie.

Et quels cœurs si plongés dans un lâche sommeil, Nous voyant avancer dans ce saint appareil , Ne s'empresseront pas à suivre notre exemple? Un roi, que Dieu lui-même a nourri dans son temple, Le successeur d'Aaron de ses prêtres suivi, Conduisant au combat les enfans de Lévi, Et, dans ces mêmes mains des peuples révérées, Les armes au Seigneur par David consacrées ! Dieu sur ses ennemis répandra sa terreur. Dans l'infidèle sang baignez-vous sans horreur; Frappez et Tyriens, et même Israélites.

Ne descendez vous pas de ces fameux lévites Qui, lorsqu'au dieu du Nil le volage Israël Rendit dans le désert un culte criminel , De leurs plus chers parens saintement homicides, Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides , Et par ce noble exploit vous acquirent l'honneur D'être seuls employés aux autels du Seigneur?

Mais je vois que déjà vous brûlez de me suivre. Jurez donc, avant tout, sur cet auguste livre A ce roi que le ciel vous redonne aujourd'hui , De vivre, de combattre, et de mourir pour lui.

AZÂRIAS.

Oui, nous jurons ici pour nous, pour tous nos frères, De rétablir Joas au trône de ses pères , De ne poser le fer entre nos mains rerais, Qu'après l'avoir vengé de tous ses ennemis. Si quelque transgresseur enfreint cette promesse , Qu'il éprouve, grand Dieu, ta fureur vengeresse; Qu'avec lui ses enfans , de ton partage exclus , Soient au rang de ces morts que tu ne connois plus!

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