‹ Œuvres complètesChapitre 54 sur 594 · SCÈNE IL — PORUS, TAXILE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL — PORUS, TAXILE

POROS

Seigneur, ou je me trompe, ou nos fiers ennemis

Feront moins de progrès qu'ils ne s'étoient promis.

Nos chefs et nos soldats , brûlant d'impatience ,

Font lire sur leur front une mâle assurance ;

Us s'animent l'un l'autre ; et nos moindres guerriers

Se promettent déjà des moissons de lauriers.

J'ai vu de rang en rang cette ardeur répandue

Par des cris généreux éclater à ma vue.

Ils se plaignent qu'au lieu d'éprouver leur grand cœur,

L'oisiveté d'un camp consume leur vigueur.

Laisserons-nous languir tant d'illustres courages?

Notre ennemi, seigneur, cherche ses avantages;

Il se sent foible encore ; et , pour nous retenir ,

Ëphestion demande à nous entretenir,

Et par de vains discours....

TAXILB.

Seigneur , il faut l'entendre ; Nous ignorons encor ce que veut Alexandre : Peut-être est-ce la paix qu'il nous veut présenter.

PORUS

La paix f Ah I de sa main pourriez-vous l'accepter?

Hé quoi I nous l'aurons vu , par tant d'horribles guerres ,

Troubler le calme heureux dont jouissoient nos terres ,

Et , le fer à la main , entrer dans nos Etats

Pour attaquer des rois qui ne l'ofTensoient pas;

Nous l'aurons vu piller des provinces entières,

Du sang de nos sujets faire enfler nos rivières ;

Et , quand le ciel s'apprête à nous l'abandonner ,

J'attendrai qu'un tyran daigne nous pardonner 1

TAXILB.

Ne dites point, seigneur, que le ciel l'abandonne; D'un soin toujours égal sa faveur l'environne. Un roi qtii fait trembler tant d'États sous ses lois N'«iit pa» un ennemi que méprisent les rois.

PORUS

Loin de lo mépriser, j'admire son courage; H rdfldfl à la valeur un légitime hommage; Mfti» Je veux, à mon tour, mériter les tributs Que Je me leni forcé de rendre à ses vertus. Otll) J@ eeniens qu'au ciel on élève Alexandre; MaJH ëi Je puis, seigneur, je l'en ferai descendre, fit j'IrAJ Tattaquer jusque sur les autels

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