LE MARDI
A MATINES
Verbe, égal au Très -Haut, notre unique espérance, Jour éternel de la terre et des cieux,
De la paisible nuit nous rompons le silence , Divin Sauveur, jette sur nous les yeux.
Répands sur nous le feu de ta grâce puissante ;
Que tout l'enfer fuie au son de ta voix ; Dissipe ce sommeil d'une âme languissante,
Qui la conduit dans l'oubli de tes lois.
O Christ', sois favorable à ce peuple fidèle,
Pour te bénir maintenant assemblé ; Reçois les chants qu'il offre à ta gloire immortelle ;
Et de tes dons qu'il retourne comblé.
Exauce , Père saint , notre ardente prière ,
Verbe son Fils , Esprit leur nœud divin , Dieu qui , tout éclatant de ta propre lumière ,
Règnes au ciel sans principe et sans fin.
A. lâudes.
L'oiseau vigilant nous réveille ; Et ses chants redoublés semblent chasser la nuit : Jésus se fait entendre à l'âme qui sommeille , Et l'appelle à la vie , où son jour nous conduit.
« Quittez, dit-il, la couche oisive Où vous ensevelit une molle langueur :
Sobres , chastes et purs , l'œil et l'âme attentive , Veillez : je suis tout proche , et frappe à votre cœur. »
Ouvrons donc l'œil à sa lumière , Levons vers ce Sauveur et nos mains et nos yeux. Pleurons et gémissons : une ardente prière Écarte le sommeil , et pénètre les cieux.
0 Christ , ô soleil de justice I De nos cœurs endurcis romps l'assoupissement ; Dissipe l'ombre épaisse où les plonge le vice , Et que ton divin jour y brille à tout moment !
Gloire à toi , Trinité profonde , Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours, Tant que l'astre des temps éclairera le monde , Et quand les siècles même auront fini leur cours.
A VÊPRBS.
Ta sagesse , grand Dieu ! dans tes œuvres tracée »
Débrouilla le chaos ; Et , fixant sur son poids la terre balancée ,
La sépara des tlots.
Par là son sein fécond , de fleurs et de feuillages
L'embellit tous les ans, L'enrichit de doux fruits, cou>Te de pâturages
Ses vallons et ses champs.
Seigneur , fais de ta grâce , à notre âme abattue ,
Goûter les fruits heureux ; Et que puissent nos pleurs de la chair corrompue
Éteindre en nous les feux.
Que sans cesse nos cœurs, loin du sentier des vices»
Suivent tes volontés :
Ou'innocens à les yeux , ils fondent leurs délices
Sur tes seules bontés.
Règne , ô Père éternel , Fils , Sagesse incréée ;
Esprit saint , Dieu de paix , Qui fais changer des temps l'inconstante durée ,
Et ne changes jamais.