‹ Œuvres complètesChapitre 565 sur 594 · LE MARDI · texte numérisé non relu

LE MARDI

A MATINES

Verbe, égal au Très -Haut, notre unique espérance, Jour éternel de la terre et des cieux,

De la paisible nuit nous rompons le silence , Divin Sauveur, jette sur nous les yeux.

Répands sur nous le feu de ta grâce puissante ;

Que tout l'enfer fuie au son de ta voix ; Dissipe ce sommeil d'une âme languissante,

Qui la conduit dans l'oubli de tes lois.

O Christ', sois favorable à ce peuple fidèle,

Pour te bénir maintenant assemblé ; Reçois les chants qu'il offre à ta gloire immortelle ;

Et de tes dons qu'il retourne comblé.

Exauce , Père saint , notre ardente prière ,

Verbe son Fils , Esprit leur nœud divin , Dieu qui , tout éclatant de ta propre lumière ,

Règnes au ciel sans principe et sans fin.

A. lâudes.

L'oiseau vigilant nous réveille ; Et ses chants redoublés semblent chasser la nuit : Jésus se fait entendre à l'âme qui sommeille , Et l'appelle à la vie , où son jour nous conduit.

« Quittez, dit-il, la couche oisive Où vous ensevelit une molle langueur :

Sobres , chastes et purs , l'œil et l'âme attentive , Veillez : je suis tout proche , et frappe à votre cœur. »

Ouvrons donc l'œil à sa lumière , Levons vers ce Sauveur et nos mains et nos yeux. Pleurons et gémissons : une ardente prière Écarte le sommeil , et pénètre les cieux.

0 Christ , ô soleil de justice I De nos cœurs endurcis romps l'assoupissement ; Dissipe l'ombre épaisse où les plonge le vice , Et que ton divin jour y brille à tout moment !

Gloire à toi , Trinité profonde , Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours, Tant que l'astre des temps éclairera le monde , Et quand les siècles même auront fini leur cours.

A VÊPRBS.

Ta sagesse , grand Dieu ! dans tes œuvres tracée »

Débrouilla le chaos ; Et , fixant sur son poids la terre balancée ,

La sépara des tlots.

Par là son sein fécond , de fleurs et de feuillages

L'embellit tous les ans, L'enrichit de doux fruits, cou>Te de pâturages

Ses vallons et ses champs.

Seigneur , fais de ta grâce , à notre âme abattue ,

Goûter les fruits heureux ; Et que puissent nos pleurs de la chair corrompue

Éteindre en nous les feux.

Que sans cesse nos cœurs, loin du sentier des vices»

Suivent tes volontés :

Ou'innocens à les yeux , ils fondent leurs délices

Sur tes seules bontés.

Règne , ô Père éternel , Fils , Sagesse incréée ;

Esprit saint , Dieu de paix , Qui fais changer des temps l'inconstante durée ,

Et ne changes jamais.

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