‹ Œuvres complètesChapitre 566 sur 594 · LE MERCREDI · texte numérisé non relu

LE MERCREDI

 MATINES

Grand Dieu , par qui de rien toute chose est formée , Jette les yeux sur nos besoins divers ;

Romps ce fatal sommeil, par qui l'àme charmée Dort en repos sur le bord des enfers.

Daigne , 6 divin Sauveur que notre voix implore ,

Prendre pitié des fragiles mortels.

Et vois comme du lit , sans attendre l'aurore ,

Le repentir nous traîne à tes autels.

C'est là que notre troupe , affligée , inquiète , Levant au ciel et le cœur et les mains,

Imite le grand Paul , et suit ce qu'un prophète Nous a prescrit dans ses cantiques saints.

Nous montrons à tes yeux nos maux et nos alarmes , Nous confessons tous nos crimes secrets:

Nous t'offrons tous nos vœux, nous y mêlons nos larmes. Que ta bonté révoque tes arrêts!

Exauce , Père saint , notre ardente prière ,

Verbe son Fils , Esprit leur nœud divin , Dieu qui , tout éclatant de ta propre lumière ,

Kègnes au ciel sans principe et sans fin.

Sombre nuit , aveugles ténèbres , Fuyez : le jour s'approche , et l'Olympe blanchit : Et vous, démons, rentrez dans vos prisons funèbres ; De votre empire affreux un Dieu nous affranchit.

Le soleil perce l'ombre obscure ; Et les traits éclatans qu'il lance dans les airs , Rompant le voile épais qui couvroit la nature , Redonnent la couleur et l'âme à l'univers.

0 Christ, notre unique lumière, Nous ne reconnoissons que tes saintes clartés ! Notre esprit t'est soumis ; entends notre prière , Et sous ton divin joug range nos volontés.

Souvent notre âme criminelle , Sur sa fausse vertu , téméraire , s'endort ; Hâte-toi d'éclairer, ô lumière éternelle. Des malheureux assis dans l'ombre de la mort !

Gloire à toi , Trinité profonde , Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours. Tant que l'astre des temps éclairera le monde , Et quand les siècles même auront fini leur cours.

k VÊPRES.

Grand Dieu , qui fais briller sur la voûte étoilée

Ton trône glorieux , Et d'une blancheur vive à la pourpre mêlée

Peins le centre des cieux ,

Par toi roule à nos yeux , sur un char de lumière , Le clair flambeau des jours ,

De tant d'astres par toi la lune en sa carrière Voit le différent cours.

Ainsi sont séparés les jours des nuits prochaines

Par d'immuables lois; Ainsi tu fais connoître à des marques certaines

Les saisons et les mois.

Seigneur, répands sur nous ta lumière céleste, Guéris nos maux divers;

Que ta main secourable , aux démons si funeste , Brise enfin tous nos fers.

Règne , 6 Père éternel , Fils , Sagesse incréée , Esprit saint , Dieu de paix ,

Qui fais changer des temps l'inconstante durée . Et ne changes jamais.

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