‹ Œuvres complètesChapitre 567 sur 594 · LE JEUDI · texte numérisé non relu

LE JEUDI

A MATINES

De toutes les couleurs que distinguoit la vue, L'obscure nuit n'a fait qu'une couleur :

Juste juge des cœurs, notre ardeur assidue Demande ici tes yeux et ta faveur.

Qu'ainsi , prompt à guérir nos mortelles blessures , Ton feu divin , dans nos cœurs répandu ,

Consume pour jamais leurs passions impures , Pour n'y laisser que l'amour qui t'est dû.

Eflfrayés des péchés dont le poids les accable , Tes serviteurs voudroient se relever :

Ils implorent , Seigneur , ta bouté secourable , Et dans ton sang cherchent à se laver.

Seconde leurs efforts , dissipe l'ombre noire Qui dès longtemps les tient enveloppés ;

Et que l'heureux séjour d'une immortelle gloire Soit l'objet seul de leurs cœurs détrompés.

Exauce , Père saint , notre ardente prière , Verbe son Fils, Esprit leur nœud divin.

Dieu qui , tout éclatant de ta propre lumière , Règnes au ciel sans principe et sans fin.

A LAUDES

Les portes du jour sont ouvertes , Le soleil peint le ciel de rayons éclatans :

Loin de nous cette nuit dont nos âmes couvertes Dans le chemin du crime ont erré si longtemps.

Imitons la lumière pure De l'astre étincelant qui commence son cours , Ennemis du mensonge et de la fraude obscure; Et que la vérité brille en tous nos discours.

Que ce jour se passe sans crime , Que nos langues , nos mains , nos yeux soient innocens ; Que tout soit chaste en nous , et qu'un frein légitime Aux lois de la raison asservisse les sens.

Du haut de sa sainte demeure Un Dieu toujours veillant nous regarde marcher ; Il nous voit , nous entend , nous observe à toute heure ; Et la plus sombre nuit ne sauroit nous cacher.

Gloire à toi , Trinité profonde , Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours, Tant que l'astre des temps éclairera le monde , Et quand les siècles même auront fini leur cours.

A VÊPRES

Seigneur , tant d'animaux par toi des eaux fécondes

Sont produits à ton choix, Que leur nombre infini peuple ou les mers profondes ,

Ou les airs , ou les bois. ^

Ceux-là sont humectés des flots que la mer roule ;

Ceux-ci, de l'eau des cieux; Et, de la même source ainsi sortis en foule.

Occupent divers lieux.

Fais, ô Dieu tout-puissant ! fais que tous les fidèles,

^ A ta grâce soumis , Ne retombent jamais dans les chaînes cruelles De leurs fiers ennemis 1

Que, par toi soutenus, le joug pesant des vices

Ne les accable pas; Qu'un orgueil téméraire en d'aff'reux précipices

N'engage point leurs pas I

Règne, ô Père éternel. Fils, Sagesse incréée, Esprit saint. Dieu de paix,

e5î POÉSIES DIVERSES.

Qui fais changer des temps ViDConstante dorée. Et ne changes jamais!

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