‹ Œuvres complètesChapitre 586 sur 594 · DE MADAME DESHOULIÈRES · texte numérisé non relu

DE MADAME DESHOULIÈRES

La jeune Eudoxe est une bonne enfant , La vieille Eudoxe une franche diablesse , Et Genséric un roi fourbe et méchant , Digne héros d'une méchante pièce.

Pour Trasimond , c'est un pauvre innocent , Et Sophronie en vain pour lui s'empresse ; Hunneric est un homme indifférent , Qui comme on veut et la prend et la laisse.

Et sur le tout le sujet est traité

Dieu sait comment ! Auteur de qualité ' ,

Vous vous cachez en donnant cet ouvrage.

C'est fort bien fait de se cacher ainsi ; Mais , pour agir en personne bien sage , Il nous falloit cacher la pièce aussi.

STANCES A PARTHÉNISSE.

Parthénisse , il n'est rien qui résiste à tes charmes : Ton empire est égal à l'empire des dieux; Et qui pourroit te voir sans te rendre les armes , Ou bien seroit sans âme , ou bien seroit sans yeux.

Pour moi , je l'avouerai , sitôt que je t'eus vue , Je ne résistai point , je me rendis à toi ; Mes sens furent charmés , ma raison fut vaincue , Et mon cœur tout entier se rangea sous ta loi.

Je vis sans déplaisir ma franchise asservie ; Sa perte n'eut pour moi rien de rude et d'affreux; J'en perdis tout ensemble et l'usage et l'envie; Je me sentis esclave , et je me crus heureux.

Je vis que tes beautés n*avoient pas de pareilles ; Tes yeux par leur éclat éblouissoient les miens ; La douceur de ta voix enchanta mes oreilles, Les nœuds de tes cheveux devinrent mes liens.

Je ne m'arrêtai pas à ces beautés sensibles, Je découvris en toi de plus rares trésors ;

I On attribuait la pièce au duc de Nevers.

Je ris et j*admirai ces beautés invisibles ,

Qui rendent ton esprit aussi beau que ton corps.

Ce fut lors que voyant ton mérite adorable , Je sentis tous mes sens t' adorer tour à tour; Je ne voyois en toi rien qui ne fût aimable , Je ne sentois en moi rien qui ne fût amour.

Ainsi je fis d'armer l'heureux apprentissage ; Je m'y suis plu depuis , j'en aime la douceur ; J'ai toujours dans l'esprit tes yeux et ton visage , J'ai toujours Parthénisse au milieu de mon cœur.

Oui , depuis que tes yeux allumèrent ma flamme , Je respire bien moins en moi-même qu'en toi; L'amour semble avoir pris la place de mon âme. Et je ne vivrois plus, s'il n'étoit plus en moi.

Vous qui n'avez point vu l'illustre Parthénisse , Bois, fontaines, rochers, agréable séjour! Souffrez que jusqu'ici son beau nom retentisse , Et n'oubliez jamais sa gloire et mon amour.

URBIS ET RURIS DIFFERENTU'.

Quanquam Parisiae celebrentur ab omnibus artes ,

Et quisque in lato carcere clausus ovet, Nescio quid nostris arridet gratins arvis ,

Quod non in tantae mœnibus urbis habet. Illic assurgunt trabibus subnixa superbis

Atria, et aurato culmine fulget apex; Sed mihi dulcius est sylvas habitare remotas ,

Tectaque quae sicco stramine canna tegit. Illic ultrices posuere sedilia curae ;

Illic insidiae, crimina, furta latent.

Hic requies , fidum pietas hic inclyta portum

Invenit; his lucet sanctior aura locis.

Illic saeva famés laudum ; hic contemptus honorum.

Illic paupertas; hic fugiuntur opes.

Urbicolae ruri, nil rusticus invidet urbi.

Oppida plena dolis, ruraque fraude carent. Quam miserum sacris viduas virtutibus urbes,

Quam miserum stygiis praeda manere lupisl

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