‹ Œuvres complètesChapitre 3 sur 27 · THE NEW YORK · texte numérisé non relu

THE NEW YORK

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peut se défendre d'y lire un vague pressentiment de sa fin prochaine. D'autant mieux que déjà il s'était fait dire dans le Livret : ce Paul-Louis , les cagots te tueront. » Toujours est-il que , dans un voyage qu'il fit chez lui au commencement de l'année i8a5 , il trouva la mort à quelques pas de sa maison.' Qui fut l'assassin ? Comme on ne peut former là-dessus que des conjectures , il est juste et prudent de garder le silence.

Il faut se taire aussi sur l'étendue d'une telle perte , parce que nulle expression ne saurait la rendre , nulle intelligence la mesurer. À la verve de Rabelais , à la raison de Pascal , unissant tout l'esprit de Voltaire , il était seul capable de reprendre la lutte contre les prêtres où celui-ci l'avait laissée , et il se proposait sérieusement de l'essayer dans une suite de pamphlets clandestins qui eussent paru chaque semaine. On en verra un premier échantillon à la fin de ce recueil. Bien d'autres projets roulaient dans son esprit, dont l'accomplissement eût peut-être hâté la fin du triste régime qui menace l'avenir de la France !

C'est ici qu'il convient de placer l'énumération des travaux littéraires de Courier. Dans l'ardeur de ses études et de ses projets , Courier a annoncé des écrits qui n'ont jamais été terminés par lui, quelques-uns pas même entrepris. Ses biographes ou ses critiques, d après ses écrits ou d'après ses propres confidences, ont mentionné dans la liste

des ouvrages qui devaient composer son portefeuille , les uns une Histoire des Mathématiques , les autres des traductions, ceux-ci des Mémoires , ceux-là une Correspondance des Bru tus de la révolution française. De tout cela , nous publions aujourd'hui ce qui s'est trouvé , et voici comment il faut l'expliquer. Courier avait fait des études immenses ; et tout ce qu'il annonçait , il était préparé à l'exécuter sur-le-champ , en sorte qu'il parlait , comme de choses faites , des travaux qui lui étaient si faciles. Pour ne parler ici que de ses traductions de Plutarque et d'Hérodote , il avait recueilli depuis long-temps tous les matériaux de ce travail , compulsé les différentes éditions , collationné les leçons diverses , et fait son choix ; mais il n'en avait écrit que ce qui s'en trouve imprimé dans les éditions qu'on a données clandestinement d'une partie de ses œuvres, et ce que nous imprimons aujourd'hui. En sorte que ces immenses trésors qu'il possédait, et que lui seul pouvait communiquer au public , lui mort , sont aujourd'hui sans valeur et comme anéantis.

Quant à la Correspondance des Brutus , on croit savoir qu'il comptait écrire ses Mémoires , et y faire figurer sous cette forme tous ceux avec lesquels les événements de la révolution lavaient mis en rapport. En 6e rappelant Y expression fidèle de l'enthousiasme de ces républicains devenus courtisans la plupart , il se plaisait à l'idée de troubler les jouis-

sances de leur servilité par les révélation» de leur antique ferveur; et il faut regarder comme là menace d'un honnête homme indigné Fafanonce qu'il faisait de la publication de leur ancienne Correspondance dont il ayait souvenir , mai* qu'il ne possédait plus. Qu'ils soient tranquilles maintenant !

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