‹ Œuvres complètesChapitre 15 sur 39 · ÉPHÉMÉRIDES CONSULAIRES · texte numérisé non relu

ÉPHÉMÉRIDES CONSULAIRES

18 janvier. — Les généraux Brune et Hédouvllle ont vaincu les chouans et pacifié la Vendée.

Il février. — Constitution de la Banque de France,

8 mars. — Formation de l'armée, dite de réserve, de 60,000 hommes. 14 mars. — Élection de Pie VII, Barnabe Chiaramonte. Le ciel semble

applaudir à la République gouvernée par Bonaparte. Pie VII, étant évêque d'Imola, s'était fait remarquer par ses sympathies démocratiques : son avènement fut, pour Fépoque, oe que fut quarante-cinq ans plus tard, celui de Pie IX, Jean Mastaï.

20 mars, — Victoire d*Héliopolis, remportée par Kléber, suivie de la reprise du Caire.

6-20 avril, — Masséna, avec Soult et Oudinot, soutient dans une suite de combats héroïques, l'effort des Autrichiens et se replie sur G fines.

3-11 mai. — Batailles d*Engen, Mœskirch et Biberach, gagnées par Moreau. Prise d6 Memmingen par Lecourbe.

16-20 mai. — Tandis que Masséna occupe les Autrichiens, le premier consul franchit le Saint-Bernard, renouvelant l'entreprise d'Annibal.

29 moi, — Occupation d'Augsbourg par Lecourbe.

2 juin, — Bonaparte à Milan : l'occupation de cette ville compense la reddition de Gênes, effectuée par Masséna après une défense immortelle,

9 juin. — Bataille de Montebello, gagnée par Bonaparte. Lannes y a la plus grande part,

14 juin. — Victoire de Marengo, gagnée par le premier consul. Elle est due à l'arrivée de Desaix, qui 7 trouve une mort glorieuse, et à la charge du jeune Kellerman. — Le 5 p. 100, qui était à 11 fr. 30 c, la veille du 18 brumaire, est coté à 35 fr.

19 juin. — Victoire de Hochstedt, remportée par Moreau, suivie de l'occupation de Munich, par Decaen.

14 juillet. — Prise de Feldkirch, par Lecourbe et Molitor.

30 septembre. — La France et les États-Unis s'unissent par un traité de commerce et d'amitié.

18 octobre. — Départ de l'amiral Baudin pour un voyage de découverte. Tout marche de front, les sciences, les arts, la politique et la guerre.

l'horoscope 1 1 5

l"" déc9mbre, — Maodouald» général en chef do Tarmée dos (xrisons, égalant l'audace du premier oonsul, passe les Alpes tyroliennes, et se met en communication avec Brune, général de Tarmée dUtalie.

3 décembre. — Victoire de Hohenlinden, gagnée par Moreau. —Suivent, le 9, passage deTInn; le 15, prise de Salzbourg, par Lecourbe; le 19-20, passage de la Traun, occupation de Lintz.

25-27 décembre, — Bataille de Pozzolo, gagnée par Brnne^ et où se distinguent Suchet, Davoust, Marmont; passage du Minoio.

9 janvier, — Traité de paix de Luné ville, entre la Franoe et rAutriohe. La coalition est rompue, la révolution victorieuse, TAngleterre réduite k ses propres armes.

21 mare. — Traité entre la France et l'Espagne.

28 mare, — Traité entre la Franoe et Naples.

5 i\kHUL — Combat naval d'Algésiras, livré par Tamiral Linois. L*avantage reste à la flotte française.

4-15 août, — Nelson attaque la flottille rassemblée à Boulogne. Il est chaque fois repoussé.

29 teptembre, — Traité entre la France et le Portugal.

8 octobre. — Traité avec la Russie, signé èi Paris.

9 octobre. — Paix avec la Porte Ottomane.

25 mare, *« La paix est signée à Amiens, entre la France et 1* Angleterre. Le 5 p. 100 est coté 53 fr.

La légende napoléonienne n'a conservé de cette éclatante période que les souvenirs du Saint-Bernard et de Marengo : tout le reste est demeuré plus ou moins dans Fombre, comme si, dans ce concert de toutes les forces patriotiques, il n'y avait en but qu'une seule gloire, une seule existence, celle de Bonaparte. Cependant îl résulte ^es faits et des conditions de toute cette guerre que la campagne ouverte en Italie a pour pendant nécessaire celle d'Allemagne; que le 14 juin, où la gloire du premier consul souffrit un instant d'éclipsé, n'est que la première moitié de la tâche accomplie à Hochstedt et Hohenlinden ; que le passage du Saint-Bernard est le corrélatif de celui des Alpes tyroliennes, exécuté dans des conditions peut-être plus difficiles; enfin, que les traites de Lunéville et d'Amiens sont le produit d'un double effort, conduit, ex aquo^ par les

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deux guerriers les plus renommés de Tépoque, Moreau et Bonaparte. Mais tel est le privilège du pouvoir, que tout succès obtenu par le subalterne profite exclusivement au supérieur ou est considéré comme non avenu par la légende. Bonaparte est le chef : il suffit. En pleine république, l'injuste renommée lui subordonne ses compagnons, et le peuple, dans son instinct monarchique, se rend complice de cette partialité, que bientôt il payera cher.

Après le traité d'Amiens, la dictature de Bonaparte était finie. Il ne lui restait qu'à déposer les faisceaux après avoir inauguré, sur de nouvelles bases, le régime constitutionnel. Il le comprenait, certes ; aussi ses mesures étaient prises de longue main, et six semaines après la signature du traité d'Amiens, il se faisait nommer consul pour dix ans. Un an plus tard la paix était rompue avec l'Angleterre, et le pouvoir de Bonaparte ne rencontrait plus ni contradicteurs ni obstacles.

Rappelons; en quelques dates, cette partie beaucoup moins remarquée du consulat, où le héros, qui sans doute avait la ^ faiblesse de se croire nécessaire, laisse voir à nu le travail de son ambition et son jeu de bascule.

11 novembre (19 brumaire). -— Déportation et interDement dd soixantedeux républicains opposés au coup d'État.

24 décembre, — Proclamation de la constitution de Tan YIII, tonte à l'avantage du premier consul, — Cambacérès, régicide, deuxième coosol; Lebrun, ancien secrétaire intime du cbancelier Maupeou, troisième consul : Bonaparte est comme le Christ entre les deux larrons !

5 janvier. — Déportation de cent trente-trois Républicains.

17 janvier. — Loi contre la presse, suppression de journaux.

13 février. — Loi en faveur des émigrés. On déporte les patriotes, ou rappelle les nobles.

26 septembre. — Loi en faveur de la loterie : la passion du jeu entretenue aux dépens de Tesprit public.

24 décembre. — Explosion de la machine infernale. La police prouve ^ue les coupables sont royalistes : le premier consul condamne à la déxtation cent trente républicains. oigtized by Goog

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