‹ Œuvres complètesChapitre 16 sur 39 · L HOROSCOPE · texte numérisé non relu

L HOROSCOPE

7 février, — Création de tribunaux criminels spéciaux dans les départexoents.

21 mars. — Par le traité de Madrid, Bonaparte, ex-jacobin, consul de la République française, fait Lonis de Bourbon, ex-prince de Parme, roi d'Italie.

!•' juillet. — Les noirs de Saint-Domingue se donnent une constitution. Leur cbef, Toussaint-Louverture, nommé gouverneur à vie, écrit à Bonaparte avec ce protocole : Le premier des noirs au premier des blancs. La comparaison blesse Bonaparte et décide de sa politique vis-à-vis de la colonie.

15 juillet. — Signature du Concordat. Bonaparte relève le parti prêtre, qui l'appelle Nouveau David, et lui rend en bénédictions ce qu'il en reçoit en argent et en influence.

7 septembre. — Ouverture de la diète helvétique : le premier consul de la République française, protecteur naturel de Tindépendance des nations, intervient dans les affaires d'une autre république.

14 décembre. — Expédition de Saint-Domingue. Une foule d'anciens militaires, surtout d'officiers, élevés à l'école de la République, et dont les opinions faisaient ombrage, sont éloignés.

26 janvier, — Bonaparte se fait nommer président de la République italienne. Cumul injustifiable dans un chef d'Etat républicain, aussi bien an point de vue du droit des gens qu'à celui de la liberté française. Bonaparte voulait un trône : à déiaut de la France il se ménage l'Italie.

26 avril. — Amnistie générale en faveur des émigrés. Les jacobins lesteront à Madagascar.

8 mat*. — Bonaparte est nommé consul pour dix ans. < 11 eût voulu, dit-il, terminer à la paix sa carrière politique. Mais le Sénat a jugé qu'il devait au peuple encore ce sacrifice: il se conformera à la volonté du peuple ! » — Tant il est vrai qu'à la paix d'Amiens expirait la mission de premier Consul, et que des influences d'entourage, jointes à l'ambition de l'homme, déterminèrent seules, en sa faveur, cette nouvelle aliénation de la souveraineté.

18 mai. — Levée de 120,000 hommes. — En 1800, alors que la France avait sur les bras toute la coalition, la levée n'avait été que de 60,000 hommes; aujourd'hui, en pleine paix, le recrutement est porté au double. Il est évident que la guerre est une des conditions du nouveau gouvernement.

19 mat. — Établissement de la Légion d'honneur, vivement combattu par le^tribunat. — « Aux républiques la vertu, aux monarchies l'honneur, » avait dit Montesquieu.

20 mat. — Malgré les promesses faites à la population de lui

server ses droits politiques, Tesclayage est rétabli dans tontes les Antilles. Les réformes des nègres sont abolies par les blancs !

10 juin. — Enlèvement de Toussaint-Louverture, malgré la capitulation : il est conduit au fort de Joux.

2 août. — Bonaparte est nommé consul à vie, par 3,568,885 ovi, contre 8,374 non, La spontanéité du peuple est à Tunisson du premier oonsuU Il dit : c Content d'avoir été appelé, par l'ordre de Celui de qui toot émane, à ramener Tordre et Tégalité sur la terre, j'entendrai sonner la dernière heure sans regret, comme sans inquiétude sur Popinion des générations futures. »

4 août. — Réforme de la constitution de Pan VIIL — Elle était incompatible, en effet, avec le consulat à vie, par ses formes encore trop démocratiques, trop libérales. Désormais le règne de la subjectivité consulaire est assuré : Qui veut la fin, veut les moyens.

10 août'll septembre. — L*île d'Elbe et le Piémont sont réunis au territoire de la république française. Infraction au principe des nationalités et aux principes du droit public sur Péquilibre européen. Qui eût dit alors que cette réunion était impossible, se serait attiré le mépris da prince et de la nation. Douze ans ne s'écouleront pas, avant que cette impossibilité soit devenue un axiome.

9 octobre. — Oot^upation des Ëtats de Parme par ordre du premier consul. Bonaparte ne déguise plus ses projets d'envahissement en Italie.

19 février. — Acte de médiation rendu par Bonaparte pour mettre fin aux différends entre les cantons suisses. Cet acte est appuyé d*uiie armée de 20,000 hommes, qui, dès le 21 octobre précédent, avait conmienoé de pénétrer en Suisse, soug les ordres du général Ney.

26 février, — Bonaparte fait, dit-on, proposer secrètement à Louis XVIII de lui céder ses droits au trâne de France. « Je ne confonds pas, répond Lous XVIII, M. Bonaparte aveo ceux qui Pont précédé. J'estime sa valeur, ses talents militaires; je lui sais gré de quelques actes d'administration. Mais il se trompe, s'il croit m'engagor à renoncer à mes droits; loin de là, il les établirait lui-même, s'ils pouvaient être litigieux, par les démarches qu'il fait en ce moment. » N'est-ce point déjà Henri V, remerciant Louis-Napoléon de ce qu'il a ^it contj^e les révolutionnaires, et engageant ses féaux à refuser le serment?

26 mars. — Levée de 120,000 hommes, en prévision de la rupture avec l'Angleterre.

30 avril. — La Louisiane est vendue aux États-Unis, pour la somme de 81,300,000 francs : conséquence anticipée de la cessation de la paix.

13 mat. — L'ambassadeur d'Angleterre reçoit ses passeports : on se prépare à la guerre.

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Cette rupture était-elle inévitable 1 les politiques ont disputé du pour et du contre : il n'y faut point tant de recherche. Ce qui reste établi, par la dumonstration chronologique et par les faits, c'est qu'un chef d'État, dans la position de Bonaparte, pouvait à volonté-, moyennant quelques concessions, faire la paix ou la guerre; o*est que les prétextes allégués de part et d'autre étaient plutôt du ressort de la diplomatie que des axmées; que si, par exemple, l'Angleterre ne voulait pas rendre (l'île de Malte\ Bonaparte voulait toujours prendre (rîle d'Elbe, le Piémont, l'État de Parme); c'est que, tandis que les intérêts de la Grande-Bretagne étaient évidemment compromis par la prolongation de la paix , du côté de la France la guerre n'était utile qu'à Bonaparte; que cette guerre, il l'avait prévue, qu'il s'y tenait prêt, que dès longtemps il agissait comme si elle eût été déclarée ; c'est enfin, qu'autant la France trouvait d'avantages à épuiser, avant de combattre, tous les moyens diplomatiques, transactions, compensations, etc., autant l'Angleterre, pour qui la situation était tout autre, était intéressée à faire naître le conflit et à chercher une solution par la voie des armes.

L'Angleterre, en effet, voulait l'empire de l'Océan, qu'alors, comme aujourd'hui, il était difficile de lui enlever. Pour balancer cette domination maritime, la France n'avait que deux moyens : c'était ou de fermer à l'Angleterre le continent européen, conime elle-même nous fermait l'Océan, ce qui entraînait, si l'Europe refusait d'entrer dans ce système, la nécessité de la conquérir, chose impossible : ou bien de combattre sa rivale avec ses propres armes, par l'industrie, le commerce, la navigation, les alliances, etc., moyens sûrs, mais lents, peu compatibles avec la récente constitution du pouvoir, et qui n'étaient ni dans le génie du premier consul, ni dans la nature de son commandement.

Ainsi, dans la lutte avec l'Angleterre, la politique d'exclusion, c'est-à-dire de conquête, qu'avaient rêvée des hommes de la Convention, notamment Barère, politique absurde au point de vue des intérêts et des libertés du pays , mais indispensable à la conservation d'un pouvoir excessif; politique sans but, puisque pi étendre à tout, c'est ne prétendre à rien, cette politique personnelle, qui, ramenée à sa plus simple expression, n'eût jamais été souferte, priSvalut dans j^^s^çqnseils de la na*

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tion, grâce à Téclat des victoires récentes, aux prétextes habilement colorés de la diplomatie et à l'excitation des rivalités nationales. De ce moment, il fut facile de pronostiquer, aux dates et aux lieux près, les péripéties de la lutte et de prédire le résultat.

A l'intérieur, Bonaparte, nommé consul à vie , débarrassé de toutes entraves constitutionnelles, ne peut maintenir son autorité qu'en la concentrant de plus en plus, et en occupant Ja nation d'entreprises qui absorbent son énergie et fassent diversion aux esprits. Ce plan est déjà contradictoire : le pouvoir plus fort est toujours plus attaqué ; l'opinion, dès qu'elle ne se reconnaît pas en lui, se tourne contre lui. Viendra le jour fatal où la liberté comprimée, la tendance nationale froissée, réagiront contre le despote : alors la nation, au moins celle qui pense, la seule qui compte, se séparera de son chef, et de cette scission résultera infailliblement ou la chute de l'un, ou la dégradation de l'autre, peut-être la ruine de tous deux.

Au dehors, l'Angleterre, maîtresse de la mer, protégée par sa position insulaire, subventionnant les rois, soulevant les peuples, tenant par l'universalité de son commerce la nation française pour ainsi dire en état de blocus ; l'Angleterre force Bonaparte, pour se dégager de ce blocus, de le retourner contre elle, c'est-à-dire de s'emparer successivement de tous les États de l'Europe, de détrôner 'l'un après l'autre tous les rois, de changer les dynasties et d'abolir les nationalités. En deux mots, l'Angleterre pousse Bonaparte , bon gré mal gré, à la monarchie universelle. S'il s'arrête un seul jour, il perd le fruit de ses victoires : la France lui redemande sa constitution, les peuples leur liberté. Les conspirations sont là aussi pour lui dire: Marche, marche; sinon, abdique.

Dans cette entreprise d'autocratie européenne, combien y avait-il de chances pour Bonaparte? pas une seule. Combien pour l'Angleterre? toutes. Le traité de Westphalie, en faisant grief en plus d'un endroit aux nationalités, avait posé l'idée d'une fédération européenne et jeté les fondements de cet équilibre, dont le perfectionnement est une des données les plus authentiques de l'histoire et formera l'œuvre supérieure de la Révolution. Un peu plus tôt, un peu plus tard, Bonaparte, en contradiction avec la destinée universelle, devait avoir devant lui toute l'Europe en armes^ derrière lui la

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France épuisée, pleine de murmures. S'il ne tombait du premier choc, ce qui, après tout, était une chance, il était inévitable qu'à rheure suprême de l'insurrection des peuples, sa chute ne devînt le gage de la paix générale et le prix des efforts de l'Angleterre. Il faudrait dix ans peut-être pour déterminer ce grand armement ; il en pourrait coûter à l'Europe six millions d'hommes tués sur les champs de bataille et une dette de trente milliards : même à ce prix, la politique anglaise ne pouvait reculer. Depuis 1789, la Révolution française n'avait pas coûté beaucoup moins : pour sa prépondérance maritime, pour l'honneur de sa diplomatie , pour l'orgueil de sa race, l'Angleterre ne se refuserait pas un égal sacrifice.

Toute l'épopée impériale est dans le jeu de cette partie, dont l'issue apparaît de loin avec la certitude de la fatalité , mais dont Bonaparte, plein de ses projets, redoutant sur toute chose de s'amoindrir, n'aperçoit pas le péril et le machiavélisme. Le grand stratège, pris au piège de son utopie, tandis qu'il poursuit les idéologues, est dès cet instant condamné. Lui, superstitieux et fataliste, n'aperçoit pas l'infortune attachée aux entreprises qu'il conçoit et dirige seul. Ni la reddition de Malte aux Anglais (5 septembre 1800), fruit amer de l'expédition d'Egypte; ni la reddition d'Alexandrie (30 août 1801), dernier poste occupé par nos soldats; ni la révolte des noirs (14 septembre 1802), ne le peuvent tirer de ses illusions. Il se précipite avec une joie insensée dans la voie où l'appelle l'ennemi, dont il semble prendre à tâche de réaliser de point en point les prévisions.

Mais que cet homme sera dur à réduire ! quelle peine a la providence des nations pour avoir raison de ce Briarée ! quels prodiges d'intelligence, d'activité, de séduction, d'audace accomplis par cet antagoniste du destin, pour soutenir une prétention impossible! L'histoire de l'empereur Napoléon, véritable horsd'œuvre dans l'histoire de l'humanité, simple dans son motif comme V Iliade et V Enéide ^ est devenue à bon droit pour le peuple une légende, un mythe. Peu d'écrivains en ont démêlé la raison organique, s'il est permis d'appliquer ici le style du personnage. Du reste, nul n'a moins connu le secret de sa destinée, les causes de sa grandeur et de sa décadence que Napoléon. Il s'est ignoré jusqu'à la fin. En voyant, dans les méditations de Sainte-Hélène, le vagabondage de cet esprit

superbe , qui jusqu'au dernier moment proteste contre | d(^faite, parce qu'il ne peut la comprendre, on dirait un asti qui, poussé loin de son orbite, n'aperçoit plus sa route daa Péblouissement de ses rayons et court au hasard à trayetf l'empyrée.

J'ai cru devoir, pour l'intelligence des événements contem* porains et la confirmation des principes que nous avons posA sur la génération de l'histoire, présenter ici le résumé chronologique de la période impériale. La vérité, offusquée danslt longueur des dissertations et des récits , apparaît dans la pure chronologie avec une évidence qui ne se retrouve que dani les mathématiques. On verra, une fois compris le point de départ, la filiation inéluctable des faits, l'impossibilité déplus en plus apparente de la politique napoléonienne, l'inutilité des victoires, et en comparant la richesse des moyens, la puissance des facultés, avec l'absurdité du but, on aura la mesure de l'homme.

ÊPHÉMÉRIDES IMPÉRIALES

20 mat. — Commencement des hostilités contre TAngleterre, A dttar de la rapture du traité d'Amiens, il n*y a plus qu*an iadividu qui pente et agisse pour la nation, c'est Bonaparte. Délégué du peuple, muni de son bianc-seiog, il se croit dispensé de prendre désormais aucun conseil, fit tout en ne suivant d'autre raison que sa raison, il ne se juge peiat despote. Ceux qui l'aidèrent à organiser le gouvernement consulaire soat devenus les commis de ses volontés, ses compagnons d'armes, les valets de son empire. La France, aliénant sa souveraineté^ est au service de oe citoyen, qui bientôt marchant de pair avec les rois fera de son autorité individuelle un article de foi, et de son délire une manifestation de Ift Providence.

22 mai, — Le premier consul ordonne d'arrêter tous les AngUâ voyageant en France, et les déclare prisonniers de guerre. Comme Brunswick, dans son fameux manifeste, ce n^est plus seulement au goavernement anglais qu'il fait la guerre, c'est à la nation !

3 juin, — Invasion du Hanovre par le général Mortier.

27 septembre. — La censure est établie, pour asturer, dit l'arrêté, ta liberté de la preste,

30 novembre. — Évacuation de Saint-Domingue, premier fruit de 1» politique de Bonaparte. La garnison, réduite à 0,000 hommes, dsit 800 officiers, est prisonnière de guerre. fiO,000 Français ont pé?i à»

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cette expédition : autant avait déjà coAté celle d'Egypte. Ainsi échoue la seconde entreprise personnelle de Bonaparte.

20 décembre. — S^natus-consnlte qui règle la forme des séances du Corps législatif. A la tribune, comme dans la presse, la liberté ne passe pas. En effet, pour Texercice du pouvoir, dans les termes du plébiscite du 2 août 1802, et pour la carrière que nous avons à fournir, la liberté est de trop.

15 février. — Conspiration contre le premier Consul. La liberté proteste! Moreau est arrêté.

25 février, — Établissement des droits réunis.

28 février, — Arrestation de Pichegru. Bienheureux Kléber, Detaix, Hoche, Marceau, Joubert! ils n*ont eu le temps ni de trahir la révolution, ni de conspirer contre le tyran. Ils sont morts pour la patrie : dorénavant on ne mourra plus que pour l'empereur !

9 mare. — Arrestation de Georges Cadoudal. De quoi se mêlait cet hurluberlu ? La France avait une expérience à suivre avec son empereur ; après lui, les Bourbon si

21 mare* — Le duc d'Enghien est fusillé à Yincennes. Royaliste ou républicain, tout ce qui fait résistance est écrasé.

24 mare, — Levée de 60,000 conscrits.

28 avril, — Proclamation de Dessalines aux Haïtiens : Guerre à mort aux tyrane l liberté, Indépendance l On dirait le cri de 92. La révolution, arrêtée en Europe, fait un tour chez les Indiens.

4 mat. — Bonaparte est nommé Empereur héréditaire, La motion en est faite au Tribunat, adoptée par le Sénat conservateur, « atîn d'assurer au peuple français sa dignité, son indépendance et son territoire, et d'empêcher le retour du despotieme^ de la nobleeee, de la féodalité, de la servitude et de l'ignorance, seuls présents que puissent faire an peuple les Bourbons, s'ils revenaient jamais. »

Ce sénatus-consulte est ratifié par 3,521,675 oui, contre 2,579 non,

19 mat. « Création de maréchaux : destinés sans doute, d'après le vœu du Tribunat, à combattre la féodalité et la nobleeee,

27 mat. — Prestation du serment. — Le clergé compare Napoléon à Josaohat, Mathathias, Cyrus, Moïse, César, Auguste, Charlemagoe. Dieu lui a dit : « Siège à ma droite, eed« à dextrie meie. Le gouvernement lui appartient, la soumission lui est due : tel est Tordre de la Providence! Us diraient, ces prêtres, s'ils l'osaient, que l'Éternel ayant trompé madame Lœtitia, en avait eu Napoléon.

10;Mtn. — Procès et bannissement de Moreau t Pichegru 8*étrasgle en prison, Georges Cadoudal est fusillé.

10 juillet, — Établissement du ministère de la po&e,^^ o

424 LA RBV0L1ITI0N fiOGIALB

2 octobres — Une flottille est rassemblée à Boulogne, pour la en Angleterre. Les Anglais tentent inatilement de la détraire.

B octobr». — Le nègre Dessalines prend le titre d^Empereur de ffofli L'ironie de Toussaint-Loavecture passe à ses successeurs : il est écrit qi Saint-Domingue sera le cauchemar de Napoléon.

2 décembre. — L'Empereur est couronné à Notre-Dame. Les dépenai du sacre, d'après les journaux de Tempire, ne s'élèvent qu'à six imk lional

3 décembre. — Alliance de l'Angleterre avec la Suède. Tandis que le conquérant s'apprête, l'Angleterre travaille de son cdté les gouvernements et les peuples.

17 janvier, — Levée de 60,000 hommes.

29 janvier. — Fondation de Napoléonville ou Bourbon-Vendée.

18 mare. — L'Empereur déclare au Sénat qu'il accepte la courooi d'Italie, d'après le vœu manifesté par la population italienne. Comme une voix secrète protestait en lui contre la fatalité qui l'entraîne, il dit: c .... Le génie du mal cherchera en vain des prétextes pour mettre continent en guerre : aucune nouvelle puissance ne sera incorporée l'état français l »

5 avril. — Pie VU, qui avait espéré, en venant à Paris sacrer rEm[ renr, recouvrer les anciens domaines de l'Église, s'en retourne les msini videSf aux sifflets de TEurope.

8 avril. — Traité d'alliance entre l'Angleterre et la Russie.

8 mat. — L'empereur d'Haïti, Dessalines, décrète une constitution impériale.

26 mat. — Napoléon est couronné à Milan, Eugène Beauharnais déclara vice-roi d'Italie. La féodalité^ malgré le vœu du Tribunat, reconmienos donc, par la famille de Napoléon.

4 juin. — Réunion de Gênes à la France.

23 juin. — La république de Lucques est transformée en principauté, et donnée à Êlisa, sœur de Napoléon.

21 juillet. — Réunion de Parme à la France. Ainsi se justifient les griefs de l'Angleterre, ainsi se poursuit, malgré la lumière intérieure qni l'éclairé, la carrière anti-providentielle de l'Empereur. Mentait-il^ quand il déclarait le 18 mars qu'aucune puissance ne serait incorporée dans l'étst français? point : la force des choses l'écrasait. A chaque alliance que faisait l'Angleterre, il répondait par un agrandissement de territoire, voilà tout.

22 juillet •— Combat naval à la hauteur du cap Finistère (Espagne), mtre la flotte franco-espagnole et les Anglais. X'avantag^ reste à oes

erniers. dbyLjOOg

l'horoscope 1 25

r 9 août. — L'Autriche adhère au traité du 8 avril, entre la Russie^ la Buède et l'Angleterre.

[ 8 septembre. — 3« coalition contre la France. Si la réflexion pouvait laltTe an cœur de Napoléon, il sentirait en ce moment quelle est Tano-

rlie de sa position. Il verrait que cette anomalie résulte de son système gonvemement, lequel à son tour a sa source dans Tidée qu'il se fait, kvec le vulgaire, du mandat politique. Il se dirait alors que des victoires., an service d'une méchante cause, sont autant à redouter que des défaites, |»t dès à présent il ne combattrait plus que pour le statu quo et pour la paix. Le mauvais génie l'emporte : en avant!

Passage de l'Inn par le général autrichien Klénau.

9 septembre. — Rétablissement du calendrier grégorien. A mesure que Bonaparte est poursuivi par l'ancien régime, il revient aux institutions de Tancien régime. Tous les actes de son gouvernement^ parfaitement liés entre eux du reste, sont à contre-sens de son mandat.

24 septembre. — Sénatus-consulte qui ordonne la levée de 80,000 conscrits, met en activité ceux de 1801, 2, 3, 4, 5; ordonne la réorganisajlion des gardes nationales. — Mandements des évêques, qui ordonnent fdes prières publiques, et répandent leurs bénédictions sur VOint du \Seigneur, envoyé du ciel pour visiter la t*rre,

I Où donc est la vérité en France? où est la raison? N'est- il pas vrai ^^e sous cette avalanche d'adulations dont il est l'objet, le plus sincère de tous, le plus honnête, c'est encore Napoléon?

8-20 octobre. — Combats de Wertingen, Guntburg, Langeneau ; occupation d'Augsbourg, Munich; capitulation dlJlm. En 15 jours, l'ennemi a perdu 50,000 prisonniers.

21 octobre. — Bataille de Trafalgar, gagnée par Nelson sur l'amiral français Villeneuve. Ce qu'avait été Aboukir à l'expédition d'Egypte, Trafalgar le sera pour toute la période impériale. Napoléon, sans marine, ^ est irrévocablement condamné à s'emparer du continent. C'est ce qu'on \ appellera Système ou Blocus continental. A Trafalgar, comme à Aboukir, Napoléon est donc vaincu, et sans rémission, puisque la position qui lui est faite est telle, que vaincu en Allemagne, il perd tout ; victorieux, il est de plus en plus compromis. Toutes ses victoires sont frappées d'avance de stérilité, et changées en défaites.

25 octobre. — Le roi de Prusse adhère à la coalition.

Novembre. — Le 2, Masséna, commandant l'armée d'Italie, force l'archiduc Charles à la retraite; le 4, combat d'Amstetten, occupation de Steyer, prise de Vicence ; le 7, occupation d'Inspruck ; le 9, combat de Marienzell; le 11, combat de Dernstein ; le 13, occupation de Vienne; le 14-24, occupation de Trente, Presbourg, Brunn, Dœrnberg, Trieste; le 28, jonction de l'armée d'Italie et de la grande armée.

4 novembre. — Combat naval, en vue du cap Villano (Galice). Quatre vaisseaux français, échappés du désastre de Trafalgal, sont forcés de se rendre, après une action de 4 heures. ^ ,

2 décembre. — Victoire d'Austerlitz, gagnée par l'ÉfinpereurP

126 LA RBVOLimOlf SOCIALE

26 décêmbn» — Paix de Preiboorg, aveo l'Autriobe. — • En voilà hors de combat; que fera de lui Napoléon? La règle de la guerre i d'affaiblir rennemi vaincu : les États de Venise, la Dalmatie, TAlban sont réunis an royaume dltalie ; Télecteur de Bavière et le duc de Wi temberg, déjà à la dévotion de TEmpereur des Français, sont agram aux dépens de l'Autriche, et prennent le titre de rois. Ainsi, ce qi ne peut ou n'oserait encore incorporer à ses États, il le divise, le don à des subalternes, dont il se fait des auxiliaires contre la coalition. P suite de ce traité, Nenfohfttel, Berg et Clèves sont réunis à la France, Napoléon déclaré en outre Protecteur de la confédération helvétique.

23 janvier, — A la nouvelle de la défaite d'Austerlits, Pitt est fhipj d'apoplexie et meurt. Son rival Fox arrive au ministère : des uégociatioi sont entamées pour la paix.

28 jemvier. ^ Le Sénat décerne à Napoléon le titre de grand : «ri monument est décrété en ion honneur. La nation, enivrée, partagi l'aveuglement de son chef, dont elle partagera aussi la ruine. ]

6 février. — Combat naval, dans la baie de Saint-Domingue, entre une escadre française et une escadre anglaise : terminé à davantage de l'ennemi.

8-15 février. — Invasion du royaume de Naples, en représailles de Is neutralité mal gardée par le roi Ferdinand. Constamment battu snr mer par les Anglais, Napoléon n'a que la ressource de les expulser du continent : après l'Italie, il continue par Naples.

30 mars. ~-^ L'Empereur nomme son frère, Joseph Bonaparte, roi des Deux-Siciles.

5 juin. — Napoléon rétablit, pour la conservation de ses conquêtes, le système féodal. Il nomme Murât, son beau-frère, giand-duo de Berg et Clèves; donne à Talleyrand la principauté de Bénévent^ à titre de fief immédiat de la couronne ; déclare en outre un autre de ses frères, Louis Bonaparte, roi de Hollande. Pressentant le danger des conquêtes, il voudrait se borner à des changements de dynasties. Mais ce moyen est pire que l'autre : les rois de la création de Napoléon lui donneront plus de souci que n'eussent fait les indigènes.

6 juillet. — Le général Régnier est défait par les Anglais à Sainte- Euphémie en Calabre. Le peuple se soulève contre les Français, l'assassinat est organisé contre eux : prélude de ce qui arrivera, quelques années plus tard, en Espagne.

12 juillet. — Confédération du Rhin, sous le Protectorat de Napoléon. Ce traité, qui inféode à l'empire quatorze princes allemands, assure à la France, contre la coalition, un contingent de 60,000 hommes. De pareils princes eussent mérité la corde, si les peuples avaient l'intelligence de leurs intérêts : ils en furent quittes, après la retraite de Moscou, pour une trahison de plus, oigtizedbyGoOg

l'horoscope 127

20 août. •** EUi préMno« des agrandiisements de Napoléon, la Rouie «fuse 1a paix, entraînant la Pmise dans son orbite.

6 octobre, — 4e coalition, — Rien n*est conquis, tant qu'il reste à oonaérir, dit l'Angleterre. Conquérons donc, répond l'Empereur.

9-10 octobre. — Combats de Schleitz et Saaifeld : les Prussiens sont attos.

14-31 octobre, — Victoire d'Iéna : capitulation d'Erfurth, occupation e Leipsik, Halberstadt, Brandebourg, Berlin, Varsovie, etc. Prise de pandau et Stettin.

Novembre, — Prise d'Anklam, Kustrin, Lubeok ; occupation de HesMiaasel, Hambourg, Brome, reddition de Magdebourg; capitulation de iamels, entrée de Murât à Varsovie.

21 novenibre, •— Décret impérial, daté de Berlin, relatif au Syitème con^ inental. Les Iles britanniques sont mises en état de blocus ; tout Anglais aisi dans les États français est déclaré prisonnier de guerre, toute marthandise provenant de cette nation est prohibée. Provisoirement la Crusse est condamnée à une contribution de guerre de 150 millions. Et le deux. Restent, avec l'Angleterre, la Russie et la Suède.

Ainsi Napoléon, non-seulement fait la guerre aux États, il la fait aux ^uples; non-seulement il fait la guerre aux hommes, il la fait aux îhoses. Cela durera-t-U longtemps?... Poursuivons.

15 décembre, <— Levée de 80,000 hommes. En même temps, l'Empereur ordonne aux gardes nationaux de se préparer pour un service actif.

23-26 décembre, — Combats de Czamovo, Mohrungen, Pultusk, Golymin, contre les Russes. Partout les Français obtiennent l'avantage.

Janvier, — Les opérations militaires continuent : prise de Breslau et de Brie/ç, sur l'Oder.

8-26 février, — Bataille sanglante d'Eylau ; combats d'Ostrolenka et de Braonsberg, ou les généraux Bernadette et Nej taillent en pièces l'ennemL

7 avril, — Levée de 80,000 hommes, classe de 1808 L'Empereur, pour entretenir ses armées, et faire face aux affaires, anticipe ses coupes d'hommes. Là déjà se dévoile sa faiblesse.

5-14 juin. — Combats de Spanden, Deppen, Guttstadt, Heilsberg, oh les Français sont constamment victorieux. Enfin, la victoire de Friedland, suivie de la prise de Kœnigsberg et de la Neisse, de la capitulation de Glatz et Kasely oblige la Russie à demander la paix.

7-9 juillet, — Paix db Tilsitt. La coalition est vaincue. Elle le sera aussi longtemps que les puissances, au lieu de masser leurs forces, agiront séparément, et que les peuples ne se croiront pas intéressés à la

^^•^lle. DgtzedbyGoOQ

La Prusse perd la moitié de son territoire, qui passe, pértie à U

128 LA ftB>'OLirnoN sociale

Franoe, pwtie à la Saxe. La Pologne, qui avait été pour Napoléon d'à si grand seoovn, est oubliée, on platôt sacrifiée par loi à Famitié A csar. Elle apprend, à ses dépens, que Taotagonisme des princes ne « jamais jusqu'à leur fisîre servir Témancipation des peuples.

16 aoéi, — La guerre sur le continent est terminée : Napoléon rentv triomphant à Paris. L'enthousiasme est au comble. Mais cet enthon siasme se changerait bientôt en consternation, si quelqu*un en ce momea pouvait se dooter que tontes ces victoires sont autant d'insaltes à Tétoil de Bonaparte, des méfiûls qui ne font qn'exaspérer le destin contre I Fktmce et contre lui. Aussi, comment condamner le héros, comment l pas le plaindre, au contraire, quand on voit jusqu'où s'abaisse l'imM ciUité de son parterre? c H ê*i am delà ét'Vkiskrire, s'écrie le présided Séguier; au -dessus de Cadmiration! 11 ne peut être égalé que p^ l'ÂMonK! » Folie et pitié! ,

18 aoûi, — > Formation du royaume de Westphalie : le plus jeune fièn de Ni4>oléon, Jérôme, Agé de 27 ans, en sera titulaire. Universel applsot dissement.

19 août. — Le Tnbunat est supprimé : il s'y manifestait des vélléitii d'opposition! La constitution impériale, tant de fois remaniée, est moà fiée de nouveau. N'est-ce pas logique, nécessaire? Ceins tes reins pour] combat, ô guerrier! car, plus tu ^remportes de triomphes, plus ta t crées d'oppositions et te tailles de besogne; plus, par conséquent, n auras besoin, comme l'athlète, de te ramasser dans ta force !

l*' septembre. — Organisation de la république ionienne, comme parti intégrante de l'empire français. Napoléon, après avoir manqué l'Angll terre par l'Egypte, la ressaisit par la Grèce ! L'univers bientôt ne le cm tiendra plus!

2 septembre, — Le roi de Prusse adhère au S^tème continental,

7 septembre, ^ Prise de l*tte de Rugen par le maréchal Brune : la Saké rappelle ses troupes.

C'est en ce moment que les Anglais, aveuglés par la cupidité et 4 haine, bombardent Copenhague, capitale d'un état neutre. Le motif à cette agression odieuse est le refus qu'avait fait le roi de Danemark èi prendre part à la coalition. On pouvait, sans crime, ne point comprenèt une politique que les Anglais eux-mêmes servaient si mal : aussi, cet aM de vandalisme fit plus de mal à l'Angleterre que toutes les victoires k Napoléon. Un moment les puissances se séparèrent d'elle, et NapoUM faillit, en haine de ses rivaux, devenir l'arbitre accepté de l'Europe.

9 septembre, — Le roi de Danemark interdit à son peuple tonte co^ munication avec les Anglais.

14-16 octobre, — Napoléon, adoptant hautement les idées de Barèrti déclare qu'il s'opposera à toute alliance des princes du continent t^ l'Angleterre. Rien n'égale l'ontrecnidance de ce casus belli^ si oe a^ sa niaiserie. Mais telle est en ce moment la clameur contre les que le czar se joint à Napoléon, et accède à sqn>tour au Système

nental, Oigitlzed by VjOOg

l'horoscope 129

une faute politique, un crime contre le droit des gens» semble un

it faire fléchir le destin ! Ce moment fut pour la Grande-Bretagne

critique de sa lutte avec Napoléon : mais le doute ne fut pas de

durée. L'intempérance de TEmpereur ramène vite aux Anglais

que leur barbarie en avait un instant détachés.

novembre. — Première expédition de Portugal. La cour de Lisbonne t pu, par crainte de 1* Angleterre qui menaçait ses possessions iériqae, entrer dans le Système continental^ Napoléon rend un décret t que la maison de Bragance a cessé de régner en Europe, et charge 'louerai Junot de l'exécution. Ainsi, il suffit que les Anglais mettent \ pied dans un État, pour que cet Etat devienne un ennemi de TEm- Ireur!

80 novembre. — Prise de Lisbonne par les Français. Une contribution \ 100 millions est imposée au Portugal. — Que dites-vous de cette Iprésaille au bombardement de Copenhague, ô sage Alexandre?...

^10 décembre, — Réunion du royaume d'Étrurie à la France : Tarmée rançaise en prend possession.

17-18 décembre. — L'Empereur lance décrets sur décrets touchant le lysfénif continental. Le roi d'Angleterre y répond par une déclaration iortant que la Grande-Bretagne est le seul boulevard des libertés de ^Europe,

I" ymmer. — État lie la marine anglaise : 253 vaisseaux de ligne, 29 de 50 canons, 261 frégates, 299 sloops, 2ô8 bricks : total 1,100 vaisleaux de guerre, non compris les cutters et autres bâtiments de moindre Limension.

État de la marine française : zéro.

On demande laquelle des deux puissances, de la France ou de la Ghrande-Bretagne, tient l'autre en état de blocus ?

3 janvier, — L'Espagne, à l'instigation de Napoléon, effirayée par le sort du Portugal, entre dans le Système continental,

21 janvier, — Réunion de Kehl, Cassel, Wezel et Flessingue au territoire français.

Levée de 80,000 hommes.

2 février. — Rome est occupée par les Français : Système continental,

17-29 février, — Occupation de Pampelune, Barcelone, Figuière, Saint-Sébastien, par mesure continentale. Plus de 100,000 Français se répandent dans la Péninsule.

19 mars, — A la suite d'intrigues de cour, où se voit la main de Napoléon, Cliarles lY, roi d'Espagne, abdique en faveur de son fils.

2 avril, — Décret impérial qui annexe les provinces d'Ancône, Urbin, Camerino, Macerata. îi l'empire français, Système continental.

i30 LA RÉVOLUTION SOCIALE

5 mai. •*- Traité de Bayonne, par lequel Ferdinand VU restitue li couronne à son père Charles IV, qui la transporte à Napoléon. A oeil nouvelle, une insurrection éclate à Madrid : les mécontents sont fnsili par les soldats de Murât.

Tous les historiens hlâment la conduite de Napoléon envers l*£l pagne, oomme artiiicieuse, immorale, inique. Ce qu*il noua apparti«i ici d^en relever, c'est qu'elle est la réduction à Tabsurde du Système i Napoléon. Combien devait se sentir forte l'Angleterre, en voyant ( chef d'un grand Etat refaire et défaire sans cesse la cajrte politique H l'Europe, dépersonnaliser peuples et gouvernements, agrandir sans oeai son territoire, comme un particulier arrondit sa propriété, ne reoonnstti enfin dans la constitution des États qu'une œuvre artificielle, que l'ép^ pioduit, que l'épée peut détruire.

27-30 mat. •— La politique de Napoléon, ou pour mieux dire la pol] tique imposée à Napoléon par l'Angleterre, porte ses fruits. L'Espagne l soulève tout entière : la guerre des peuples commence contre l'Em pereur. I

6 juin. — Napoléon ne peut plus reculer. Décret impérial qui proclsnH roi d'Espagne Joseph Bonaparte, frère aine de l'Empereur.

14 juin, — Les insurgés de Cadix s'emparent des débris de la flotti française, derniers restes de Trafalgar : 5 vaisseaux de ligne, 1 frégat^ 4,000 marins.

16 juin, — Insurrection des Portugais. L'incendie est allumé daol toute la Péninsule, attisé par l'Angleterre. La fortune commence 1 tourner. Que les peuples du Nord suivent l'exemple de ceux da Midi^ et c'en est fait de Napoléon. {

22 juin, — Capitulation de Baylen : 13,000 soldats et officiers français mettent bas les armes, et sont envoyés à Cadix sur les pontons.

29 juillet, — Le roi Joseph, effrayé du progrès de l'insurrection, ahiD* donne Madrid, après une résidence de huit jours.

31 juillet, — Une armée anglaise débarque en Portugal. La guerre vH sûre, en pays ami, contre l'étranger qui l'opprime*

10 aoâli — Le général espagnol la Romana, occupé en Danemark sa' service de l'Empereur, s'évade avec 22,000 hommes, et retourne sa Espagne aider l'insurrection.

21 (MMU. — Bataille de Vimelro, entre Junot et Wellington. Uê Français, inférieurs en nombre, se retirent en bon ordre.

30 août, •— Convention de la Cintra : les Français évacuent le Por* ' tugal et rentrent en France, transportés sur des vaisseaux anglais. Wellington fait la guerre en marchand : il ne se risque qu'avec des forotf supérieures, et ne regarde pas à l'honorabilité d'une Capitulation, pourro que les Français partent! Ainsi, depuis trois mois, l'Empereur éprouve dans la Péninsule une suite d'échecs, qui rendent de plus en plus mani-

este l'impossibilité de ses plans . Pendant que l'insurrection pullule, U '>ntrebande foisonne : Napoléon est vaincu par les masses populaires, ms sa stratégie et sa politique. DigtizedbyCiOOg

l'horoscope 131

8 septembre. — Convention de Paris, pour le règlement des affaires hrttc la Prusse. Attiré en Espagne par le péril du Syêtème^ rEmperenr se Éttê de traiter dans le Nord avec la coalition.

10 septembre. — Levée de 80,000 conscrits, classe de 1810; rappel le 80,000 antres, tar les classes de 1806, 7, 8, 9 ; total 160,000 hommes, ■mduB nécessaires *par la guerre d^Ëspague. La France ne sourcille

12 octobre. — Entrevue d'Erfarth, entre Napoléon et Alexandre. Les Iftux souverains adressent an roi d'Angleterre une lettre collective pour ^npiger à la paix ! Napoléon, à Sainte- Hélène, a traité le czar Alexandre le Grec du Bas-Empire. Il est certain que ce Orec commit, dans la cir- BOostancC) un acte d'insigne bêtise. Si, dans ce moment, au lieu de

rvir oomplaisamment les vues de Napoléon, il eût appuyé l'Angleterre, Portugal, l'Espagne, le roi de Naples, le Pape, il pouvait hâter de qiiatre ans la débâcle impériale^ Cette faute coûtera cher aux coalisés.

4 novembre. — L'Empereur, tranquille sur les intentions de l'Autriche, de la Prusse et de la Russie, entre en Espagne avec 80,000 hommes, retirés des forteresses d'Allemagne.

10-23 novemtn-e. — Combat et prise de Bnrgos; bataille d'Espinosa et de Tudela, gagnées par les Français.

I 4 décembre. -^ Reddition de Madrid par les insurgés. L'Empereur adresse aux Espagnols une proclamation menaçante. « Aucune pui^sanoti dit-il, ne peut exister sur le Continent, iniiueucée par l' Angleterre I.«. Je chasseiai les Anglais de l'Eipagne, et leurs adhérents seront enveloppés dans leur ruine. »

5-16-21 décembre. — Prise de Roses en Catalogne; combats sur le Lobregat, à San-Felice, et à Molino-del-Rey, livrés par Gouvion Saint- Cyr. Les Espagnols, constamment battus en bataille rangée, prennent leur revanche comme guérillas. Les triomphes de l'armée française passeront à la postérité; son extermination en détail . échappe & l'histoire.

Janvier, — L'œuvre impossible continue. Combats de Priéros, de Taraçona, et de la Corogne ; prise du Ferrol. Les Espagnols sont toujours vaincus ; mais les Français s'usent toujours !

21 février, — Prise de Saragosse, nouvelle Numance 1 par Lannes.

24 février, — Reddition de la Martinique aux Anglais, par Yillaret- Joyeuse.

12-29 mars. — Une seconde expédition est dirigée contre le Portugal, Sont les ordres du maréchal Soult. — Combat de Lanhozo, bataille et prise d'0-Porto.

9 amril, -^ 5« ooalOion. — L'exemple des peuples finit par entrain^' les rois* L'Antriehe, impatiente du joug, stipendiée par l'Angleter

132 tA RÉVOLUTION SOCIALE

rompt la piûx. Passage de Tlnn et de la Salzà par Parcbiduc Charles : diversion rationnelle, mais insuffisante, en faveur du Portugal et d% l'Espagne. Se peut -il rien de plus stupide que ces prétendus coa-lises?

12 avril, — Nouveau désastre maritime, éprouvé par la France, à nie d'Aix. Depuis Trafalgar, nos marins ne se risquent plus sur l'Océan; ils sont enlevés, brûlés dans leurs rades. A Ttle d'Aix, 13 vaisseaux e^ frégates sont détruits.

15-16 avril, — Combat de Pordenone et de Sacile, sur le Taglia^ mento. Les Français, commandés par le prince Eugène, sont d'abord battus par les Autrichiens.

19^22 avril, — Combats de Pfaffen-Hoffen et de Tann, livrés pal Oudinot et Davoust ; batailles d'Abensbei^ et d'Eckmûbl : les Français gagnent partout.

23 avril, — Levée de 30,000 hommes, classe de 1810; 10,000 à reJ prendre sur celles de 1806 à 1809.

4 mat. — ' Attaque du fort d'Ebersberg, où périssent 5,000 braves« inutilement sacrifiés par les généraux. Au rebours du travail, la guerre^ en devenant métier, se démoralise : preuve à priori qu'avec la civilisation elle doit disparaître.

10-18 mai, — Le maréchal Soult, ayant perdu une partie de son artillerie et de son matériel, évacue le Portugal: La seconde expédition contre ce pays échoue comme la première. Ce que Napoléon obtient d'avan^ tages d'un côté, il le perd de l'autre. -^ Il faudrait que je fuue pewtàut / s'écrie-t-il. Eh! sans doute, invincible Empereur, et c'est pour cela que votre Syêième ne vaut rien.

13 mai. -* Occupation de Vienne.

17 mat. — Décret impérial qui réunit les États - Romains à Pempire français. Napoléon révoque les dons de Charlemagne, et assigne au Pape un revenu de deux millions. Toujours le Système.

21-22 mat. — Bataille d^EIssling, très-sanglante. L'Empereur est rejeté sur la rive droite du Danube, et s'établit dans l'Ile Lobau.

26 mat'. — > L'armée d'Italie, après une suite d'actions heureuses, opère sa jonction avec l'armée d'Allemagne.

11 juin, — Le pape Pie VIT, qui n'avait pas eu de foudres contre le Système continental^ dépouillé maintenant de son État, fulmine contre Napoléon. L'ancien démagogue d'Imola parle maintenant comme Grégoire VII. Toute ridicule et intéressée que paraisse cette démonstration du Saint- Siég%, elle n'en produit pas moins son efiPet sur les chrétiens du nouvel empire, dont la foi avait été si mal à propos ravivée par le Concordat. •

5'6 juillet, — Victoire de Wagram. L'Autriche, qui conservait encore une belle armée, et pouvait prolonger la lutte, se jette aux pieds de Napoléon. L'empereur François payera, pour préliminaire, une contribution de guerre de 238 millions. La débandade de la coalition, signalée

l'horoscope 133

par tous les publicistes depuis 92, sauve encore une fois l'Empereur, comme elle avait sauvé la révolution.

Le même jour. Pie VII est enlevé par ordre de Murât, transféré à Grenoble^ et de Ik à Savone, où il est gardé à vue.

28 juillet. — Bataille de Talavera, sur le Tage, où le maréchal Victor est battu par Wellington.

15 août, — Reddition de Flessingue aux Anglais, par le général Monnet. Présage funeste : la perte de Flessingue est le pendant de la capitulation de Baylen.

5 octobre. — Levée de 36,000 hommes, répartis sur les classes de 1806, 7, 8, 9, 10.

14 octobre. — Paix de Vienne, entre la France et TAutriche. Les provinces illyriennes sont réunies à la France. D'importantes cessions de territoire sont faites à la Confédération germanique, au grand duché de Varsovie, et à la Russie. Le Système continental va toujours : la guerre continue avec le Portugal, l'Espagne et l'Angleterre.

25 octobn. ^ Nouveau désastre maritime éprouvé par les Français : trois vaisseaux et deux frégates, commandés par Tamiral Baudin, sont échoués ou brûlés sur la côte de l'Hérault. Contre Taigle, il n'y a bec ni ongles : coupez-lui les ailes ! C'est la tactique des Anglais.

19-28 novembre. — Bataille d'Ocana, livrée par Mortier; combat d'Alba de Termes, par Kellerraan. Les Espagnols sont mis en déroute, et les Français se consument.

16 décembre. — Napoléon avise un nouveau moyen de consolider son empire, c'est de se donner un héritier. Le divorce est prononcé entre lui et Joséphine.

6 janvier. — La Suède fait la paix avec la France, et adhère au Système continental. — ^Ainsi, au commencement de cette année, le Nord tout entier se tait devant Napoléon. Mais, pendant que les gouvernements fléchissent, la force des choses conspire contre TEmpereur. La contrebande annule les traités; ce que le sabre a lié, le commerce le délie; jusque dans le palais impérial, l'Angleterre s'ouvre des débouchés. La guerre de la Péninsule n'est que l'éruption, sur un point, de cette latte souterraine, universelle.

2 février. — Séville est occupée par les Français : la junte insurrectionnelle se réfugie à Cadix.

6 février, — Reddition de la Guadeloupe aux Anglais. La France n'aura bientôt plus une seule station sur le globe. Qu'est-ce donc que les lauriers de Wagram, de Friedland, d'Iéna, d'Austerlitz, les adjonctions forcées de territoire, les dynasties intronisées malgré les peuples, auprès de cet isolement maritime, qui rompt, pour ainsi dire, to^ rapport de la France avec le reste du monde? oigtized by GooqIc

134 LA HEVOLUTIOM

7 février, — Mariage entre Napoléon et Marie-Louise, célébré à Vienne, par procureur. La nation française a toujours regretté cetU alliance, impolitique, orgueilleuse, qui faisait de Napoléon le neveu de Louis XVI, le cousin de tous les despotes, le pupille de la contrerévolution. Mais il faut avouer qu'elle ne se comprend guère mieux du côté de 1* Autriche, qui, au lieu de se tenir dans une protestation muette, pactisait avec le dévorateur de ses États, le maître futur de l'Europe 1

9 mars, — Napoléon réalise la fable du Soleil qui se marie : plas il engendre, plus il brûle. Gare aux grenouilles! Par décret impérial, HUIT prisons d*Êtat sont établies, en faveur des prévenus de délits politiques qu'il ne serait convenable, ni de trcuiuire devant les tribunaux ^ ni de faire mettre en liberté t Le régime des lettres de cachet recommence. Les historiens ne savent accuser que le despotisme : mais la cause du despotisme, où est-elle ? la délégation, la délégation, vous dis-je ! Toute natiou qui ne pense plus est dé.vouée au despotisme.

16 mars, — Le 6 p. 0/0 est à 88 fr. 90 c. Ce cours est le plus élevé auquel parviendront les fonds publics sous la période impériale.

6-13 mai. — Prise d'Astorga et de Lérida, par les généraux Junot et Sachet.

8 juin, — Prise de Méquinenza : les Français tiennent les murailles, la population ne se livre pas. Toutes ces prises de villes n'avancent en rien la conquête, et ne servent qu*à emplir de butin les fourgons des généraux.

l«''-9 juillet, — Louis Bonaparte, roi de Hollande, reconnaît l'impossibilité pour ses États d'observer le Système continental. Souverain honnête, mais sans pouvoir, il donne sa démission. La Hollande est incorporée à l'empire français. Ainsi le système s'use et se crevasse : trois ans de paix, au cas d'une soumission générale, suffiraient pour en faire justice. — Ce fait, peu remarqué, est un des plus graves symptômes qui aient dû frapper Napoléon.

l'B juillet, — Prise de l'île Bourbon, par les Anglais.

10 juillet. — Troisième expédition de Portugal J Masaéna et Wellington. Prise de Ciudad-Rodrigo, par le maréchal Ney.

7-27 août, — Décrets relatifs au Système continental. Les denrées coloniales sont soumises à des tarifs élevés; les marchandises anglaises condamnées au feu.

21 août. — Bernadette est élu roi de Suède. — « Allez, lui dit Kapoléon en soupirant, et que les destins s'accomplissent!,.. > Ici, se découvre un autre vice du système continental. Que les pays privés de leurs dynastes se donnent, comme la Suède, pour chefs les généraux de Napoléon, l'empire est immédiatement dissons, la France ramenée à ses juites limites. La conduite récente de Louis Bonaparte, plus tard celle de Mont, le prouvent. Tant la féodalité répugne aux nations modernes !

27 août, — Prise d'Almélda, en Portugal, par Masséna.

l'horoscope 135

27 septembre. — Bataille de Busaco, où Masséna e«t repoussé par Wellington.

18 octobre, — Institution des cours prévôtales pour la répression des contrebandiers et de leurs complices! L'Empereur semble ignorer que plus la contrebande ofiVe de dangers, plus la prime s'élève, plus par conséquent la protection se démoralise. Le Système continental tourne à la folie : ni l'Empereur ni la France ne s'en aperçoivent.

3 décembre. — Prise de l'Ile de France par les Anglais.

13 décembre. — Kéunîon des villes anséatiques et du Valais à l'empire français. L'Empereur se dt^dommage, sur les États du continent, des pertes que lui font éprouver les Anglais sur l'Océan. Nous n'avons plus de colonies : mais les Italiens, les Allemands, les Hollandais, les Suisses, les Savoyards, les Ulyriens, les Grecs, sont Français ! la Méditerranée est on lac français : il est vrai que nous n'y avons plus un seul vaisseau. Tout est Français !...

Levée de 160,000 hommes, classe de 1811, pour la continuation de la gnerre d'Espagne et du Système continental. < Poursuivez, Sire, s'écrie le Sénat, cette oubrbe sacbéb, potir l'honneur du nom français, et l'indépendance dee nations! t

Qu'a fait Napoléon, pendant Vannée 1810 ? Du haut de son palais des l^iileries, il a monté la garde du Système continental^ sévissant contre les contrebandiers, et attendant de jour en jour la soumission de la Péninsule. Que va-t-il faire pendant cette année 1811 ? 11 continuera sa garde, un instant réjoui par la naissance de son fils, le roi de Rome, et faisant toujours passer de nouvelles troupes dans cette Espagne, dont le peuple, écrasé dans cent batailles, dévore les armées et ne se rend pas. L'espiit de Napoléon veille : ni jour ni nuit il ne se repose. Mais cette veille est celle du somnambule; cette vie n'est pas de l'histoire, c'est un rêve d*Ossian.

2-20 janvier. ^ Prise de Tortose, par Suohet ; occupation d'Oli-

19 février. — Bataille de la Gébora, gagnée par Soult sur les Espagnols.

28 février. — Réunion du duché d'Oldenbourg à la France, sans autre motif ni prétexte que l'intérêt du Système continental. Cette incorporation décide la brouille avec la Russie.

5-12 mars. — Combat de Chiclana, prise de Badajoz, combat de Redinha. Les généraux Victor, Mortier, Soult, Ney, se signalent à l'envi contre les Espagnols et les Anglais.

20 mars. — Naissance du roi de Rome. Cet enfant vient trop tard. Mieux eût valu, à l'exemple des anciens césars, s'associer un homme tout fait, le prince Eugène.

4 avril, — Masséna bat en retraite devant Wellington : il est remplacé par Marmont.

10 mai*. — Évacuation d'Alméïda ; l'expédition de Portugal échoue ponr la troisième fois.

16 mat. — Combat d'Alboerra, où les Anglo-Espagnols, malgré une perte immense, restent maîtres du terrain. Ils investissent Badajoz.

3 juin. — Henri- Christophe, dit le Singe noir de Napoléon, est sacré avec de l'huile de cacao, par un eapucia nommé Brell, roi de Haïti. La constitution donnée par ce nouveau chef est entièrement calquée sur la constitution napoléonienne. En 93, on eût dit que cette figure méphistophélique était payée par les Anglais pour narguer TEmpereur !

11 juin» — Ouverture d'un concile à Paris, convoqué pour régulariser l'institution des évêques, auxquels le Pape refuse d'envoyer des bulles. Pauvre Empereur! le voilà tombé en théologie : il ne se réveillera pas ! . . .

28 juin. -<- Prise de Tarragone, après 2 mois de siège et 5 assauts. Le général Suohet *est fait maréchal.

20 septembre, — Le Pape, prisonnier à Savone, approuve les décrets du concile de Paris; la cour papale tefuse de ratifier cette approbation. De tous côtés le spirituel et le temporel, l'excommunication et la contrebande, s'insurgent contre Napoléon.

25 octobre, — Bataille de Sagonte, gagnée par Suchet, suivie de la reddition de la place.

20 décembre, — Levée de 120,000 conscrits, classe de 1812. Encore une année d'écoulée : le rêve ne Unit point I La nation est sous le fluide de l'Empereur.

9-19 janvier. — Prise de Valence, par Suchet, et de Ciudad-Rodrigo, par Wellington. Il y a balance!...

Décret impérial qui afiPecte 100,000 hectares de terre à la culture de la betterave. Napoléon cherche les moyens de remplacer par des produits indigènes les produits coloniaux dont ses sujets ne peuvent se passer. Un jour, ses efforts porteront leurs fruits; pour le moment, et dans l'idée qui le préoccupe, ils ne montrent que l'absence de sa raison.

26 janvier. — Décret impérial qui réunit la Catalogne. Pourquoi pas, puisque nous sommes en train, toute la Péninsule ? C'est que Napoléon, ne voulant pas de l'originalité de son siècle, ne peut plus être qu'imitateur. La Catalogne avait fait partie des États de Charlemagne, elle fera partie des États de Napoléon.

24 février, — L'heure marquée par la fatalité approche. Il était inévitable que Napoléon, après les traités de Tilsitt et de Vienne, forcé par lo Système continental^ seul moyen de défense qu'il eût contre l'Angleterre, de s'étendre toujours, finît par pousser de nouveau toutes les puissances

l'hoboscopb 137

à la lutte, et que la guerre éclatât, toujours plus générale. L'incorporation du duché d'Oldenbourg avait été pour la Russie le sujet du mécontentement qui devait amener une rupture. Dans la prévis on de cet événement, Napoléon se hâte de conclure avec la Prusse un traité qu*appuie le maréchal Oudinot avec un corps d'armée. La Prusse, en conséquence renouvelle son ergagement de soutenir le Système conU' n»ntal; en cas de guerre avec la Russie, elle fournira 20,000 hommes.

13 mars, — Sénatus-cousulte qui organise la garde nationale. Elle est divisée eu trois banSf dont le premier, formé d'abord de cent cohortes de 971 hommes chacune, est mis à la disposition de l'Empereur.

14 mars, — Traité entre la France et l'Autriche, signé à Paris. Celle-ci fournira un contingent de 30,000 hommes.

24 mars, — 6« coalition. Traité entre la Russie et la Suède (Berna" dette I| auquel l'Angleterre s'empresse d'adhérer.

7 avril, — Badajoz est pris d*assaut par les Anglais : le général Philippon est fait prisonnier avec 3,000 hommes.

9 mai, — Ouverture de la campagne de Russie : Napoléon quitte Paris, suivi des regards inquiets des populations.

A cette heure l'empire français, successivement accru de conquêtes impolitiques, mais rendues inévitables par la guerre aveo l'Angleterre et le Système continmtal^ se compose de 132 départements, non compris la Catalogne, formant ensemble une population de 42 millions d'habitants. D'un autre côté, les États soumis à la domiuation indirecte et plus ou moins réelle de Napoléon, n'en comptent pas moins de 44 millions. C'est donc 86 millions d*âmes, la moitié de l'Europe, auxquelles commande l'Empereur des Français. Avec cette immense étendue de territoire, sans marine, chassé de l'Océan, il étouffe!... L'armée qu'il conauit en Russie est de 500,000 hommes, traînant 1,200 bouches à feu. Tout annonce que l'instant décisif est veni\: il s'agit de savoir si la monarchie de l'Europe, du glohe, sera constituée, pour la gloire de Napoléon et la confusion de l'Angleterre. Napoléon le sait : mais l'illusion de son esprit lui montre les choses à rebours du vrai. La fatalité entraine les Russes^ dit-il, que les destins s'accomplissent !.,»

28 juin. — Entrée de l'Empereur à Wilna.

22 juillet, — Bataille des Arapiles, où le maréchal Marmont est défait par Wellington. L'empire avance au nord, rétrogade au midi : c'est la toile de Pénélope.

12-14 août. — Occupation de Madrid par Wellington : la garnison française capitule. L'Anglais se hâte : il est clair que si, pendant que Napoléon envahira la Russie, les Français sont forcés d'évacuer l'Espagne, rien n'est fait pour Napoléon.

17 août. — Bataille de Sraolensk gagnée par Napoléon. Mais la guerre est nationalisée en Russie comme en Espagne, et la question n'est plus de savoir si les armées fléchissent, mais si les peuples sont en état de fournir l'holocauste que réclame, pour en finir, cette armée de 500,000 hommes, commandée par Napoléon.

l*' septembre, -^ Levée de 120,000 conscrits, classe de 1813; plus 17,000 pour remplacer les manquants de la garde nationale.

7 ieptembre, «^ Bataille de la Moscowa» 20,000 Français hors de combat; 30,000 Russes tués, blessés ou prisonniers. Kutusofi se prodame vainqueur : peut-être ne mentait-il pas autant qu'on a dit. Car si les Français sont d00,000, et les Russes 1,000,000, et que les premiers perdent 500,000 bommes, tués ou blessés, et les seconds, 750,000 : déduction faite de part et d'autre, ce sont les Français qui sont vaincus. La guerre d'Espagne et la campagne de Russie sont tout entières dans ce calcul.

14 septembre, —^ Occupation de Moscou, Les habitants ont été avertis d'évacuer la ville, que le fanatisme livre aux flammes. L'Empereur est épouvanté : la tactique du guerrier civilisé se sent impuissante devant la fureur barbare.

11-18 octobre. — Napoléon est à Moscou, attendant les soumissions d'Alexandre. Pendant ce temps-là, il est attaqué sur ses derrières par les généraux russes, accourut de toutes les parties de l'empire. Le maréchal Gouvîon Saint-Cyr leur résiste à peine ^ Potolsk ; Murât est complètement battu, à Winskowo, par Kutusoff, le vaincu de la Moskowa ; Breso sur le Bug est enlevé aux Autrichiens par TschitcbagoS^ qui menace les communications de l'Empereur avec Varsovie.

2H octobre. — Conspiration du général Mallet à Paris t symptôme effrayant de la désaffection du pays et de l'isolement de l'Empereur. Si Mallet parvient à s'emparer du préfet de police et du ministre de l'înt^ rieur, la Franee est enlevée, par un coup de main, à Napoléon. Quelle politique, que celle qui a jeté de si misérables fondements!

Le même jour. Napoléon ordonne la retraite. Ainsi il n'a rien obtenu, la campagne est perdue; et quelque honorablement qu'il s*en tire ou point de vue de l'honneur militaire, la moitié de son armée aura péri. Et cependant il a toujours été vainqueur!

7 novembre. — Arrivée à Smolensk, 100 lieues de Moscou, après une retraite marquée par des combats quotidiens, où l'armée, toujours victorieuse, s'affaiblit cependant toujours ! Gloire et grandeur d'âme du maréchal Ney.

14-16 novembre, — L'armée française évacue Smolensk. La nature vient au secours des Russes : le thermomètre tombe à 25 degrés. Tous les chevaux périssent, de famine autant que de froid : ceux des cosaques trouvaient à se refaire. — Prise de Minsk et des magasins français par les Russes.

28 novembre, — Passage de la Bérézina (180 lieu«s ouest de Mosoon>, journée la plus affreuse de la retraite. C'est là que le maréchal Ney reçoit le nom de Brave des braves»

5 décembre, — Napoléon, apprenant la tentative de Mallet, prend aussitôt les devants, et quitte l'armée k Smorgony.

10-11 décembre. — Évacuation de Wilna (218 lieues de Moscou), où l'armée française avait espéré se refaire. Désespoir général, déroQtt complète, massacre des soldats par les habitants.

l'horoscope 199

18 décembre. — Arrivée à Paris du 29* bulletin de la Grande-Armée, daté de Malodeczno (200 lieues ouest de Moscou). La consternation est immense. Le surlendemain, 20, VEmpereur arrive à Paris : il tst félicité p9T le Sénat, a Le bon sens^ lui dit le grand-maître de l'Université, Fontanes, le bon Mens 8*arréte avec respect devant le mystère du pouvoir et de l'obéis' sance. Jl l'abandonne à la religion^ qui rendit les princes sacrés^ en les faisant l'imtige de Dieu même, » — « AJi! Sire, s'écrie à ion tour le premier président, l'autorité impériale n'aura jamais de plus ferme appui que les magistrats, qui sont les plus chers garants du respect pour les droits de la souveraineté . Nous sommes prêts à tout sacri^er pour votre personne sacrée, et la prospérité de votre dynastie. Veuillez recevoir ce nouveau serment : nous y demeurerons fidèles jusqu'à la mort. »

30 décembre. -^ Défection du général York, commandant le contingent de 20,000 hommes fourni par la Prusse (voir plus haut 24 février). Cette défection est provoquée par le Tugendbund (Société de la Vertu), qui déjà remplit toute rÂllemagne, et prêche la croisade contre Napoléon.

11 janvier. — Levée de 150,000 honunes, classe de 1814; rappel do 100,000 consoriu des glaises de 1809, 1810, 1811 et 1812. L'Empereur, dit le Sénat, n'a dépensé que le superflu de la population.

25 janvier, — L'Empereur essaye de se reconcilier avec le Pape, qui se moque de lui. Un concordat est signé à Fontainebleau, et rejeté par la cour de Rome.

l" février. — Proclamation de Louis XVIII aux Français. Celui-là a réfléchi. Il a vu l'erreur de Louis XVI et de Napoléon : il propose de rétablir la liberté d'après les bases de 89, cest-à-dire, une Charte constitutionnelle. Ainsi Napoléon est attaqué sur la manière dont il a interprété et rempli son mandat; son procès s'instruit dans l'opinion : est-ce clair?

10-22 février, — Proclamation de l'empereur Alexandre. Tous les rôles sont intervertis : les chefs de la coalition appellent les peuples aux armes, comme avait fait la Convention de 92, et les invitent à secouer le joug de Napoléon. Pendant ce temps-là, les préfets de Napoléon continuent de Je féliciter d'avoir triomphé de la féodalité et de Vanarchie .

1«' mars. — 7* coalition. Traité entre la Prusse et la Russie. Tout se réunit pour accabler l'Empereur î Bernadotte lui écrit et l'accable de reproches. Cet autre jacobin, devenu roi légitime, ose parler d'ambition I

3 avril. — Sénatus-consulte qui met à la disposition de l'Empereur, en sus de la levée du 11 janvier : 90,000 hommes, classe de 1814; 80,000, rappel de 1806, 7, 8, 9, 10, 11 et 12; 10,000 gardes d'honneur à cheval, équipés à leurs frais; en tout 180,000 hommes.

140 LA RÉVOLUTION SOGULE

15 avril. — Départ de Napoléon ; ouverture de la campagne de Saxe. Les forces des Français en Allemagne s'élèvent en ce moment à 1()6,000 hommes; les alliés en comptent 225,000. -

2 mat-4 juin, — Batailles de Lutzen, Bautzen, etc. Armistice de Pleswitz. Napoléon, d'abord victorieux, si la victoire doit se présumer toujours d'après le nombre des morts et des blessés, cherche à gtigner du temps. Mais le temps profite encore plus aux alliés : chaque jour de trêve qui lui amène un régiment, donne un adhérent à ses adversaires.

21 juin. — Bataille de Vittoria, gagnée sur le roi Joseph par Wellington. Elle aura pour résultat de déterminer l'évacuation de l'Espagne par ce qui reste des armées françaises. Ainsi échoue cette expédition, dans laquelle auront été sacrifiés Inutilement 500,000 soldats.

28 juillet-lO août. — Congrès de Prague, sous la médiation de l'Autriche. Les alliés rejettent les propositions de l'Empereur, qui demande que l'incorporation de la Hollande, des villes anséantiques et de l'Italie dans l'empire français soit maintenue : ils déclarent que la France doit rester bornée à la Meuse, au Rhin et aux Alpes.

On s'est étonné que Napoléon n'ait pas trouvé cette transaction suffisante, et qu'il ait préféré risquer le tout pour le tout. Mais que serait-il venu faire à Paris, dépouillé de son prestige militaire, souffleté dans son Système continental, amoindri, démonétisé, obligé de soutenir, dans une paix industrieuse, son omnipotence gouvernementale, en présence d*un prince légitime qui offrait la sous-enchère d'une Charte constitutionnelle, et d'une bourgeoisie qui murmurait? Napoléon se sentait ruiné; dès ce moment, en effet, il ne combat plus pour le trône, il combat pour sa propre dignité. Le monarque a disparu, l'homme reste : tel est le sens de la dernière campagne de Napoléon.

31 juillet, — Combats de Roncevaux et de Cabiry, où se signale le maréchal Soult. Mais le courage cède à la fatalité : la retraite d'Espagne 1 est le pendant de celle de Russie.

12 août. ~ L'Autriche signifie à l'Empereur Napoléon, son gendre^j son adhésion à la coalition.

15 août. — Proclamation du roi de Suède, Bernadette, aux Allemands, Il exhorte à suivre l'exemple des Français de 93 : l'ancien soldat de I* république sait comment on précipite les peuples contre les despotes. Défection du général Jominy.

18 août. •— Évacuation du royaume de Valence, par Suchet.

24 août. — Levée de 30,000 conscrits, rappel des classes de 1812, 13, 14, dans 24 départements du Midi.

27 août. — Bataille de Dresde, gagnée par l'Empereur. Mort de Moreau,' revenu des Ê rats-Unis, à la voix de Bernadette, pour diriger les opérations des alliés. — Ce succès est balancé par les défaites multipliées des généraux Oudinot, Macdonald, Vandamme, Ney, La Martmière, tani . en Allemagne qu'en Espagne, l'évacuation de Schwérin par Davoust, kl prise du fort Saint-Sébastien, par les Anglais. |

l'horoscope 141

7 octobre. — - Passage de la Bidassoa par WeUington.

9 octobre. — Levée de 160,000 hommes, classe de 1815; — rappel de 120,000 hommes, snr toutes les classes des années antérieures : total 280,000 hommes.

15 octobre, — Défection des Bavarois.

18-19 octobre. — Bataille de Leipsig, dite des Nations : 175,000 Français contre 330,000 alliés. Les Saxons abandonnent la cause de l'Empereur sur le champ de bataille : Napoléon est vaincu ; la volonté de l'homme est écrasée par la volonté des choses.

26 octobre. — Défection du Wurtemberg.

30 octobre, — Combat de Hanau, où les Français en retraite sont «atnqueurs des Bavarois, avec perte de 10,000 hommes tués ou blessés, et autant de prisonniers. Hanau est la Bérézina de 1813.

31 octobre. — Capitulation de Pampelune : l'Espagne occidentale est affranchie.

10 novembre, — Wellington, toujours à la poursuite de Parmée française, attaque le maréchal Soult et le force à Saint-Jean de Luz.

11 novembre, — Reddition de Dresde. La capitulation obtenue pai^ Gonvion Saint-Cyr est violée par Schwarzemberg : 23,000 hommes et 6,000 malades sont retenus prisonniers par les alliés.

14-15 novembre, ^^ Napoléon est congratulé, au nom du Sénat, par Lacépède. c Le Sénat, dit cet imbécile, a frémi des dangers que Votre Majesté a courus. Votre Majesté a combattu pour la paix. Avant la reprise des hostilités, Votre Majesté avait offert la réunion d'un congrès. Vos ennemis, Sire, s'y sont opposés; c'est snr eux que doit retomber le blâme de la guerre! » Cela dit, le Sénat décrète une levée de 300,000 hommes, à répartir sur toutes les classes antérieures, de 1803 à 1814.

24 novembre. — Prise d'Amsterdam par les Prussiens; la Hollande proclame son indépendance.

8-13 décembre, — Suite de combats entre Soult et Wellington, dans les Pyrénées. Les Français reculent toujours.

11 décembre, — Traité de Valençay : Napoléon rend à Ferdinand VII •es États!...

13 décembre. — Murât, espérant sauver sa royauté de Naples, se pose en représentant de la nationalité italienne, et se sépare de l'Empereur. Le calcul était faux assurément, mais il reposait sur un principe vrai, qui se dressait avec l'évidence d'un monument, la nationalité. Tout accuse donc Napoléon, ses frères, beaux-frères, son ex-maréchal Bernadette, la guerre nationalisée en Calabre, en Espagne, en Rassie^ et dans tout l'empire germanique.

15 décembre. — Défection du Danemark, dernier allié de Napoléon.

19 décembre. — Le Corps législatif est convoqué. L'Empereur proteste t qu'il a toujours voulu la paix; que monarque et père, il sait ce qu'elle «joute à la sécurité des trônes et des familles; qu'il n'a pas dépendu d

lui qu'elle ne fût jamais troublée. » Ces paroles ont été taxées d'hypocrisie : comment au contraire n'en pas reconnaître la sincérité ? Ce n'étoit pas l'Empereur qui repoussait la paix, c'était le système. £t ce système n'était point une fantaisie de despotisme; c'était la résultante de toutes les idées de Napoléon, en matière de gouvernement.

21 décembre. — L'invasion commence sur toute la ligne du Rhin : les Suisses y prennent part, en livrant le passage aux alliés. Juste recoQnaissance de la médiation du premier Consul (19 février 1803)!

30 décembre. — La commission du Corps législatif présente son rapport contre la politique impériale. Il y est dit que ce n'est pas assez que l'Empereur renonce à conserver un territoire trop étendu, à exercer une prépondérance incompatibts avec l'indépendance des nations; qn'il faut une patrie, des lois protectrices, la liberté, Vexercice des droits politiques, etc. — L'impression est votée à la majorité de 225 voix contre 32, l pttlies fait enlever les épreuves I

31 décembre. — Le Corps législatif est ajourné par décret impériil* L'Empereur n'aperçoit que l'inopportunité d'un acte fait sous le canon de 1 ennemi, au moment où il fallait tendre toutes les forces du pays pour repousser l'invasion. Mais à qui la faute, en vérité, si dans ce moment la France craignait peut-être moins les alliés que l'Empereur ?

l«ï Janvier. •— Réception du jour de l'an. — L'Emperenr, k 1* vue des députés du Corps l^islatif, se fâche, divague. Son discours improvisé, incohérent, démontre oe fait étrange; o'est que Napoléon, homme d'État, ne voyait dans l'indépendance des États, le respect des nationalités, l'équilibre des territoires, que des moralités banales, à l'adresse des ambitions princières; il ne concevait point ces choses commes des frikcipss nécessaires, des LOIS absolues de l'économie des sociétés* Comment, avec cette idée superficielle des conditions de la politique, après dix ans d'une adoration universelle, pouvait-il recevoir la leçon des représentants, dominer une situation dont il ne comprenait que les accidents stratégiques, faire face à une diplomatie hypocrite, qni se prévalait de ses erreurs aux yeux des populations, et s'apprêtait elle même à violeri pour son profit, les principes qu'elle lui opposait ?

8 janvier. -^ La France est envahie sur tous les pointa. l<e montant des troupes alliées, en mouvement oontre nous, est d'un million d'hommes; l'effectif des troupes françaises, non compris les gardes nationaux mobilisés, 360,000 hommes.

26 janvier. — Départ de Napoléon pour l'armée ; campagne de France.

27-29 janvier. — Saint-Dizier est repris : combat de Brienne, où les "ançais se dégagent d'une mauvaise position. BlUcher se replie.

\*' février. — Bataille de la Rothière ; sans résultats. — Les Français tent en retraite sur Troyes.

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