‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 114 sur 293 · T'appliques à · texte numérisé non relu

T'appliques à

3. Je réconcilie qaelqaes-tines de mes connaissances... Appointer {adpunctare, terme de jastice ; amener deof parties à convenir sur un point), réconcilier; appotiUi' ment , réconciliation , accord ; appointeur, celui qui aC' commode un différent. Froissart, Chron., vol. i, c. 64: « Si se deb voient assembler ces appoinleurs en anechi|H pelle séant emmy les champs, vt La Fontaine a retenu ce mot dans une de ses fables, XII, 27 :

Ces plaiotes n'éioient rien au prix de Tembarras Où se trouva réduit l'appointeur de délMits.

4. Plutôt avec le stratège , le général; en d'autres termes : Si je fais partie d'une assemblée convoquée par U

chastions quelqu'un de parole , ou remonstrons rinnocence de celuy qui est injustement accusé, 00 nous accusons l'un l'autre entre nous, s'il nous est advis que quelqu'un soit puny sans canse* \ et souvent en délibérant nous louons ce que nous avons envie de faire , et blasmons ce que nous ne voulons pas. Et puis j'ay desjk sou- Tent, ô Socrates, esté prévenu, mais c'estoit marché fait, que je sçavois, k poinct nommé, ce qu'il mefaudroit, en faire* de cause, ou souffrir, ou payer^ . Et par qui ? luy dis je, car certes je ne Faysçeu jamais. Par ma femme, dit il. Et comment, plaides tu avecques elle? dis je. Certes, dit il , fort favorablement , et avecques bonne issue, quand Ik il m' advient d'avoir la vérité

fftaéral (ou ponr juger les soldats , ou pour délibérer sur ligoerre)... Sur les stratèges et leur juridiction , v. Bar- Uiélemf, Voyage d'Anacharsis, c. 10.

1. Et Ti; Ti[jLâTai , si quelqu'un est honoré (non puni} ; c'est-à-dire : nous censurons entre nous les distinctions injustement obtenues... La Boëtie a pris ce verbe dans Qoe acception qu'U a quelquefois en effet, mais qui est étrangère à ce passage.

2. Enfaiî, ou au fait, était dès lors plus usité pour rendre cette pensée.

3. Weiske remarque ici que Xénophon , pour exprimer eei débats de ménage, emploie des termes de droit, isitésdans les tribunaux athéniens. J'ai souvent été, fait dire La Boëtie à Ischomaque, prévenu, mis en jugement (par ma femme), d'après nos conventions , en sorte que je sçavais , etc.; mais il n'est pas question de conventions dans la phrase grecque ; elle signifie : Plus d'une fois j'ai été mis en jugement , j'ai été condamné à une l»eine, k une amende déterminée : V. l*édit. de Schneider, p. 80#

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pour moy ^ mais quand je ne l'ay point de mon costé, il ne faut point mentir, ôSocrates: d'une mauvaise cause je n'en sçay jamais faire nne bonne * . Car paradventure , dis je, d'une mensonge^ tu n'en peus faire nne vérité. Mais ao moins , ô Ischomache, que je ne t'amuse point, et t'engarde de t'en aller, si tu en as envie. Non, fais non^, dit il^ car aussi bien ne m'en irois je pas, que de tout la cour et le marché ne soient achevez*. A bon escient, dis je, je

1. Les ennemis de Socrate prétendaient, au contraire, en le calomniant , que le but de ses leçons était d'enseigner u d'une mauvaise cause h faire une bonne. »V. Platon, Apologie de Socrale, init. ; cf. Aulu-Gelle , V, 3.

2. Yaugelas dans sa xxivi' remarque, au sujet du mot mensonge ; ce II est toujours masculin^ quoique quelqaesuns de nos meilleurs auteurs l'aient fait féminin; ileit vrai que ce ne sont pas les plus modernes. » l\ est do masculin dans Nicot^ et aussi dans Montaigne, au cbap. 9 du liv. I des Essais. Mais celui-ci écrit plus loin, II, 18 : « Certaines nations des nouvelles Indes.... oCnroient à leurs dieux du sang humain.... pour expiation du peebé de la mensonge tant ouïe que prononcée. »

3. Tu ne le fais pas.... On a déjà remarqué que d'aprè* l'ancienne manière de conjuguer, je fay, iu fais, il faiij le pronom pouvait être omis sans inconvénient pourleseoS'

4. Que l'assemblée ne soit finie, dit simplement le grec Cour, qui désigne u un lieu ou auditoire où la justice est rendue à ceux qui plaident, curia » (Nicot), veut dire ici assemblée : or^ c'était sur la même place qu'avait lieu le marché et que se tenait l'assemblée du peuple. V. D^' mosthène , Discours sur la Couronne, lorsqu'il raconte la consternation qui suivit la nouvelle de la prise d'Elatée. Observons aussi que, suivant d'autres, cour (autrefois court ) vient de cohors, chors, nom que l'on donnait, ea latin, aux assesseurs d'un prêtent ou d'un proconsul.

)r6f que non : car tu advises bien fort de ne peidre pas ce beau tiltre de Bel et Bon qu'on t'a hané. Et voylk pourquoy possible k ceste heure, ^leores que tu ayes beaucoup d'affaires qui auroient besoing que tu y meisses ordre, si ne veux ta pas faillir d'attendre tes amis , puis que tu as promis, k fin de ne leur faillir point de prouesse et de ne leur mentir point. Ce n'est pas cda, dit il; mais asseure toy, ô Socrates, que ces affaires que tu dis, encoresque je sois ici, ne lussent pas de se sentir du soing que j'en ay, et ne m'en treuvent pas à dire*; car j'ay des rece- Tenrs* au village, en qui je méfie.

Hais, ce luy dis je, ô Ischomache, quand lias faute d'un receveur, t'enquiers tu pas si tQ pourras trouver quelque part quelqu'un qui 8oit capable de l'estre, et puis tu mets peine d'acheter celuy là; ny plus ny moins que quand to as affaire d'un bon charpentier, je m'asseure que si tu en sçais quelqu'un bon ouvrier, et que tu le penses trouver, tu t'efforces de le recouvrer-, ou bien si toy mesme enseignes tes receveurs et les fais de ta main ? Moy mesme , ô Socrates, m'essaye de les faire** : car celuy

1. Ne sont pas en souffrance : locution semblable à celle que nous avons expliquée, p. 21, n. 2.

1 Régisseurs : ces postes étaient conGés à des esclaves.

3. «In OEconomico Xenophontis , vir egregius ille Is- <!^achus, rogatus a Socrate , utrum ne, si res familia- ^idesiderasset, mercari villicum tanquam fabrum, an ^e instituere consueverit : Ego vero, inquit, ipse instiiQo. Etenim qui me absente in meum locum substituilur.

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qui doibt satisfaire quand je ne suis point k ce que je ferois, et s'en soucier pour moy, que faut il qu'il sçache, sinon ce que je sçay ? Car si je suis suffisant pour le gouvernement des affaires^ je pourray bien enseigner k un autre ce que je sçay moy mesme^ . Doncques, dis je, ne sérail pas requis qu'en premier lieu il ait une grande amitié k toy et k tes affaires, puis qu'il faut qu'il aye prou de luy* sans toy? car sans amitié de quoy serviroit le sçavoir d'un receveur qael qu'il fust? De rien, pour certain, dit Ischo* mâche ; mais c'est la première chose que je tasche d'apprendre au mien, de m'aymer et moy et mon bien. Comment, bon dieu, enseigner d'aymer! dis je. Comment enseignes tu de t'aymer.î^ En bonne foy, dis je, faisant du bien ï celuy que je veux apprendre', lors que les dieux m'en donnent largement. Tu veux doncques dire,

et yicarius me» diligentis succedit, is ea, quffi ego , scire débet. Sed hsc nimium prisca et ejtis quidem temporis sunt qao idem Ischomachas negabat quemqaain nisticari nescire. » Columelle, XI, 1.

1. tf Cato dixit : Maie agitar cmû domino quem vilIicBi docet. » Golum., ib,

2. Puisqu'il doit te suppléer par sa présence , lit-on dans le grec; qu'il aye prou de luy, c'est dire : qu'il tire beaucoup de lui. Autrefois prou avait signiGé aussi pmfit, profil (profectus) ; on le voit par cette location : «Baa prou leur face, p Nicot. Cf. le Glossaire de Roquefort, t. II, p. 40.

3. C'est-à-dire instruire (à m'aimer) attirer à moi, nndre dévoué. Nous avons rencontré plus haut le verbt apprendre dans cette acception qui vieillissait; déjà mèii< on ne la trouve plus dans Nicot.

î dis je, que ceux qui se sentent de ta bonne tune s'affectionnent envers toy et désirent te prochasser * quelque bien. Certes de ma t , ô Socrates , la plus souveraine recepte ^ ir Tamitié que je sçache, c'est celle là. Mais, [schomache, dis je , des lors que quelqu'un tes gens t'ayme, est il pour cela capable voir la charge de manier ton affaire ? Vois pas que tous les hommes, tant qu'il y en a, * manière de dire, s'ayment bien eux mesmes ? combien y en a il qui veulent bien des biens ur eux, et toutesfois ne veulent pas se soucier

. De rechercher pour toi, de te procurer.... La forme I ordinaire était pourchasser ( pro... qnassare }, de \rch€U, poursuite diligente, comme l'explique Nicot, et si intrigue. Brunetto Latini en son Trésor, 1. 1 : « Cil pereres ( Henri IV ) se pourchassa tant es nobles de ne par dons et par promesses que il en ot la grignour îiUeure) partie à sa volenté^ » et dans le Roman de la te, suivant la citation de Lacombe, t. i, p. 379 : Or tost ailleurs vous pourchassiez....

I. Estienne, remarque, p. 229 de la Precellence, que nbo , dans ses Azolains , entre beaucoup d'autres bes qu'il a habillés à Vilalienne, nous a emprunté ni-ci, procacciar, poursuivre.

L II est à remarquer que le p existait encore dans re- >le, et avait disparu de receveur. Cette lettre qui râpait Tétymologie du mot, mais que l'on ne prononçait ti, devait bientôt cesser d'être écrite dans le premier iMtantif comme dans le second, u La contraction des >ti, observe M. Ampère, Histoire de la formation de la wi^e française, p. 417, l'oblitération des lettres éty- )logiques alla croissant à travers le ivi* siècle. Passer le constate, p. 804 des Recherches, et dit que dans sa inesse il avait encore entendu prononcer Vs d'honneste, n

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comment ils les auront ? Lors , me dit Ischomâche, ceux que je cognois de bonne volonté, si Je délibère de les faire mes receveurs, je leur enseigne après d'avoir soing de mes besongnes. Gomment, dis je, que dis tu maintenant, i Ischomache ? car de faire un homme soigneox, au fort* cela estimois Je impossible d'estre easeigné. Aussi n'est il pas possible, dit il, ( Socrates, qui voudroit entreprendre d'enseigne à estre soigneux toute manière de gens. Quçlla gens doncques, dis je, est il possible Pdesseigne^ les moy tout clairement. Premièrement, dit il, vous ne sçauriez faire soigneux ceux qui soni subjects au vin : car de s'enyvrer, cela fait perdre toute mémoire de tout ce qif on a affaire*. Ceux ci doncques sans plus , dis Je, sont incar pables, ou s'il y en a d'autres? Ouy vrayem«rt, dit Ischomache, les sommeilleux et dormaI8^ puis que l'endormy ne sçauroit ny luy mesoe faire son debvoir, ny le faire faire aux autres. Quoy doncques, dis je, et maintenant est ee

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