‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 117 sur 293 · Empressé · texte numérisé non relu

Empressé

i L'engraisser.... On dit encore dans ce sens : du giier bien en chair.

3. ti Penser d'aucun , dit Nicot, c'est prendre soin de By,le bien gouverner, luy administrer alimens et choses lecessaires. Selon cette signification, on dit aussi penser in cheval, pour le traicter de la main et de foin et d'à* '«TDe. Et l'espagnol dit aussi un pienso, pour la livrée de foin, avoyne ou autre fourrage qu'on donne à un cheval, d Aujourd'hui on écrit avec plus de raison panser ; et QDe racine plus probable de ce mot s'offre dans celui *e paiwc, ventre. L'ancienne orthographe se retrouve toutefois encore, avec une explication analogue à celle de

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Qu'est ce qui engraisse plus tost un cheval? ; L'œil de son maistre, dit il. De mesmes il m'est ' advis, ô Socrates, qu'en toutes autres choses, s'il y a de bel et bon en la maison, c'est l'œil du maistre qui le fait ^ .

Mais, dis je, quand tu auras mis en la teste i de quelqu'un de tes valets^, et le plus fort que tu auras peu , qu'il se doibt soucier de tout ce ; que tu voudras , celuy là sera il pour cela aussi- î tost bon et suffisant receveur? Non, pour certain, dit Ischomache: car il luy reste encoresïi entendre ce qu'il faut faire , et quand et c(mr ment ^ autrement de quoy serviroit plus un tb* ceveur sans cela, qu'un médecin qui seroit hm fort soigneux d'un malade, et iroit et viendroîl matin et soir , mais qui ne sçauroit qu'est ce qui seroit bon de luy faire? Et s'il entend bien, dis je, les affaires qu'il luy faut faire, aura il plus désormais besoing d'autre chose \ ou bi» si par adventure cestuy cy sera bon receveof pour toy, et du tout accomply en son estât? Je pense, dit il, qu'il faut eucores qu'il apprenoe à sçavoir commander k ceux qui travaillent. Comment, dis je , tu apprens doncques aussi les receveurs k sçavoir commander ? Au moins je m'en essaye , dit Ischomache. Et pour Dieu, dis

Nicol, dans le Dictionnaire étym. de Ménage (l** édil); «Et, ajoute celui-ci, les Espagnols disent en effet C01DIB8 nous : pensar à cavallo. n

1. y. dans rfconomtgfue d'Aristote, le passage correspondant, avec la note qui l'accompagne, p. 97.

2. Sur ce mot, v. les ouy. cit. de M. Ampère, p. 206, et de M.Génin, p. 441.

loy, feis je, en quelle manière les peus tu faire MIS k commander entre les hommes? Fort xissierement S dit il, ô Socrates-, de sorte que uradventure t'en riras tu si tu Tentens. Si est ce pas, dis je, chose digne de risée : car lî sçaura faire les hommes bons k commander IX hommes, il les pourra si bien enseigner l'ils seront suffisans pour estre maistres ; et qui Hirra les faire sufBsans pour estre maistres, s i>ourra aussi faire capables pour estre roys : î sorte que je ne cuide pas qu'un personnage li le sçait faire, soit digne de mocquerie, mais s grande louange. N'est il donc pas vray, ô lorates, que tous les autres animaux apprenant k obeïr par ces deux moyens, l'un d'estre listiez quand ils s'essayent de désobéir, et mite, si on leur fait quelque bien quand ils înrent de bon cœur. Voyla comment les poulins apprennent d'obéir k l'escuyer qui les ompte, par ce qu'on leur baille quelque chose B bon quand ils font ce qu'on veut , et que uit qu'ils sont rebelles ils sont tormentez, iisques k ce qu'ils facent bien au gré de l'ester. Et les petits chiens mesmes, qui ne sont Q^ au pris des hommes , tant pour le sens que pour la parole, apprennent toutesfois, en la mesme façon que nous avons dit, k faire les tours et les soubresaults , et plusieurs autres cbses : car lors qu'ils obéissent, on leur donne

1. Grossièrement ou grossemenl, d'une manière trèst^cile, très-simple, sans aucun art.

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quelque chose de ce qu'ils demandent * ^ et quand ils faillent et ne se soucient de ce qu'on leir enseigne, ils sont lors fouettez. Or est il \m plus aysé de faire les hommes plus obeissaos, si on leur fait entendre de parole qu'il lev vaut mieux obeïr^. Il est vray qu'en l'endnMel des serviteurs % la doctrine mesme des bestasi est fort bonne pour les ranger k obéir : car m ne croiroit pas combien on tire d'eux*, en octroyant par fois quelque surcroist au désir de leur ventre. D'autre costé, un naturel ambitieux et gourmand d'honneur s'esperonne mieux par la louange : car il en est prou de ceste nature qui sont plus affamez de gloire et de louange, que les autres de manger ny de boire. Doncques tout ainsi mesmes que je fais pour me cuider servir de * mes gens avec plus d'obéissance, ainri apprens je k faire ceux que je délibère choisir

1. Et ce qu'ils demandent, porte l'édition primitif §; et manifestement fautif : tI dbv 6etTai , lit-on dans le teUe; quelqu*une des choses dont ils ont besoin*

2. Sens légèrement altéré : Or le moyen, pour les hanmes, de les rendre eux aussi plus dociles, A Takle de laparole, c'est de leur faire voir qu'il est de leur intérêt d'obéir.

3. Il faut traduire : Mais pour les esclaves en partietlier, leur éducation qui parait tellement se rapprocherez celle de la brute, est très-favorable aux leçons d'obéisnice qui leur sont données. — On sait que Varron appelait l'es» clave inslrumenlum vocale : de Re ruslica, 1, 17.

4. On tue d'eux..,. Cette leçon de l'édition originale montre, entre plusieurs autres fautes du même genre, combien une révision minutieuse du texte était nécessaire.

5. Pour aviser à me servir de,... dans la pensée iiue fob' tiendrai plus d'obéissance de mes gens....

K)ur receveurs, et prens pour eux et pour noy mesmes enseignemens * . Car je ne fay pas Niables tous les habillemeDs qu'il me faut ailler k mes manouvriers, pour les vestir et hausser ^ , mais les uns pires, les autres meil- «rs, à fin que j'aye moyen avec les meilleurs 'avantager les meilleurs travailleurs, et aux ires donner aussi les pires : car c'est à mon Ivis, ô Socrates, un grand descouragement et esconfort ' aux bons, quand ils voyent que ce mt eux qui font la besongne, et que ceux qui W point de cœur au besoing de leur maistre, f k la peine, ny au danger, ont toutesfois aumt d'avantage comme eux. Ainsi de ma part, i chose qui soit , je ne m'accorderay jamais e faire les meilleurs et les pires d'une livrée *. ^«ylk comme j'en use^ et quand je sçay que les receveurs ont desparty aux plus dignes les

1. Plutôt : Ce que je fais moi-même,... j'instruis mes "égiMeiirs h le faire aussi, et je leur viens encore en aide, je les seconde, de la manière suivante.

1 n s'agit donc de vétemens et de chaussures.

1 Abattement, tristesse extrême.... «ec(6«c(m/br(fr, se Utoler; desconforté, profondément affligé. L'homme, suinMim de nos vieux auteurs cité par Roquefort, 1. 1 de son fkmire, p. 371,

Est assailly de povreté, Perte de biens, malheureté, Faim, soif, desespoir, descoriforty Et puis au dernier mis à mort.

[Dance aux aveugles, )

i Je ne juge Jamais k propos de faire porter une même Me, en d'autres termes , d'accorder un même traite- B^t aux meiUeurs et aux pires serviteurs.

la Boette. 10

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meilleures choses, je les en loué. Si je voy cpe quelqu'un aye esté par eux avantagé par flaterie, ou par quelque autre faveur mal employee\ je ne mesprise pas ceste faute *, mais les en chastie, et m'efforce de faire entendre à celnj qui l'a fait , ô Socrates , qu'il n'a rien fait pow luy mesme^ en le faisant. Et bien, ô Iscto* mâche , dis je , mais que ' ton homme soit biei apprins h commander, de sorte qu'il se sçaebe faire obeîr, penses tu qu'il soit du tout bieii ainsi , et vrayement parfait ; ou s'il y a encorei •a dire en luy quelque chose , bien qu'il soit j pourveu de tout ce que tu as dit ? Ouy, certes, 1 dit Ischomache, il a encores faute d'une chose, c'est d'avoir les mains seures au bien de m maistre, et ne desrobber point : car si cehj qui manie les fruicts est si osé de les faire esnnouïr et n'en laisser pas qui servent pour foifl<* ^ nir aux affaires * , quel acquest '^ y a il k bien manager les terres par le soing d'un tel homme?

1. Ait obtenu quelque faveur, quelque avantage, sans 11 autre titre que des flatteries et de basses complaisancM ^1 (mot à mot : infructueuses pour le maître)....

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