‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 137 sur 293 · Cest-à-dive , si Ton vient à le jeter dans Teau... On · texte numérisé non relu

Cest-à-dive , si Ton vient à le jeter dans Teau... On

sans plus fera de soy mesme ce dont la tme s'esjouit* le plus. Car quelle herbe, voire qaeUe terre, ne devient fumier, si elle demeure dam l'eau dormant^ qui n'a point de cours ?

Ghascun entend aussi en combien de soiHi on donne remède k la terre , si elle en a M soing , lorsqu'elle est ou trop mouillée poorl grain , ou trop amere et salée pour le plaot et comment il en faut tirer hors l'eau avecqiM des fosses, et comme il faut corriger l'amertui et salure en la destrempant avec quoy que cesq de donlx et humide et sec' : mais les uns se soi cient d'y pourveoir, et les autres nullement 1 cncores, s'il y en avoit aucun au monde qui M du tout ignorant de ce que la terre peut porUi et qui n'eust veu fruict aucun d'elle, ny plaai aucune, ny trouvé personne de qui il en eari

connaît les services divers , les tours henrenx et que nos pères savaient tirer du qui relatif.

1. Excellent mot qui avait déjà péri au temps de U Bruyère : « Joie ne fait plus s'éjouir, bien c{B*il fasae tit* jours réjouir^ se conjouir; » Caractères, c. 14. Depiii nous avons encore perdu le second de ces verbes, liBil que conjouissance , qui se trouve dans Saint-Siinoii.

2. y. sur ce participe présent invariable , p. 296, ■• & Cf. Virgile , Georg. , II , v. 238 et suiv,

3. Cf. Pline, XYII, 3. On s'étonne de lire dans cet anuv: (c Terram terra emendari, ut aliqui prscipiunt, super tenuem pingui injecta , aut gracili bibulaque super hamidam ac prepingaem , dementia oper» est. Quid aaki potest sperare qui talem colit ?» La pratiqua suivie me succès par nos fermiers donne chaque jour, sur ee paitf i gain de cause à Ischomaque, et confirme rexG«lleMe# ses préceptes. Cf. Tbéopbraste, de Caus. ptafâ., in,A

pefl entendra la vérité, ne seroit il pas k celuy inesme, et à tout autre, plus aysé d'apprendre teognoistre la terre par l'espreuve , que de co- Boistre les chevaux, que de cognoistre les MDmes ? car elle ne fait monstre de chose quelnque, pour tromper aucun *, mais avecquesune ande simplesse elle déclare, sans desguiser et PS mentir, ce qu'elle peut ou ce qu'elle ne itt pas. Et me semble qu'en se présentant m, si facile k cognoistre et comprendre,qu'elle ieouvre le mieux qu'il est possible et merle* ceux qui valent quelque chose, et ceux li ne valent rien : car il n'est pas ainsi elle, comme des autres mestiers, ausquels fax qui n'y travaillent point peuvent s'excuser l'ils n'y sçavent rien -, mais tout le monde ignoist la terre, qu'elle ne faut jamais k faire ien k qui luy en fait. Et ainsi cest art d'agriculure accua^ault et clair et convainct un maulis cœur et^Édie : car il n'y a personne qui ibce accroirlH^on puisse vivre sans les choses eeessaires ^ el^^r ainsi qui ne sçait aucun Qtre mestier po^Kaigner sa vie, et encores ne eut pas labourHTc'est chose apparente qu'il •fâise vivre ou d^esrobber, ou de voler, ou

i. A cette épjMHexistaient simultanément tnerque et iH^; meroÊ^^erquier et marquer ; cette dernière Kne était (USl^éanmoins , lapins usitée. On écrivait Mipielqriflns cherme au lieu de charme. Voir, pour hici^y^Rnts semblables dans les voyelles, M. AmnTcité , p. 414.

254 LA MESNAGERIE

de mendier * , ou bien il est du tout insensé. En cela consiste, dit-il, bien la grande différence de l'agriculture pour en tirer prouflt, ou n'en tirer point, quand Ik où il y a compaigniede manouvriers et bien grande. Ion voit l'un avoir grand soing que ses gens soient de bonne heure a la besongne, et l'autre n'y penser point, f^ors cognoist on k l'œil que c'est bien antre chose d'un homme qui vaudra mieux luy seul que dix autres, pour ce qu'il travaillera tant qu'il y a de temps, et autre diose d'un qui laisw la besongne avant le temps^. Et certes qui la^ sera muser les gens tout le long du jour', il fera ayseement, ce qu'on dit volontiers, que mieux vaudroit la moitié que le tout*. Comme j Ion voit, k voyager, que maintesfoisde deux qui

1. On se rappelle la rigueur des lois athéniennes et des | déciisions de l'aréopage contre tous ceux qui n'avaient pu ; quelque moyen connu d'eiistence : Y. Plutarque , in Su- : lone, c. 28 et 42 ; cf. Montesquieu, Esp, des lois, V, 7. C'est qu'en effet : cdllud verum est Catonis oraculum : NihII ! agendo , horaines maie agere discunt. » Golumelle, Xlyl- j

2. «clschomachus idem ille : Malo, inquit, unius agilem atque navam industriam , quam decem hominum negligentem et tardam operara.» Ibid.

3. tf Quippe plurimum affert mali , si operario tricandi potestasfiat. y> Ibid. Tricari, d'où vient notre mot Irtgauder, user de détours , de finesse , transiger avec son devoir, rend mieux la pensée du grec que le verbe mtiMr- ^cfSioupY^iv , ditXénopbon ; c'est tromper, trablr le puittre, c'est frauder, mal servir.

4. Le texte porte : Souffrez que les ouvriers fassent flitl leur devoir, et aussitôt il y aura dans 1a somme eu triftll une différence de moitié.

vout mesme chemin , il y a à dire de l'an k l*aotre en diligence vingt et cinq lieues pour anqaante^ ; et si seront tous deux jeunes, et tous dem sains : mais c'est quand l'un se despesche #tller la part qu'il s'est acheminé , et l'autre prend son ayse, se reposant autour des fontaines et ï l'ombre, et s'amuse k regarder par ci par lk,cerchant l'haleine des vens frais et gracieux ; Jemesmes pour avancer l'ouvrage, il y a bien grande différence de ceux qui font ce pour quoy il sont là , et ceux qui ne le font point , ains emhent excuse de rien faire, et à qui on souffre de muser ainsi ^^ et pour vray d'adviser a bire bien travailler ou travailler mal, il y a bien autant k dire de l'un à l'autre , comme de IraiTailler, k chômer du tout. Comme en voyla i}ui beschent la vigne, k fin que le sep soit tont net de toutes herbes *, et ils la beschent de sorte que l'herbe y viendra plus que devant

i* Il est question de stades dans le grec : u Deai voyageurs, ditXénophoD, laisseront entre eux une distance le cent stades , dans une route de deux cents.» 200 stades Misaient guère plus de 8 de nos lieues; et d'après nos mesures actuelles , Févaluation du stade, que Ton représentait autrefois par 125 pas géométriques , ou plutôt par Mtoi8es,5 pieds, donne 184 mètres, 83 cent., 4 mill. ; 200 stades égalent donc 3 myr., 6 kil., 990 m., 76 c, 8 mill.

1 «Ut in itinere c'onficiendo sspe dimidio maturius perVenit is , qui naviter et sine ullis concessationibus permeabit, quam is qui, quum sit una profectus, umbras arborom fonticulorumque amœnitatera vel aurae refrigerationem captavit; sic in agresti negotio dici vîx potest quid nmisoperariusignavo et cessatori praestet. » Columelle, XI. 1.

2o6 LA MESNAGERIE

et plus belle : ne diras tu pas que c'est vrayement chômer? C'est doncques cela qui gasle* les maisons beaucoup plus que la plus grande ignorance de la mesnagerie qu'on pourroit penser. Car qui envoyera de l'argent de sa maison, faisant despense entière, et ne fera pas les besongnes k demy pour servir h lamise^, meshny il ne se faut pas esbahir , si ce mesnàge ao lieu de richesse ameine pauvreté et souffrance. Mais certes mon père m'enseignoit k moy et practiquoit luy mesme la meilleure et plus souveraine règle de mesnagerie champestre qu'il est possible, pour ceux qui se sçavent soucier de leurs affaires, et qui font estât biai à poinct de l'agriculture. Car il ne souffroit point qu'oo achetast une ferme bien cultivée et bien agencée, mais conseilloit de mettre son argent en une qui fust oisive et desplantee ou pour la nonchalance ou pour l'impuissance de son maistre'^ pour ce, disoit il, que les lieux bien agencez sont k hault pris a qui en veut, et après leur valeur ne peut augmenter. Or pensoit il que ceux qui ne peuvent croistre en valeur, ne don-

1. Ici gaste a conservé la force de son étymologie latine, vaslal, ruine : v., pour ce mot, mon édition de quelques Yies de Plutarque, traduites par Amyot, p. 94, n. 1; eU Estienne, de la Precellence, p. 245, et la dissertation. de Saint-Evremond sur vaste, t. iv, p. 188(éd. in-16del753].

2. S'il arrive en effet, faut-il dire, que Ton foumisse largement, sur sa fortune , aux frais qu'entraîne la cnltore des terres , et que Ton n'en tire pas des revenus uuz abondants pour subvenir à ses dépenses....

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