‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 146 sur 293 · ES REGLES DE MARIAGE DE PLUTARQUE · texte numérisé non relu

ES REGLES DE MARIAGE DE PLUTARQUE

que à Pollion ^ et Eurydice *, nouveaux mariez, salut.

îs la saincte loy du pais qui vous fut chan- • la presbtresse de Ceres^, lors que vous joincts par mariage , si maintenant,

' ce traité, dont Wyttenbach a dit avec raison : est materia libelli , suavior etiam forma, » v. la Plularque, par Dacier, c. 20. Outre La Boëtie et il eut encore plusieurs traducteurs dans le XYi* ihan Lodes de Nantes donna a du Gouvernement ige p une translation de grec en latin et de latin en î français, Paris, 1535, in-16, et petit in-8°, 1545; re version française en parut à Lyon, 1546, in-S", née, suivant Du Yerdier, qui ne nomme pas ran> >aris, 1548, in-16. Jacques de La Tapie, fit même ( en rythme françoise les préceptes nuptiaux, » 559 : V. Brunet, Manuel du Libraire, dernière lU, p. 785.

'sonnage d'ailleurs inconnu, sius, de ScripL HisL phil,, III, 6, avance qu'Eutait la fille de Plutarque; mais il n'allègue aucune à l'appui de ce sentiment. Cf. Ménage , Disserl. mhus fhilosophis,%1A'y Fabricius, BibL gr., vol.

usion à un usage local, dont il n'est pas fait menis d'autres auteurs : cf. Questions romainesy S 29. ^s , protectrice des mariages , on peut d'aiUeurs vins,tn not.adjEn. IV, 58; Augustinus, de Civit, , 16.

Ml

suivant cela, je vous fay sur ce propos un discours pour vous unir tousjours de plus en plus, en manière d'un second chant nopçal, il pourra estre, à mon advis, aucunement proufitable, et s'accordera avecques la loy qui vous fut declareci vos nopces. Or en la musique, mesmes aujeade la flûte , jadis entre les façons de chants il y en avoit une, laquelle pour sa singularité on appelloit hastecheval * , pour autant , je crois , qu'elle avoit quelque vertu de donner aux chevaux courage de tirer au charriot ; et en la philosophie, entre plusieurs et beaux propos qn'dk traicte, je ne croy pas qu'il en y aye un pte digne que le nopçal. C'est cestuy ci que nous avons en main, au son duquel la philosopbie rend doulx, privez et paisibles ensemble, ceux qui par la communion de la vie s'assemblent, et deviennent de deux un^. Doucques ayirt assemblé en quelques comparaisons briem (pour estre plus aysees k retenir), quelques som- i maires de ce que vous avez souvent ouy dire | a plein sur ce subject, ayans esté nourris tois i deux en la philosophie, je vous les envoyé ptf j un présent commun k l'un et k l'autre. Mais des \ le commencement, je veux faire prière m

1. V. à ce sujet Plutarque, Sympos., VII, 5 ; EIieD,iM animal,, XII, 44 j Clément d'AlexaDdrie , Pœdag.,lh p. 164.

2. Cf. Plutarque, de l'Amour, c. 31, trad. d'Amyot : «U déesse Venus, dit celui-ci , par le moyen de Pamoiir, «igendre une amitié et meslange de deux en un. »

DE PLUT ARQUE. 27S

Muses, qu'elles vueillent estre en vostre mariage compaignes et aydes de yenus^ Aussi, i la yerité, une lyre ne leur seroit pas mieux séante, ny une guiterne^, que de mettre un leeord bien advenant en la maison , et au maîage, par un doulx parler, par quelque harmolie, par la philosophie^ Voylà pour quoy les an-

I. Plntarque , Banquet des sept Sages , c. 38 , en Mf ofTraDt des idées semblables, nous permet de le cornurer à lui-même : u Les Muses , dit Mnesiphilus , se laindroient merveilleusement et non sans cause de ms , si nous estimions que leurs ouvrages fassent des dures ou des flûtes, et autres tels instrumens de muqne; non pas instruire les meurs et addoulcir les pasans de rame de ceux qui se délectent des chansons, tmoiiies et accords de la musique : aussi doncques «til que nous confessions que Tœuvre de Venus n'est M rassemblée ny la meslange des corps, mais bien Tafetion, l'amitié et la familiarité qu'elle nous engendre des is envers les autres. y>Trad. d'Amyot. Cf. Xénophon, Qinquet, c.8,édit. de Paris, in-folio, 1625, p. 895. 1 Bonav. des Periers a traité, dans le dernier de ses iseours non plus melancholiques que diverSy « de la •Diere d'entoucher les guiiemes et les lues ( luths, «me on écrivait aussi ; v. Ménage, DicL éiytn., à ce lOt), 9 c. 21 : i( Depuis douze ou quinze ans en çà, dit-il, «t nostre monde s'est mis à guiterner,.,, en manière Be TOUS trouverez aujourd'hui plus de guilerneurs en rance qu'en Espaigne, etc. y> Dans la discussion qui suit ir l'origine et la nature de cet instrument , il prétend 1*11 ressemble fort au a tetracorde de Mercure, » dont irie Boèce au premier livre de la Musique. 3. «Certainement Venus est l'ouvrière de la concorde, t mutuelle bienveillance qui est entre les hommes et it femmes, meslant et fondant ensemble, par le moyen e la volupté, les âmes avecques les corps. » Banquel asept Sages, c. 42. «Je ne sçay, dit Montaigne, Ess.^

â76 REGLES DE MARIAGE

ciens assirent sur mesme autel Venus et Mercure, comme voulans dire qu'au plaisir de mariage, le doulx parler y est necessairemeat requis; et pareillement assemblèrent ils Suadelle* et les Grâces, pour monstrer qu'il faut que le mary et la femme obtiennent l'un de l'autre ce qu'ils désirent par doulces paroles et persuasions, sans débat ny querelle. Solon o^ donna que la nouvelle espouse ne coucbast point avecques son espoux, qu'elle n'eust mangé d'une pomme de coing ^ : voulant déclarer ainsi couvertement, k mon advis, qu'il faut devant tout aux mariez la grâce de la bouche et da parler doulce et advenante. En Bœotie ils couvrent l'espouse et la couronnent d'asperges, pour ce que ceste herbe, d'un chardon aspre et poignant, jecte un fruict merveilleusement doulx ; et aussi la nouvelle espouse, k qui ne se

in, tf, qui a peu malmesler (brouiller) PaUas et les Mutes avecques Venus elles refroidir envers l'Amour; maisie ne voy aucunes divinitez qui s'adviennent mieux oy ^ s'entredoibvent plus : par ainsi on charge les dames protectrices d'humanité et de justice du vice d'ingratitade CLt de mescognoissance. y> Cf. Plutarque, de VAtnwrf c. 36, et Themistius, Ora(., XXIV, p. 903 del'édit.di Louvre.

1. Pilho ou la persuasion : Sur cette alliance, cf. Hésiode^ Les travaux et les jours, v. 73 ; Phumutus, TkHirif ^ de la nature des dieux, c 24 ; Pausanias, IX, 35; Seneet, Benef., l, 2.

2. Cf. Plutarque, Vie de Solon, c. 37, Questions nh maines, S 6tf ; Petit, in Leg. AIL, p. tt47; et sur le eoieg, que les anciens prisaient fort pour son odenretseseffeU iahitaires, voy. PUne, XV, 10 ; XXIII, 6 ; Pollux, VI, «^

desgoute pas et ne se fasche pas pour sa première estrangeté et amertume, donne un singulier plaisir pour la compaignie d'une vie doulce et privée^ : mais ceux qui ne peuvent souffrir les premières rudesses des filles, c'est autant, ee me semble, comme si quelqu'un quitoit k un tttre le raisin meur, pour avoir trouvé amer le verjus de grain; et aussi plusieurs nouvelles inriees, ayans prins en haine leurs maris, M fait tout de mesmes, comme qui endurereroit bien la picqueure des abeilles, mais après bîsseroit les rais de miel ^. Surtout il faut que les nouveaux mariez se donnent bien garde

Page 1