‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 147 sur 293 · Cf. Plutarque, de V Amour, c · texte numérisé non relu

Cf. Plutarque, de V Amour, c

2. Ceux qai, pour avoir été piqués par une abeille, laissenieDt les rayons de miel. De ray avait été Torraé rayer , ive H. Estienne, p. 149 de la Precellence , signale parmi «8 verbes de bonne grâce dont se servaient nos ancêtres : c Gomme, il luy feit le sang rayer par la bouche et par e oez ; on diroit aujourd'huy couler, lequel terme ne re- ^resenteroit pas si bien à nos yeux la chose. » Rayer l'existait donc plus dès lors; mais ray (primitivement raid, radius) était Tort employé; Bon. des Periers, dans une pièce charmante à Jeanne d'Albret, où il plaint le court destin des roses, les montre naissantes

Aux premiers rais du chaud soleil levant... Ce mot devait exister cancurremment avec rayon, jusqu'à l'époque de Yaugelas, qui déclarait dans sa 194' Remarque: a Rais pour rayons ne se dit plus de ceux du solail, ni en prose ni en vers, mais se dit de ceux de la lune en vers et en prose. y> De là. Chapelain, dans sa PueeUe, en parlant de la lune :

Et de ses rais fait honte aux rayons du soleil.

Ob Be eonnatt plus guère aujourd'hui que les rais d'une roue.

qu'ils ne s'entrepicquent et offensent l'an Vautre, ains qu'ils ayent cela devant les yeux, qu'au commencement, quand on vient k former les vases k la fonte, ayseement par la moindre chose se viennent ils k résoudre ; mais avecques le temps, quand les joinctures se sont prinses et consolidées, lors avecques le feu et le fer k peine les peiil on desfaire. Ainsi que le feu s'allume ayseemeat k la paille* , et au poil de lièvre, et aussitosi est il esteint, si de Ik ne se prend k qœlqie autre chose qui le puisse garder et entretenir ^ tout de mesmes faut il penser qu'il n'est riei moins de durée, ny moins asseuré que le poignant amour qui s'enflamme aux nouveau mariez, pour le plaisir du corps et la fleur de l'aage , sinon que ceste affection puis après s'assie et s'arreste sur les bonnes meurs et conditions, et par ce moyen, se prenant ï l'esprit, elle vient soudain k se rendre d'une qualité spirituelle et animée^. La pesche avecques les drogues venimeuses qu'on fait, prend bien

1. Au bouillon blanc (6pua>XiSi , plante d'où les andeos tiraient une espèce d'étoupe dont ils faisaient leurs mèches de lampe], ajoute ici le grec, non pas néanmoiBi dans toutes les éditions, mais dans le plus grand nombre. Amyot, qui avait omis d'abord ce détail dans sa tradaction, a ensuite replacé à la marge de son exemplaire 1< mot qui Texprime.

2. La Boëtie a beaucoup mieux compris qu'Amyot cette phrase diflBcile dans le texte. Sur ces idées, cf. Xénoplien, Banquet, loc. laud., et Plutarque lui-mtoe, Uûiéét l'Amour, e, 56, 58 et 00.

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soudain et fort ayseement le poisson, mais elle le rend de mauvais goust et tel qu'il n'est pas bon k manger*, et pareillement celle là qui, emme par bruvages et charmes qu'elle invente mtre son mary, le veut gaigner par la vo- Ispté, n'y fait autre proufit, sinon qu'il luy conrieot après vivre en la compaignie d'un homme moordy, insensé et tout abastardy. Car certes ùieé ne receut nul plaisir de ceux qu'elle transhmia avecques ses bruvages^ , et ne se souvint neunement de ceux qui devinrent asnes ou pourceaux ; mais k bon droict et sagement porta celle grande affection k Ulysse, homme fâitendement, qu'elle tint en sa compaignie. Celles qui ayment mieux maistriser un mal Hhrisé qu'obeïr k un sage, semblent k^ ceux [ui choisiroient plustost de conduire un aveuîle par le chemin que de suivre un bien enendu et clairvoyant. Elles ne veulent pas croire [ttePasiphaë% qui avoit la compaignie d'un oy, devint amoureuse du bœuf, et voyent bien aaintenant maint' une qui desdaigne son mary evere et chaste, et se plaist plus de la compaipiie de quelques gens du tout abandonnez .omme chiens ou boucs k leurs dissolutions

1. Odys., X, V. 136 et suiv.; cf. Virgile, EgL, VIH, 70; >ride, Melam,, XIV, S 1 ; Hygin, Fab. 125 et 109.

% Aujourd'hui encore on dit : Il n'a que le semblant du courage, c.-à-d. ce qui ressemble au courage.

3. Virgile, EgL, VI, 45; En., VI, 24; Ovide, Her ,• IV, IW et 165; Hygin, Fab, 40, etc.

et voluptez. Ceux qui ne peuvent monter !i cheval pour raison de leur débilité ou mollesse , apprennent les chevaux k se mettre en bas et k genoux ; ainsi plusieurs ayans prins des femmes de haut lieu et fort riches^ ne se rendent pas eux mesmes en rien meilleurs ny plus dignes , mais rabaissent leurs femmes, comme s'ils s'attendoient d'en chevir mieux^ quand elles sont ainsi rabaissées^. Or faudroit il , gardant et la hauteur du cheval et la valeur de la femme, user de la bride. Nous voyons la lune, quand elle est esloignee du soleil, claire et luisante, et puis estant près de loj, elle se pert et se cache ; mais la femme sage au contraire, il faut qu'elle paroisse fort, estant avecques son mary , et qu'elle garde la maison, et ne se monstre point, quand il est absent.

Hérodote a eu tort de dire * que la femme avecques la chemise despouille la honte'-, ains

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