‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 154 sur 293 · Cf. Juvénal, Sa«., VI · texte numérisé non relu

Cf. Juvénal, Sa«., VI

%De Legibuê, l.Y, t.vii de la trad. de M. Cousin, p. 281 H 282; cf. Stobée,t. LXX; Jamblique, Vie de Pylhagore, i 167 ; Plutarque a lui-même répété plusieurs fois cette ^tion dans ses OEuvres morales : v. le traité Ael* Amitié fnUmelle,c,2i; etc.

3. Cf. Platon , liv. cité ; Aristote , de la Démarche des animaux, e. 6; Antholog,, épig. I, 46.

4. Passion désigne ici ce que l'on souffre , comme se fouUmner, un peu plus baut, avait le sens de s'affecter, ^^figer.

à l'autre en change un amour réciproque. Car la nature mesle l'homme et la femme par \% nion des corps, pour prendre de tous deux qndque part, et puis après l'ayant meslee, rendnr k tous deux en commun ce qui en proviendnv mais de telle façon que l'un ny l'autre ne puine discerner ne recognoistre ce qui luy appartiatf en seul , ne ce qui est k l'autre. Doncques 1 faut surtout qu'entre les mariez il y aye une telle communion de biens, qu'ayant tout assemblée! meslé, n'y aye celuy d'eux qui estime l'une chose particulièrement sienne, et l'autre non, maistoat sien et rien d'autruy. Tout ainsi qu'en la mor lange* du vin et de l'eau, encores qu'il y àye éb l'eau plus largement , si l'appelions nous to!»^ jours vin : ainsi faut il dire que le bien et la mai' son sont du mary, encores que la femme y m aye apporté plus que luy de son costé. HeleiiR| aymoit les biens, Paris, le plaisir^ Ulysse estdt sage, Pénélope chaste : voylk pour quoy le mariage de ceux ci fut heureux , et mérite qu'on l'honore et qu'on s'essaye de l'ensuivre-, et le mariage d'Heleine et Paris apporta une grande Iliade de maux aux Grecs et aux Troyens.

Un Romain fut blasmé par ses amis de quof il avoit fait divorce avecques sa femme sage, riche, jeune et belle ; et il leur tendit son

1. On a vu déjà dans un passage cité de Montaigne, P* 275, n. 1, que meslange était alors du féminin, a Faire de plusieurs corps une meslange, y> dit aussi Micot.

ttlier : Si est bien aussi ce soulier bel et uf k le veoir, dit il ^ mais nul ne sçait où il i blesse ^ Il ne faut doncques point que la Dme mette grand espoir ny en sa race, ny sa beauté *, mais qu'elle s'advise aux accius qui surviennent aux façons , aux propos mmuns, qui sont choses qui touchent de plus » aa cœur du mary ^ mais qu'elle s'advise , \ je, en cela , de n'estre ny rude , ny faseiise, mais advenante, plaisante et amiable^.

i* Ce trait, qui n'est pas^ comine on Ta dit, particuUer >aal-Einile^ est seulement raconté par Plntarque dans rie de ce Romain, c. 7. «C'est qu'il y a quelquefois, ajoute ■teor (trad. d'Amyot), de petites hargnes ( d'où harmx) et riottes ( rixa, disputes ) souvent répétées, proientes de quelques fascheuses conditions, ou de quele diftsimilitude et incompatibilité de nature, que les trangers ne cognoissent pas; lesquelles, par succession temps, engendrent de si grandes aliénations de vo- Btez entre des personnes, qu'elles ne peuvent plus vivre 'btbiter ensemble, n Ib, Cf. Hieronymus,adv. Jovinian., ^38.

i. Aimable, gracieuse : terme alors fort employé, dont iiige est beaucoup plus restreint aujourd'hui. Marot , lus ses Epigrammes, en célébrant un baiser:

Ce franc baiser, ce baiser amiable, Tant bien donné, tant bien receu aussi, Qu'il estoit doulx !...

Louise Labé, la belle cordiere, dans un de ses sonnets ni), demande à son ami d'être animé pour elle ,

Non de rigueur, mais de grâce amiable.

Brantôme, Discours IV, cite ces vers sur Elizabeth de France ;

Heureux le prince à qui le ciel ordonne

D'Elizabeth Vamiable accointance !

LaBoëtie. 15

Car tout ainsi que les médecins sur toutes fièvres craignent celles là qui viennent de causes incogneues et amassées peu à peu, et n'ont pu tant de peur de celles qui sont apparentes el desquelles on sçait les occasions, tant soient elb grandes ; ainsi ces petites offenses et noiseï^ qui viennent sans cesse a tous propos entre 11 mary et la femme, de quoy peu de gens s'ap^ perçoivent » ce sont celles là qui gastent le pis et deûnissent^ la compaignie du mariage.

Philippe le roy s'énamoura' d'une femme de Thessalie-, etl'accusoit on qu'elle ravoitcharmé :

1. (Noxa); de là noueux, c'est-à-dire , quereUeur, 111% sible: tf Les François, dit Bon. des Perriers, Dise,, c, IS^ ont toujours fait grands faits d'armes sur leurs voisiai, non tant pour s'enrichir que pour dompter les fiers al 1 noiseux.y* . |

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