‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 157 sur 293 · Des dons, porte l'édition originale ; faute évidente · texte numérisé non relu

Des dons, porte l'édition originale ; faute évidente

ceux qui espousent femme, ayans bien conté combien elle apporte , et n'ayans point d'esgard quelles qualitez elle a pour la compai' gnie de la vie. Socrates vouloit que les enfans quand ils se regardoient au miroir, s'ils se tronvoient laids, qu'ils meissent peine de reparer cela par vertu ; et s'ils se trouvoient beaux, qu'ils s'advisassent de ne faire point par le vice déshonneur à la beauté * . Doncques ce qu'il faut que la femme face quand elle se mire , c'est qu'elle die k soy mesme , si elle est laide : Et que sera ce de moy, si je ne suis sage' ? Car c'est chose honorable k la laide quand elle est aymee, non pour estre belle, mais pour estre bien conditionnée^.

Le tyran sicilien* envoya aux filles de Lysandre des habillemens et joyaux des plus riches qu'il eust ^ mais Lysandre ne les print point,

prêtée à La Boëtie. Le grec dit |iY)5è toTç $axTvXoiç, ee opposition à 6 |i|jLa a t ; U ne faut se marier ni sur le rapport des yeux, ni sur celui des doigts, ni par foUe passion, ni par calcul intéressé.

1. y.Diogène de Laërte, II, 33, ay. notes deCasanbonet de Ménage. Cf. Stobée, tit. 3; Pbèdre, Fab., III, S; Fabkt de Gleim, 1. 1^ f. 21 et 22 (BerUn, 1756, in^<*), et de Boidlenger, 1. II, f. 9 (1754, in-12).

2. Et si elle est belle, que sera-ce, si je suis sage? ajoute le grec ; membre de phrase indispensable, et doot on s'explique peu l'omission.

3. C'est-à-dire^ pour avoir de bonnes mœurs. Sorci^ mot conditionnée, v. p. 169, n. 1.

4. Denys l'ancien : y. à ce sujets Plutarque, Vie et U^ sandre, c. 3; Apophth, des Rois et CapiL, c. 61; etc.

DE PLLTÀRQUE. 293

: Ces paremens* feroientplusdedeshonnés filles, qu'ils ne les pareroient d'or, it dit Sophocle devant^ Lysandre:

ces joyaux, dont tu fais si grand conte % *^ n'est point, ce n'est point parement ; c'est plustost ton reproche et ta honte, défaut de ton entendement^

ement, comme ditCrate^ c'est ce qui >r cela qui rend la femme plus parée, n pas l'or, ny l'esmeraude, ny l'escards tout ce qui luy fait une apparence lintien grave, d'une façon bien ordonme modestie. Ceux qui font sacrifice k iere Junon®, ne consacrent point le fiel demourant des hosties, ains l'ayans

ires (b. lai. paratnenlum) : on disait alors cham-^ rement pour chambre de parade.

%nt pour avant se retrouve encore employé au ;te^ Molière, dans les Précieuses ridicules , fait iscarille, se. 10: «Quand j'ai promis à quelque crie toujours : Voilà qui est be^nl devant que les B soient allumées.»

's se confondait alors le plus souvent par l'oravec compte, aussi bien que conter avec compter; n.l.

rers, que nous a conservés Plutarque, qui seul is les a cités, ont été recueillis par Brunck^ in ophocl., t. II, p. 43. Cf. Masonitts, ap. Stobcsum,

es. Il 7 eut de ce nom plusieurs personnages et sieurs philosophes célèbres ; le plus connu et li Plutarque parait faire ici allusion, est le cynipie de Diogène et maître de Zenon, lit que cette déesse sous le nom de Héra, chez sous celui de Lucine, chez les Latins, présidai!

tiré a part, le jectent derrière l'autel*: c'est que celuy qui establit ceste loy vouloit cou^e^ tement donner k entendre, qu'il ne faut jamais qu'il y aye cholere ne courroux au mariage. Car il faut que le bon esprit de la femme de bien aye poincte, comme le vin , doulce et proufitable, non pas poincte amere et sentant b la drogoe' comme l'aloé'.

aux mariages ; Athènes lui avait consacré le mois de iuvier, appelé par ce motif ra(jLTiXi(ov , nuptial. V. Ovide, Fastei, II, 451, et Plutarque, QuesL row., S T7 et 87.

1. Sur cet usage, on peut consulter avec fruit une ditsertation curieuse qui a paru en Allemagne : «Roraed, J. Gh., comment, de nuptiis sine fêle, ad Plutarchi prsc nupt., 4, Dresd., 1747. ï»Gf. Brisson, deRitu niip(.,p.3!l

2. Sentir la myrrhe, dit Nicot. Sentir à la drogue, «t un de ces tours que le judicieux Estienne Pasquier reprochait à Montaigne, quand ils se trouvèrent ensemble c< en la ville deBlois, lors de ceste fameuse «Hembleedei trois estats de Tan 1588... Gomme nous nous proneoiMi | dedans la cour du chasteau , i\ m'advint de luy dire qvH ! s'estoit aucunement oublié de n* avoir communiqué mb | œuvre à quelques siens amis, avant que de le publier, ; d'autant que l'on y recognoissoit, en plusieurs lieux, je m | sçay quoy du ramage gascon..., chose dont il eust penre- \ cevoir advis par un sien amy. Et comme il ne m'en voM ; croire Je le menay en ma chambre , où j'avois son Mnt] , et là, je luy monstray plusieurs manières de parler, fuillieres non aux François, ains seulement aux GascoM..** Il cite entre autres celle-ci : «c Ges ouvrages seatest à l'huile, et à la lampe, v* Lettres, XVIII, 1.

3. Aussi dit-on : amer comme Valoès. G'est une plaile de l'Afrique et de l'Asie, dont on tire une aorte de rééN employée en médecine , et qu'il ne faut pas eonfoadre a«*e celle dont parle M. de Ghateaubriand dans les NakkUt fin dul. XI : ccTeU'aloès américain, au bout de cent prfitemps, ouvre sa fleur aux regards de Taurore.»

Platon disoit à Xenocrale, qui avoit un peu a façon rude, et au demeurant homme de mk et fort honneste* , qu'il sacriflast aux Graes^ : aussi croy je qu'à une femme chaste est )rl besoing qu'elle aye de la grâce beaucoup, et e la courtoisie envers son mary *, a fin qu'elle disse ayecques luy demeurer en joye et plaiir, et que pour estre chaste, cela ne soit pas ccasion, comme dit Metrodore*, de courroux et e noise. Car bien qu'une femme soit mesnaère, si faut il qu'elle soit propre et nette ^ et oaû pourtant qu'elle soit chaste, si est il be- Hiig qu'elle s'advise d'estre gracieuse et courlige : car la rudesse et le parler rigoureux Budent aucunement dure et desplaisante la sa-

!• V. Diogène de Laërte, II, 1 et 18 ; IV, 2; V, 4 ; VII, .Ce disciple de Platon ftit, dans la direction de Tacadélie, Ters 339 av. J. G., le successeur de Speusippe qui rait remplacé son maître. Sur Xénocrate, cf. Plutarque, lidePkoeion, c. 37; Cicéron, De Off,, I, 30; Tusc, V, I; Aead., I, 4 ; Pro Balbo, c. 5 ; Valère-Maxime , II , 10 sit. 2); IV, 3 (eit. 3).

S. Montaigne rappelle ce trait dans les Eisais^ II, 17 : Qaoique j'entreprenne, je doibsun sacrifices aux Grâces, Marne dit Plutarque de quelqu'un, pour practiquer leur nreur... Elles m'abandonnent partout. » Gf. Plutarque, $ l'Amour, C.67.

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