Ainsi s'exprime Ulysse
4. S'il se fût contenté de dire...., c'était aussi bien dit que possible, qu'aucune autre chose....
8 DE LA SERVITLDE
Toutesfois à l'adventure il faut excuser Ulysse, auquel possible lors il estoit besoing * d'user de ce langage , et de s'en servir pour appaiser la révolte de l'arnaee, confornaant (je croy) son propos plus au temps qu'à la vérité. Mais à parler à bon escient, c'est un extrême malheur d'estre subject à un maistre , duquel on ne peut estre jamais asseurc qu'il soit bon, puisqu'il est tousjours en sa puissance d'estre mauvais quand il voudra -, et d'avoir plusieurs maistres, c'est autant que d'avoir autant de fois à estre extrêmement malheureux. Si ne veux je pas pour ceste heure debatre ceste question tant pourmenee^, assçavoir^ si les autres façons de
1. Peu après, Nicot, dans son Thresor , prescrivait d'écrire et prononcer besoing sans g , et cette lettre devait bientôt être éloignée aussi de soing, de loing, tesmoing, etc.
2. Pourmener, aujourd'hui promener ; pourmenemenl signifiait promenade, pourmenoir, lieu où l'on se promène. Du Bellay dans ses Jetio; rustiques :
Je ne veux plus me pourmener en coche.
Mais ici l'acception du mot est figurée. Il signifie agitée, disculée: c'est à peu près dans ce sens que Brantôme nous parle des dames qui une veulent pas estre scandalisées ny pourmenees par le palais tant soit peu de la bouche des hommes. »
3. Assçavoiry fort usité dans notre ancien langage; on lit dans le roman du Châtelain de Coucy , œuvre du xiii« siècle :
El se je puis jornee avoir Je le vous feray assçavoir,
u Amyot, dit Du Verdier, dans sa Bibliothèque, au nom de cet écrivain , a la vertu qui est singulière en escriture
republiques sont meilleures que la monarchie ^ A quoy si je voulois venir, encores voudrois je sçavoir, avant que mettre en double , quel rang la monarchie doibt avoir entre les republiques, si elle y en doibt avoir aucun, pour ce qu'il ^ est malaysé de croire qu'il y ait rien de public en ce gouvernement, où tout est k un. Mais ceste question est réservée pour un autre temps, et demanderoit bien son traicté à part, ou plus tost ameineroit quant et soy toutes les disputes politiques.
Pour ce coup, je ne voudrois sinon entendre^
parfaicte, assçavoir le langage du commun et du peuple, et la liaison du docte.» Et dans le même article cette foraie est répétée encore trois fois. Assçavanté signifiait instruit ; assçavanler , instruire. Rabelais, dans une épître en vers , adressée à son ami Jean Bouchet :
De ce j'ay bien voulu ta seigneurie
Assçavanter ....
1. Voy. sur cette question Hérodote, III^ 80-84^ Polybe, VI, 3 ; Plutarque, GouvememenU comparés,
2. Le père Bouhours dit que , du temps de M. de Yaugelas, parceque et pourceque étaient encore bons; mais que le premier Ta emporté sur le second qui n'est plus en usage; Toy. les Remarques de Vaugelas sur la Langue Françoise, avec des notes de Patru et T. Corneille , 1. 1 , p. 192 et suiv.
3. JeYoudrais seulement apprendre.... Observons ici pour Torthographe, qu'à cette époque on écrivait simultanément je voudroye (forme qui vieillissait), je voudroy , je voudroys , je voudrois ( forme alors nouvelle ) : des variations semblables existaient dans d'autres temps comme à d'autres personnes des verbes, et enfin pour la plupart des mots. C'est ainsi que pendant le xvi' siècle, on écrivait très-souvent encore la première personne de l'indicatif présent sans s : yenlen, je pren, etc. Dans cette manière de conjuguer^ fentm, tu entens, il entend,
s'il est possible et comme il se peut faire que tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquesfois un tyran seul, qui n'a puissance que celle qu'on lui donne ^ qui n'a pouvoir de leur nuire, sinon de tant* qu'ils ont vouloir de l'endurer ^ qui ne sçauroit leur faire mal aucun , sinon lors qu'ils ayment mieux le souffrir que luy contredire. Grand'chose - certes, et toutesfois si commune , qu'il s'en faut d(^ tant plus douloir^ et moins esbahir*, de veoir un
on entent, il y avait cet avantage , que l'omission du pronom, quelquefois heureuse , bien que généralement condamnée par Ronsard et Du Bellay, pouvait avoir lieu sans que le sens fût troublé , sans qu'il y eût confusion de personnes.