‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 175 sur 293 · A plus d'un · texte numérisé non relu

A plus d'un

■mde occasion de desordre. Et si avois tu Mirry eeluy là de tes propres mammelles% et Mir luy avois enduré Tincision d'un tetin qui Mtoit fendu tout autour. Ce sont vrayement s^ chefs d'œuvre d'un bon cœur et noble, et one vive affection. Mais la pluspart des ores, nous les voyons prenans entre leurs bras nrs enfans, tant qu'ils vivent des mains d'au- ■y*, pour les servir*, ce semble, de passemps; et puis, quand ils sont morts, iudiscrement elles s'abandonnent à un dueil vain et os raison ^ non pas d'amitié qu'elles ayent^ <: ir l'amitié certes est une belle chose et pleine t modération et prévoyance -, mais pour vray, abondance d'une vaine ambition^, qui est eslee avec un peu de passion naturelle, fait ï dueil ainsi sauvage €t enragé, et ce grand «confort Et qu'il soit ainsi, il semble bien l'Esope ne l'ait pas ignoré* : car il dit qu'a-

1. Nicot fait, an sujet de ce mot, uae curieuse remarae, après en avoir signalé Tétymologie latine : <c flinc mÊnmam subinde clamantes infantuli petunt mamroan ii dari , non matrem. »

1 Soignés et parés, tant qu'ils vivent, par les mains iWrui f a dit Plutarque : les deux verbes ont été omis lus la traduction ; de là, légère altération du sens.

3. Tour gascon, du genre de ceux qui ont été signalés ^M, n. S. Servir quelqu'un, disait-on à Bordeaux, pour wrvjr à quelqu'un -, jouir une chose, pour jouir d*une ^e, etc.

4. Non pas en raison d'un sentiment de tendresse.... B.Une vaine ostentation de sensibilité....

6. V. Fables d'Esope, édit. d'Uanptmann, Lips., 1741, «-8", p. 258. Cf. Stobée, titre 10$.

lors que Jupiter partageoit les honneurs entre ti les dieux, le Dueil demanda sa part, et il loy ei a donna, mais seulement k l'endroict de ceux fii qui de leur gré mesme luy en voudroient faire'. Ainsi doncques eu advient il au commencement : car chascun qui a dueil le meine laj li. mesme chez soy . Mais après, quand il y a une f(Ni t gaigné place avecques le temps, vivant et logeaiH i avecques celuy qui l'a receu , il ne s'en va pai k encores lors qu'on luy donne congé. Doncqoef le il le faut combatre des l'entrée k la porte, et noi i pas luy quiter le fort , en laissant son habille- ic ment et son poil et par ^ tous autres pareib i moyens et toutes autres façons, qui se pre- \ sentans k toute heure devant les yeux, et attris» tans la personne, tiennent en serre et diminuent h^ la vigueur de l'esprit, et le mettent en deses- \c poir de trouver issue du mal , et le rendent incapable de consolation, tout obscur et ténébreux , de tant que l'entendement depuis qn'3 s'est parla douleur entourné^ et enveloppé de

1. Le même apologue est présenté d*ane maDiére plu étendue et plus intéressante, ConsolalUm à ApoUomt, c. 36, et placé dans la bouche d*un ancien philostphe qui voulait consoler Arsinoé, reine d'Egypte. Cf. Jas* blique. Vie de Pythagore, $S 122, 123.

2. En déchirant ses habits , arrachant ses chCTem, et faisant usage de.... Cf. Lucien, de Luetu, S 12.

3. Pour entouré. Sur ces idées, cf. Homère, Odys,,Vff 1(M; Euripide, ii2(;e<(e,v. 350. L'Hospital disait aussi à Cb' de Lorraine que dévorait la mélancolie, EpisL,\. II, ttU- '

Quid maie tam de te méritas data munera oœlo Respuis, et suavem tibi rerom subtrahis usom ?..•

S tristes habits, il ne se fait aucune part ny I rire en compaignie, ny de la lumière, ny

la bonne chère, et de la plaisante et joyeuse Ue de ses amis. A ce mal de la tristesse se nt volontiers la nonchalance de sa per<* me, et un despit contre la coustumiere façon, iques à ne se vouloir ny estuver* : là où il loil que Tesprit feist tout au contraire pour

geeourir et ayder, par le moyen du corps n et vigoreux. Car certes quand le corps . sain et en sa gaillardise, une grand'partie Tennuy s'abat et se relasche, comme le flot an beau jour quand le temps est calme ; lis si on laisse le corps rouiller et durcir par mal gouverner, et qu'il n'envoyé plus rien : bon ny de gracieux k l'ame, ains seulement mme des ameres et fascheuses fumées, certes ^and'peine se peut on ravoir , encores qu'on

Yueille : si grandes sont les passions qui isissent l'ame ainsi malmeinee. Encores m'asure je tant de toy, que pour ton regard en ;ci, je ne crains point une chose , qui est bien 1 tel cas la plus grande et la plus à craindre : '. sont les visites d'un tas de mauvaises femles, leurs voix plaintives , et la recharge de iors complaintes, avecques lesquelles elles Ht accoustumé de frotter par manière de dire !t refraischir et irriter la douleur, ne permet-

1. Pai même laver, baigoer.... Estuveur , baigneur; '^(urei, bains : de slubœ, basse lat., même sens ; t. Vos- *»as, de Vitiis sermonis, IT, 17.

tans point que le dueil ou par autre moyen, ou bien de luy mesme se vienne à flestrir, et sV mortisse. Car je sçay combien tu eus de ^m n'a guieres^ quand tu secourus si bien la mnt de Theon^, et combatis si bien celles Ik, qû, oultre le dueM qu'elle avoit en elle, luy faisoieit encores, avecques les assaults qu'elles luy ditnoient des cris et des pleurs', comme pourvn; si elles eussent eu envie d'y mettre le feu^. ùt si on voit brusler la maison de son amy, oi esteint la flamme le plus tost que Ion peut, flt à la plus grande haste ^ et quand on le T«t luy mesme se consommer^ en son esprit et M enflammé, on luy attise encores le feu ! Et cettes on n'endure pas, quand quelqu'un a md aux yeux, qu'il y mette la main, encores qu'il le vueille ^ et personne ne touche là où son mI luy cuit : et celuy qui est en dueil demeure tousjours assis, se présentant à tous venans ex-

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