Mot employé p^r Plante et Térence pour re/tàV
POÉSIES LÂTIKES. 36S
Et sponte concedit videri
Dura viris superare natis.' sopi ut illam fertilis ad vada^ pectasse pubes dicitur Hercules, Numenque fulgentemque vultum>
Intrepidus tolérasse coram.
Une illa stabat; parte sed altéra ffget voluptas, cui madidis comœ Florent odoratae coronis ,
Et niveis humeris solutum agatur auinim : purpureœ genœ ovent procaeem vere eupidinem ;' Sed corpus effœtum laborant
Ferre pedes, gracllesque sur»
•uxuque et annis^ : ast anus impudens' alsis juventam picta coloribus Mentitur, exstantemque frustra Dissimulât medicata fucum.
uis cultus almœ, quis fuerit status irtuti, et ori quis décor aureo ,
Cette allégorie célèbre, dont on attribue Finventiorf )phi8te Prodicus , a souvent été reproduite, en prelieupar Xénopbon, Memorab,, II, i, ensuite par Ci- 1, 0/f.,1, 32. On peut lire en outre Siliusltalicus, Pun., 18-128 ;Thémistius, Disc. \\ii% sur VAmUié^kU un; ;laisSpence^ le Choix cC Hercule ; Voltaire, Sésoslris, orie en Thonneur du jeune Louis XVI, Poésies mêlées, , Pour d'autres imitations, cons. les Eludes sur La ie,p. 242, n. a. V. encore à ce sujet dans Gicéron, Ep, am,, V,12, t. XV, p. 395 et 453 de l'éd. de M. Le ;, in-8% Lefèvre, 1821.
ue vers dans Tédition originale est déGguré : on y lit : sque fractœ el luxu : asl anus impudens. Je l'ai réau moyen d'un léger changement et par la suppresd'an mot inutile. Dans quelques autres passages, ait, mais avec beaucoup de réserve, des rectifications i nécessaires et aussi légitimes.
366 POÉSIES LÀTmES.
Nec tento mortalis, ncc ulli Fas fuerit memorare linguse :
(( Alcida, dixity nxan Jove te satum Yulgavit error faraaque mobilis Frustra? en (nefasl j jamjam labantî Dégénères oculos moratur Obscœna pellex. At puer, effuge, ])um fas valenti, porfida mun^a
Queis illa nunc demulcet aures, ks
Mox animo expositura^ virus. -i?
Heu I tanta inerti ne manus otio ^'
Languescat. Ëheu I immiserabilis ^^
Ne vitet addictos honores,
Seque suis viduet triumphis. l-
0 quot iaeertiSy me duce, me duce^ b
Debentur istis monstra? quot urbium :i
Cervicibus graves tyranni ^^
Quos superum tlbi servat ira ? "''
Hœc te manet sors; haud levibus tamen ^^
Sperare noli conditionibus ; ^,
Sed nulla si gnavi laboris , ^.
Nulla tibi vacet hora eur». » '
Tantum labori nil Deus abnuit :
Quippe^ nec undas ipse volubiles, Terrasque, pendentemque Olympum Imperio régit otioso.
Quo vitam inerti^, si minimum interest Yivus sepultis? occupât is mori Qui desides edormit annos 9 Et tacitum innumeratus aevum.
1. On s'étonne et on regrette que La Boette n'ait pis écrit seulement posUura.
2. On ne trouve jamais de trochée (quîppë), i cettf place, dans le vers alcaïque.
3. Tour elliptique, assez rare, pour : quid vita ûi^^' On en trouve un exemple dans Horace, Epist.^ I, ^, ^2'
IT. Ad Musas, de antro Medono"^ cardinalis latharingi^.
Die, 0 Calliope, chori magistra' ; Eia, die, dea; die, soror dearuoa;
11 s'agit d'une grotte que le cardinal de Lorraine s éplu à embellir dans sa résidence de Meudon : V. les des sur La Boëtie, p. 258, 259. L'Hospital, dans une de lÉpiires rappelle aussi le souvenir de ce séjour aimé »rélat; il s'adresse au cardinal de Lorraine, 1. II, p. 80 : ^unc tibi quando vacat tua florida visere rura, Et riguos circum Dampetrse fertilis hortos Ire, veLaerii montem lustrare Medoniy Goojunctum villseque nemus, cœloque minantes Pyramides, excisaque rupibus anira caualis....
Il n'esl guère de poëte qui n'ait à cette époque issé des vers an cardinal de Lorraine; Marot, Du ay, Ronsard, L'Hospital dont il fut le protecteur, Font né à Tenvi. Ses talents et l'élévation de son âme éga- Qt en effet sa fortune : on sait qu'il possédait deux arréchés, quatre évôchés et une foule de grands béné- (. Par politique et par goût, il prodiguait ses largesses^ gens de lettres ; et Bonaventure des Periers, dans une e consacrée à son éloge, célèbre surtout La main lorraine Humaine (libérale), ait, a dit aussi Mézeray, «un vray cœur de roy. » 11 la plusieurs universités, et ce fut à lui qu'Estienne îuier dédia le premier livre de ses Rectrekes, portrait de ce prélat a été tracé avec fermeté et 5se par M. Villemain, dans la Vie de L'HospilaL De son ps on l'avait comparé à Sénèque, mais à tort suivant itaigne , Essais, II, 32 ; on le compara depuis avec si peu de vérité à Richelieu. Bien inférieur k l'un et à tre, mais comme eux, accablé de louanges et de caiDies, il mourut le 26 décembre 1574.
. Ce morceau offre, dans la marche plus encore que
£ia, dicite vos, des sorores.
An vos rivus habet, jugum, vel antrum'? Nam vos rivus habet, jugum, vel antrum; Sedes incolitis quietiores^, Assuestisque jugis adhuc tenell», Cum vos depositas sinu parentis Ëxcepit sacer audiitque Pindus Parvasy tune cpioque dulee vagientes.
Qui vos eumque tamen tenent recessus, Seu vos Castalia madetis unda, Seu vos Pieria sedetis umbra* ( Hoc lieet mihi jure suspieari , Nec jam ducitis ut prius chorœas, Née sicut prius explicata frons est ;
dans les détails, des rapports avec Tode d'Horace à Calliope (III, 4) :
Descende cœlo, et die, âge, tibia
Regina longum Calliope melos.
Ces inyocations mythologiques allaient à menreille aui poëtes du XYi* siècle, qui se jouaient dans la langue de Virgile et d'Horace. Convenaient-elles aussi bien à la pré* tendue inspiration de nos lyriques du xvii* et du xtiu' siècle ? Il est permis maintenant de se prononcer pour li négative.
1. Cette pièce, ainsi que les deux suivantes, et celles qui portent les n"" 14, 17, 18 et 23, est écrite envers phaleuces, mètre dont Horace n'a pas fait usage, mais qui a été heureusement employé par Catulle et par Martial. Il convient aux sujets légers ou gracieux, et à l'épigramme; notre auteur le manie avec succès.
2. C'est ce que dit aussi L'Hospital dans une pièct adressée aux Muses, liv. IV, p. 228 :
Vos fora, vos cœtus fugitis, vos splendida regum Atria, vos silvas praefertis honoribus aulae.
3. Fonnes poétiques très-fréquentea chez les poètes ai* cîens : v. Théocrite, I, 67.
Nam vos obsidet hinc et hinc Scytharum^ Proies barbara barbarissimorum') :
Vos mersœ caput, (beu I ] sacris in undis, Saero quœritis in vado latebras^ Et mœstœ trepidatis, atque fontem Vix a barbarie tenetis imum.
Eheul Dunc Helicon miserque PiHdus< Horrent barbar icas referre voces, Ascrœos soliti sonâre cantus.
Quin ergo potius fuga profanum Yitatis genus impiamque gentem?
0 illinc fugite, hue venite, Musa!
0 proies JoviSy o venite divœl Hic tutus locusy hic amœna sedes ; Hic et prœsidio valetis antri jËstum fallere fervidosque soles ; Hic assurgit humus virente clivo *, Qui Pindum referatque Pierumque; Hic fons lucidulœ perennis undse, Dignus aureolum lavare crinem, Fessa et corpora mollibus chorœis..
. Les Turcs : ane épttre de L'Hospital à Pierre Chaste- II, 1. I, p. 53, nous montre aussi les Muses opprimées leur empire.
!. Expression peu latine : Ovide avait dit une fois sentent :
Sacra suc facio barbariora loco;
c'était dans son exil, PonL, III, 2,78.
). Les collines de Meudon. — On peut rapprocher de ce
icieax tableau quelques traits de la pièce où L'Hospital
as parlait tout à l'heure de Meudon :
Unde tibi pulchram longe prospectus in urbem , Unde Vicennarum saltus, regumque sepulchra Despicis, et pingucs quos Sequana perfluit agros.
370 POÉSIES LÀTINBS.
Mœandros quoque Sequan» jocosos
Despectabitis hinc, licentiore
Si quando juvat alveo natare ;
Hinc arces triplids videntur nrbis,
Magnae, Juppiter, nrbis et superiNB*.
Hinc, o Calliope, chori magistra,
Spectabis propius tuos alumnos.
Et miraberis hic novos videre 1 \
Cives, Mœonidasque PindarosqacS | j
Et quoscumque dédit politiores ; ,
Quondam, sed meliore Roma sasclo, ; ,
Et quos Cecropi» dedere AtheD€&,
Feraces hominum politîorum. |
Hic vobis dabitur videre coram '
Magni Principis * ora, quique vestra
Magnis carmina provocet triumphis.
0 Musœ, licet hune sonare*; sed non 1
i. Ainsi Ronsard dans ses Eglogu^ :
De là lu pourras veoir Paris, la grande ville...
2. « A veoir ceste magnifique flotte de poètes.... vo«$ eussiez dit que ce temps estoitdn tout (entièrement) consacré aux Muses. » Pasquier , Mecerches de la France, VU, 6 ; II cite Pontus de Tiard, Estienne Jodelle, Remy Belleau, Antoine de Baïf, Jacques Tahureau, Jean Pisserat, etc., etc., surtout a Joachim du Bellay, angem et Pierre de Ronsard , yandomois, tous deux gentilshommes. » On sait que celui-ci fut le premier qui osa pindariser. Cf. Montaigne, II, 17; et les Etudes mU Boëtie, p. 25etsuiv.
3. Henri II, dont les triomphes leroni célébrés dans une des pièces suivantes.
4. Alors, même en français, smner se prenait pour chanter ; on a déjà vu sonneur employé pour pofle. Ronsard, dans son ode à Charles de Pesseleu :
La belle m'ajme, et quand je veux sonner...»
POÉSIES LATINES. 37f
\lternîs* licet hune sonare, Musse.
9unc uno simul are conciueutes ?as est dicerey sicque forsan uni Cotus suffîciet chorus canendo.
t]uc, o Galliope, chori magistra, îuc hue eurrite vos, deae sorores.
Juid Musse? quid? adhue ne restitantes tlaeretis patria pigrae sub unda?
^ic flocci faeitis preces rogantis?
Durae, sic mihi vos negare frustra , Dum vos eliciam potentioris lussu numinis, usque sustinetis?
Autistes lotharingus imperavit.
Ad Belotium cum donaret carmina quinque poetarum ^.
Acceptum refer eu tibi, Beloti :
le Bocage royal, il déclara que reloge du prince Est un digne subject d'un excellent sonneur ; m disait aussi sonner des instrumens, comme rapprend H. Estienne, Precellence, p. 212. Cf. Du r. Olive, sonnet, 79 j eiHegrets, sonnet 157. Ulusion ingénieuse à ces vers de Virgile :
Aliernis dieetis ; amant alterna Camense.
CEcL, III, 59.)
...Alternos Mus» meminisse volebant.
(/6., VII, 19.) om., //., 1, 604, et Théocr., VIII, 61. Lux poésies probablement manuscrites de ces cinq s , La Boëtie avait sans doute joint quelques-unes icônes. Le tour ingénieux des vers qui accompa- Dtcet envoi, rappelle celui de Martial dans ses meiJs épigrammes.
Uno munere quincpie do poetas, Singulos tamen unicos poetas ; Quia et aspice muneri quid addam :
Sextum me tibi do ; sed hoc dolemus, Quod sextum tibi non damus poetam.