‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 196 sur 293 · Trait satirique, fort ingénieux : s'il est vrai que · texte numérisé non relu

Trait satirique, fort ingénieux : s'il est vrai que

L'esprit des sots soit le silence ; n'est-ce pas là aussi le genre d'hommage que l'on doit de préférence leur demander?

3. Du Bellay, dans sa pièce de vers intitulée Les tragiques regrets de Charles V, empereur, rappelle les mêmes événements :

Jà Thero"îcnne et Hedin foudroyez En ont là bas mille et mille envoyez... Après avoir échoué au siège de Metz, héroïquement soutenu par Fr. de Guise (1553), Charies-Quint s'était, en effet, vengé par la ruine de Térouane et de Hesdio. Henri II marcha en personne vers les Pays-Bas pour le punir. Les deux rivaux étaient en présence : on s'attendait à une bataille décisive, lorsque l'empereur évita, par une prompte retraite, d'en venir aux mains. On peut voir au sujet de cette pièce les Etudes sur La Boëlie , ^ 248 et suiv.

4. Le même sujet a été traité en latin par Buchanan(T. Buehanani opéra, Leyde, in-4% 1725, t. ii,p.413), et en

ollicitans , nudas rabidus ssvibat iu urbes , une tua signa videns, non jam tua sustinet arma , on oculoSy Henrice, tuos : fugit ille, fugaque £fugiens vicisse putat, turpemque salutem nnumerat victus palmis y vitamque triumphis^ ualiter afira canis, si quando naribus haurit igna ferae, furit instabilis, latiratibus auras npellens , ipsumque ciet damore leonem ; unque illi vellitquejubas auresquelacessit, ente feram lambens : at in hanc si forte reflexit orvos iile oculos, totam dum colligit iram, la fugit, trepidansque voiat, rapiturque timoré*...

ançais, par Du Bellay, non-seulement dans le morceau réeédemment cité, mais dans une ode, qui n'est que la aduction de celle de Buchanan.De frappantes analogies e d^élails rapprochent naturellement les vers de ces )Dtemporains.

1. Cette pensée et la comparaison qui suit ne sont que s développement de ces vers d^Horace r

Cervi, luporum praeda rapacium, Sectamur ultro, quosopimus Fallere et efi'ugere est triumphus.

(Od.,IV,4,»0.)

2. Du Bellay, p. 301, y% à la fin de cette ode que je viens e mentionner :

Comme les animaux coïiards, De nuict courageuv et adestres A forcer les loges champestres, Hardis sur les troupeaux fuyarts, Au seul regard du lion qu'ils redoutent^ Tous eflroyez en leurs trous se reboutent; Ainsi celuy qui d'un espoir Où insatiable il se fonde, Naguiere embrassoit tout le monde, A peine ayant le cœur de veoir Du grand Henry les forces dompteresses [nesses. Refuit mal caut (maie callîdus ) à ses vieilles ii> elte comparaison du lion faisant fUir ses ennemis d'an

At leo securus graditur, prsdamque pudendam NegHgit , et vix jam f ugientem respicit hostcm.

XIV. Inhorologium} Margaretœ Lavaliœ^, çaarte compositum, ut sabulum fluens videri nequeat.

Quis cursum teneat fugacîs aevi?

Vides utfugit hora, nec videtur.

XV* Ad Maumontium * surdum.

Defîciunt aures *; quid, tum cum lîngua supersît ? Quod discas nihil est, plurima quae doceas.

regard , fort bleD préseDtée dans la pièce de La Boëtie, se retrouve encore plusieurs fois cbez Du Bellay et dans des sujets analogues : v. VHymne de celui-ci au Roy sur la prinse de Calais, et son Discours sur la trefve de 1$55.

1. Sur les horologes en usage à cette époque, et cités par Bon. des Periers entre les inventions merveilleuses des temps modernes, v. le c. 18 des Disc» non plus melancholiques que divers, p. 215, de l'édit. Jacob, texte et notes.

2. Il est question d'une Marguerite, dite Catherine, fille de Guy de Laval, xvi* du nom, mariée à Louis V de Hohan, seigneur de Guémené et de Montbazon, et contemporain de La Boëtie, DicL hisi. de Morery, Paris, 1704, t. m, p. 464, et t. iv, p. 434.

3. Jean de Maumont, à qui on a faussement attribué la traduction de Plutarque par Amyot. Cette erreur prouve au moins la haute opinion qu*on avait de lui. Il était grand ami de Jules Scaliger : v. Dicl. hisi,, par une société de gens de lettres, Paris, 1822, t. XTiii, p. 298.

4. On sait que Ronsard. « estoit un peu sourdaut,)» comme il nous l'apprend lui-même ; ce qui avait mis cette

XVI, In adulatores poetas.

Ne sibi me socium, ne speret, GharoleS quisquis Prostituit laudem immerîtis, versusque profanât In Yulgus , sua nec virtuti prsmia servat , Dam captât patulas alienis iaudibas aares^ : Postulat hune virtus laesa , et sua jura reposcit. Quin ipsas si quis forte ad mendacia Musas Ambitiosa vocat, veniunt cunctanter, et illis Yirgineus rubor haud alias magis ora notavit. Regibus hoc commune malum : vix fwsitan unus Vel toto quicquam veri semel audiit anno'. Devitat proceres refugitque palatia longe Veri pulcher amor ; sonat undique regia fictis Garminibus , strepit et média dominatur in aula Vilis adulantum cœtus, fallitque placendo ^

tnfiimitéen honneur : ce J^ay yen, dit Montaigne, la surdité en affectation. » Essais, Ul, 7.

1. Il parait difficile diaprés ce nom seul, de déterminer à qui cette pièce est adressée. On la trouvera traduite et appréciée dans les Etudes sur La Boëtie, p. 255 et suiv.

2. On voit que La Boëtie, comme son ami, qui nous l'a dit de lui-même, c< ennemy juré de toute espèce de falsification..., haïssoit à mort de sentir le flatteur. » Essais, I, 39. Le mensonge était aux yeux de l'un et de l'autre, «un maulditvice : car nous ne sommes hommes, et ne tons tenons les uns aux autres que parla parole.» Ib., C.9; cf. Charron, Sagesse, III, 10.

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