‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 224 sur 293 · y. pour cette expression, p. 339, n · texte numérisé non relu

y. pour cette expression, p. 339, n

4. Sans en être victime; c'est le tour latin : sine n» damno. Ainsi Du Bellay, dans la a description de la evmt S abondance, n nous parle du fleuve Achélotts qni osa combattre Hercule ,

Mais à son dam (préjudice) feit espreave De Tennemy le plas puissant.

Cf. Régnier, Sat., YIII, 50; etc.

roid> $aBS eoiu* me laissa son œil victorieux , out estourdy du coup de sa forte lumière* :

ommeun surprins de nuict, aux champs, quand il esclaire , stonné, se pallit^ si la flèche des cieux ifflant luy passe contre, et luy serre les yeux; tremble, et voit, transy, Jupiter en cholere.

•ismoy, ma dame, au vray, dis moy, si tes yeux verts* e sont pas ceux qu'on dit que Tamour tientcouverts*? 'u les avois, je croy, la fois que je fay veue ;

M moins il me souvient qu'il me fust lors advis

1. L'éoergie de Texpression , la vivacité du coloris poéqae disUngueDt cette strophe et la suivante.

2. Se pallir, devenir pftie, comme on disait alors se dorïir, et aussi se sourire, forme que l'on peut regretter.

3. Cette comparaison parait empruntée au Sonnet iiti de étrarque, mais La Boëtie Ta revêtue de beaucoup d'éclat t de force.

C'était la traduction des épithètes antiques ^Xauxo; , kavnuôTci;, cœruleus, mieux exprimées toutefois par notre [eux mot pers. A en croire les poëtes, le xvi* siècle eut onc fort prisé les y eux verts : Marot^ au début de la pièce ar V Amour fugitif:

Le propre jour que Venus SLUxjreux verts; t dans V Histoire de Leandre et d'Ere, vers la fin :

Tandis Ere avoit ses beaux^ei/x verts,

Tousjoursau guet, vigilans et ouverts.

^brac, dans un petit poëme où il célèbre avec charme le )onheur d'un couple champêtre, nous parle aussi De Minerve aux j^ci/x verts,,, 4. Allusion au bandeau, qui , suivant la mythologie antique, couvrait les yeux du dieu d'amour. Ici ce sont les feux de l'Amour lui-même , dont La Boëtie suppose la beauté armée, pour subjuguer le cœur des hommes. Cf. Pétrarque, Canz, 8, et Sonn, 118, 164.

Qu* amour tout à un coup, quand premier je te vis, Desbanda dessus moy et son arc et sa veue^

Ce dit maint un de moy^ : De quoy se plaind il tant» Perdant ses ans meilleurs en chose si.legere? Qu'a il tant à crier , si encore il espère; Et s'il n'espère rien, pour quoy n'est il content?

Quand j'estois libre et sainS j'en disois bien autant: Mais certes celuy là n'a la raison entière , Ains a le cœur gasté de quelque rigueur fîere, S'il se plaind de ma plainte, et mon mal il n'entend.

Amour tout à un coup de cent douleurs me poingt,

Et puis Ion m'advertit que je ne crie point.

Si vain je ne suis pas, que mon mal j'agrandisse S

A force de parler 1 s'on' m'en peut exempter,

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