‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 227 sur 293 · Produisit Castor et Pollux, si fameux par leur amilé · texte numérisé non relu

Produisit Castor et Pollux, si fameux par leur amilé

Et Famour diffamé de la trop belle Heleine^

Je voy bien, ma Dourdoigne', enoor humUe tu vas: De te monstrer Gasconne, en France, tu as honte. Si du ruisseau de Sorgue ' on fait ores grand conte, Si a il bien esté quelquesfois aussi bas.

Voy tu le petit Loir comme il haste le pas? Comme desjà parmy les plus grands il se compte? Gomme il marche soudain d'une course plus prompte Tout à costé du Mince, et il ne s* en plaind pas?

Un seul olivier d'Arne * enté au bord de Loire,

1. Et la trop belle Hélène, diffamée par son amour : figure hardie de langage , familière à Tantiquité , et que notre poésie elle-même s'est depuis généralement interdite.

2. Par cette pièce allégorique , curieux témoignage de l'esprit contemporain, La Boëtie exhorte sa maîtresse à ne pas mépriser l'offrande de ses vers , puisque les poStes illustrent ceUes que leur amour célèbre, comme les fleuves doivent au tribut d'ondes étrangères Tavantage de rouler plus fiers et plus considérables.

3. C'est une rivière qui sort de la fontaine de Yaocluse, et va par deux embouchures se jeter dans le Rhène. Ob reconnaîtra aussi dans les noms propres suivants des dénominations d'autres rivières.

4. Un seul bras de VArnon , qui se jette daas le Cher, affluent lui-même de la Loire (ou de Loire, d« Loire, comme on parlait au xyi* siècle : v. V Olive deDv Bella7,Sonn.79et 105). Dans cet olivier d'^Ame j'observerai d'ailleurs que M. Le Clerc croit apercevoir une allusion an amours de Ronsard; et à l'appui de cette idée^ j'ijonterti que l'on peut consulter la pièce de Du Bellay « à Pierre de Ronsard . » p. 252 fie l'édit. in-18 de Rouen, 1592.

i fait courir plus brave et luy donne sa gloire, lisse, laisse moy faire ; et un jour, ma Dourdoigne,

je devine bien, on te cognoistra mieux ; t Garonne, et le Bhone, et ces autres grands dieux, 1 auront quelque envie, et, possible, vergoigne.

oy qui ois mes souspirs, ne me sois rigoureux , L mes larmes à part toutes miennes je verse , L mon amour ne suit en sa douleur diverse u Florentin transy* les regrets langoureux ,

y de Catulle aussi, le folastre amoureux, •ui le cœur de sa dame en cbatouiUant luy perce, y le sçavant amour du migregeois^ Properce : s n*ayment pas pour moy, je n*ayme pas pour eux.

fui pourra sur autruy ses douleurs limiter, leluy pourra d' autruy les plaintes imiter : Ihascun sent son torment, et sçait ce qu'il endure;

Ihascun parla d*amour ainsi qu'il l'entendit, e dis ce que mon cœur, ce que mon mal me dit. ^ue celuy aymepeu, qui ayme à la mesure^ I

1. Cesi celui que Du Bellay appelle le Florentin sanleur, Pétrarque.

2. A demi grec, c'est-à-dire imitateur des Grecs , en par- Icalier de CaUimaque et de Philétas.

3. Qui aime en mesurant le degré de tendresse où il eut s'arrêter. Le sentiment tendre et naïf qui anime ces 'ers se retrouve dans les Regrets de Du Bellay, s. lY :

Je ne veux feuilleter les exemplaires grecs ; Je ne veux retracer les beaux traictsd'nn Horace.-

Quoy? qu*est ce? ô vens, ô nues, ô Torage! A poinct nommé, quand d'elle m*approchant, Les bois, les monts, les baisses vois tranchants Sur môy d'aguet' vous poussez vostre rage.

Ores mon cœur s*embrase d'avantage.

Allez, allez faire peur au marchand Qui dans la mer les thresors va cerchant; Ce n'est ainsi qu'on m'abbat le courage.

Quand j'oy les vents, leur tempeste, et leurs cris, De leur malice en mon cœur je me ris : s

Me pensent ils pour cela faire rendre* ? '

Face le ciel du pire , et Tair aussi :

Et moins veux je imiter d'an Pétrarque les grâces. Je me contenteray de simplement escrire Ce que la passion seulement me fait dire. Cf.iôid., S.21.

1. Je vais franchissant les yallées; on écrivait alors vajf et vois ,• de là : que je voise^ pour que j'aille. Du Bellay, dans les Tragiques regrets de Charles V:

Sus, sus, soldats que Ton s'en voise armer. Quant à baisse, besse, ce c'est en plusieurs lieuide Fraoce, , remarque Des Periers, dans ses Discours, c. 17, un liea bas et une vallée : suivant lui, ce raotvientdep7)(r(ra,qaia le même sens en grec (v. l'Œdipe à Colone , v. 705, édiu d'Oxford) et donnerait ainsi l'origine du verbe abaissif; mais Du Gange lui assigne pour étymologie le terme latin bassus, usité au moyen âge.

2. Gomme en fondant d'une embuscade; ou, comme de dessein formé. Agueller, d'où guetter, épier ; a^uél, piège, et aussi préméditation, d'où guet-apens. Y. Régnier, 5al. X,41.

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