V. aussi à ce sujet les Eludes sur La Boëtie, p
2. Penses-tu que je puisse te souffrir d'avantage, le souffrir désormais ? C''est à peu près ainsi que Properce le plaint de sa maltresse, EL, II, 32, 17 et sqq.
O bonté creuse, ô couverte malice , Traistre* beauté, venimeuse doulceur.
Tu estois donc tousjours sœur de ta sœur*? Et moy trop simple, il falloit que j'en fisse L'essay sur moy; et que tard j'entendisse Ton parler double et tes chants de chasseur ^ ?
Depuis le jour que j'ay prins* à t*aymer , J'eusse vaincu les vagues de la mer :
Qu'est ce meshuy que je pourrois attendre?
Gomment de toy pourrois je esti'e content? Qui apprendra ton cœur d'estre constant. Puis que le mien ne le luy peut apprendre ?
Ce n'est pas moy que l'on abuse ainsi : Qu'à* quelque enfant ses ruses on employé, Qui n'a nul goust, qui n'entend rien qu'il oye* ! . . Je sçay aymer, je sçay haïr aussi.
Contente toy de m'avoir jusqu'ici Fermé les yeux ; il est temps que j'y voye, Et que meshuy las et honteux je soye D'avoir mal mis mon temps et mon soucy.
. Od disait plus généralement au féminin Iraistreuse *me empruntée à Tanc. adjectif Iraistreux): v. Nicot. . Sœur de Vinconstante Vezère: allusion au sonnet 9. , Tes chants qui trompent comme celui du chasseur, )lus justement de Toiseleur.
. Que je me suis pris....
. A regard de, avec...
. Comprenne....
Oserois tu, m'ayant ainsi traicté,
Parler à moy jamais de fermeté* ?
Tu prens plaisir à ma douleur extrême ;
Tu me defens de sentir mon torment, Et si veux bien que je meure en faymant : Si je ne sens, comment veus tu que j'ayrae*?
Oh I Tay je dit? Helas 1 Tay je songé, Ou si pour vray j'ay dit blasphème telle'? S'a faucé langue*, il faut que Thonneur d'elle, De moy, par moy, dessus moy, soit vengé.
Mon cœur chez toy, ô ma dame, est logé : Là donne luy quelque geene^ nouvelle, Fay luy souffrir quelque peine cruelle; Fay, fay luy tout, fors luy donner congé.
Or seras tu (je le sçay ) trop humaine.
1. Ce mot désignait, comme on le voit , la conslance en amonr.