Ce substantif, alors féminin, s'écrivait aussi 6{a«(enie
4. Si (ma) langue a faucé ^ c'est-à-dire a trahi la vérité (faucer se trouve dans Roquefort, t. p, p. 578) : les éditions de Montaigne portent s"a fauce langue; ce qui ne parait peu susceptible d'explication.
5. Dissyllabe : c'est une contraction de géhenne, torture, supplice , d'où nous avons fait gène, en amoindris^ sant le sens autant que le mot. Y. , pour la signification primitive^ Erasme, ad decimum capul MaUhœi ; on vers de Boileau la rappelle encore, SaL, VII, 31 :
Je pense être à la gène....
Et ne pourras longuement veoir ma peine : Mais, un tel fait, faut il qu'il se pardonne?
A tout le moins, hault je me desdiray De mes sonnets, et me desmentiray*:
Pour cesdeuxfaulx, cinqeens vrais je t'en donne.
xvn.
Si ma raison en moy s'est peu remettre, Si recouvrer astheure ^ je me puis.
Si j'ay du sens, si plus homme je suis, Je t'en mercie*, ô bienheureuse lettre.
Qui m'eust (helas !) qui m'eust sceu recognoistre, Lors qu'enragé, vaincu de mes ennuis.
En blasphémant ma dame je poursuis?..
De loing , honteux , je te veis lors paroistre ,
0 sainct papier : alors je me revins.
Et devers toy dévotement je vins :
Je te donroîs* un autel pour ce fait.
.... Nunc ego mitibus Mutare quxro trislia, dum mihi
Fias recantatis arnica Opprobriis, animumque reddas.
(Horace, Od., 1, 16, 2«.) Àslheure, asUure , aslure (à cette heure) , locution nne, que le peuple a retenue. On la rencontre plus fois aussi dans Montaigne.
)éjà Nicot remarquait au sujet de ce Terbe : « on dit communeement remercier ; c'est rendre grâces de la le receuë, c'est-à-dire du bienfait receu. » En espamercedt en italien , merce, signifient aussi miséri- ! et bienfait.
Marot, 39* psaume, emploie la même syncope : à Sei
Qu*on veist* les traits de cette main divine; Mais de les veoir aucun homme n'est digne, Ny moy aussi, s'elle ne m'en eust fait^
XVffl.
J'estois prest d'encourir pour jamais quelque blasme: De cholere eschauffé mon courage brusloit; Ma foie voix au gré de ma fureur bransloit '; Je despitois* les dieux, et encores madame,
Lors qu'elle deloing jecte un brevet^ dans ma flamme. Je le sentis soudain comme il me rhabilloit% Qu'aussitost devant lui ma fureur s'en alloit, Qu'il me rendoit, vainqueur, en sa place mon ame.
gneur, dit-il, tu entendras ton pauvre peuple,
Et bon courage et espoir luj donras.
Régnier se raiUe dans la satire IX, des criliquei oulirti^ prêt à les croire toutefois, quand la Muse
Leur donra, eorome à luy (àBertaut), dix. mille escus de
[rente.
Des abréviations de ce genre, alors fort usitées en Ters, n'étaient pas même étrangères à la prose : v. à ce sujet la Remarque 123' de Yaugelas.
1. Pour cela seul que je verrais , pour le bonheur de voir, etc. On a pu remarquer plusieurs fois qu'alors U était réservée comme caractéristique à l'imparfait da subjonctif. Elle a été remplacée par l'accent circonflexe : t. M. Génin, ouvr. cité, p. 210.