‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 24 sur 293 · Il y a deux mille ans... Tour vif à regretter · texte numérisé non relu

Il y a deux mille ans... Tour vif à regretter

Grecs , non le pouvoir mais le cœur de soust la force de tant de navires que la mer me en estait chargée , de desfaire tant de nat qui estoient en si grand nombre que Tescac des Grecs n'eust pas fourny, s'il eust fallu, capitaines aux armées, des ennemis , sinon ( semble qu'en ces glorieux jours là ce n'es pas tant la bataille des Grecs contre les Per comme la victoire de la liberté sur la domi lion et de la franchise sur la convoitise ?

C'est chose estrange, d'ouïr parler de la ^ lance que la liberté met dans le cœur de c qui la défendent. Mais ce qui se fait en t pays, par tous les hommes, tous les jours, qi homme seul mastine^ cent mille villes et prive de leur liberté , qui le croiroit , s'il ne soit que l'ouïr dire et non le veoir ! Et s'il se voyoit qu'en païs estranges^ et lointai terres , et qu'on le dist , qui ne penseroit cela fust plus tost feint et controuvé , que i

1. « Masliner, dit Nicot , traicter brutalement. On pelle par métaphore un homme mastin, un homme cr au propre , maslin est un chien de berger qui n'a n adresse ni gentillesse.»

Ronsard parle, dans ses Églogues ,

De ces mas Uns armez de colliers eilroyables.

2. Etrangers... Joachim du Bellay, dans sa pièce co les Petrarquistes :

A fin que tes louanges

Volent , par ce moyen , par les bouches estranges. Dans le même temps un autre poëte , Charles Rouillon , témoigne qu'il veut revoir le sol natal , Sans en paîs es trange user èà trislc vie.

pas véritable ? Encores ce seul tyran , il n'est pas besoing de le combatre, il n'est pas besoing de s'en défendre : il est de soy mesme desfait , mais que * le païs ne consente a la servitude. Il ne faut pas luy rien oster , mais ne luy donner rien. Il n'est point besoing que le païs se mette en peine de faire rien pour soy, mais qu'il ne se mette pas en peine de faire rien contre soy. Ce sont donc les peuples mesmes qui se laissent ou plus tost se font gourmander,puis qu'en cessant de servir ils eu seroient quites. C'est le peuple qui s'asservit , qui se coupe la gorge ^ qui, ayant le chois d'estre subject ou d'estre libre , quite sa franchise et prend le joug -, qui consent k son mal , ou plus tost le pourchasse. S'il luy coustoit quelque chose de recouvrer sa liberté, je ne l'en presserois point, combien que^ ce soit ce que l'homme doibt avoir plus cher que de se remettre en droict naturel, et, par manière dédire, de beste revenir a homme ^ . Mais encores je ne désire pas en luy si grande hardiesse. Je ne luy permets point qu'il ayme mieux une je ne sçay quelle seureté de vivre à son ayse. Quoy !

1. A la condition que , pourvu que.... Philippe de Comines, 1. I , c. 12, de ses Mémoires : «Un homme saige sert bien en une compaignie de prince , mais qu'on le Tcaillc croire , et ne se pourroit trop acheter.

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