‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 250 sur 293 · Nec poierit ferrum nec edax aboiera vetustas · texte numérisé non relu

Nec poierit ferrum nec edax aboiera vetustas

Ovide, Metam., XV, 871. Régnier, SaL IX, a dit i peu près de même :

.... Pour faire une œuvre grande Qui de la calomnie et du temps se défende.

D'inventer bien à ceux du premier aage ;

Que les premiers bienheureux s'avancèrent,

Et que du jeu le pris ils emportèrent:

Si que par eux la palme jà gaignee

A nul meshuy ne peut estre donnée;

Et désormais que sa peine on. doibt plaindre

A suivre ceux que Ton ne peut attaindre.

L'autre se plaind qu'en la source tarie Ores on tire à grand'peine la lie, Et ne croit pas que grand proufit on face A labourer une terre si lasse :

Quand tout est prins, qu'il se faut contenter, Si Ion n'en a, d'en pouvoir emprunter; Que les premiers en la saison meilleure Feirent soigneux la moisson de bonne heure. Et à l'envy prinrent la cruche pleine Dans le surjon^ de la neuve^ fontaine:

Nous tard venus en ce temps malheureux, Faisons en vain la recerche après eux^

1. Ou surgeon , sourgeon (de surgir), source : mot emoyé dans l'ode de Ronsard à L'HospitaL

2. L'adjectif neuf, était alors assez rarement employé, icoi ne le donne pas, et dans le grand dictionnaire ançais-latin de 1628, que nous avons plusieurs fois té, on trouve uniquement : «c neuve, pour nouvelle, est ins Ronsard. »

3. a Tout est dit, et l'on vient trop tard depuis plus de ipt mille ans qu'il y a des hommes , et qui pensent.... Le us beau et le meilleur est enlevé; l'on ne fait que aner après les anciens et les habiles d'entre les mo> 3rnes. » La Bruyère^ c. 1, au commencement. Ainsi Piron, ans la Mélromanie^ acte III, se. 7:

Mais les beautés de Tart ne sont pas infinies. Tu m'avoûras du moins que ces rares génies, Outre le don qui fut leur principal appui , Moissonnoient à leur aise où Ton glane aujourd'hui.

Mais moy je croy que ceste plainte vaine Ne vient pour vray que de craindre la peine: Car pour certain jamais aux siens la muse Quelque chanson nouvelle ne refuse.

Encor qu'Homère est le premier conté*, Et qu'au plus hault sur sa palme monté, Bas dessous soy les autres il regarde^ De s'arrester les autres n'ont eu garde. Encor depuis le berger de Sicile' Trouva que dire ; et encores Virgile A bien depuis de ses rames meinee* Par tant de flots la navire d'Enee.

Quand plus d'un pris à la course ion met, Chascun le grand, au partir, se promet; Mais puis s'on voit que quelqu'un fortuné En bien courant le premier s'est donné, Nul pour cela sa course ne retire, Mais l'autre pris autant ou plus le tire^ Heureux celuy que le premier on conte; Mais qui ne l'est, ne doibt point avoir honte. Il faut qu'avoir de l'honneur il s'attende

1. Est tenu, compté pour le premier : y. p. 159, n. l.Toat ce passage paraît imité du débat de VOrator de €icéron: icNam in poetis, non Homero soli locus est, ant Archilocho , aut Sophocli , aut Pindaro ; sed horum Tel secundis^ yel etiam infra secundos , etc. j>

2. ..KMediumnampluriraa tarba Hune habet, atque humeris exstantem suspicit altis.

(Virgile, ^n., VI,6OT.)

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