On dit encore : Il se refait d'espoir
Que tout l'espoir tout d'un coup il chassa«
Par un Gascon qui avoit esté pris Des Sarrasins , à la grande journée ^ Qui fut donnée au devant de Paris*, Fut ceste alarme à l'amante donnée.
Cestuy luy a de poinct en poinct appris Gomment s'estoit la guerre demeinee* :
Elle en propos de Roger se jecta, Et sans bouger à ce but s'arresta.
Rien à conter le Gascon ne laissa , Ayant du camp bien grande cognoissance:
Il luy conta que Roger ne cessa Tant qu'il eust mis Mandricard à oultrance' ; Mais que si fort Mandricard le blessa , Qu'un mois sa vie en fut hors d'espérance. S'il se fust lors de parler arresté, La vraye excuse à Roger c'eust esté.
Mais puis il dit, qu'une dame on appelle Marphise au camp , et que chascun la vante, Qu'on doubteroit si la face est plus belle , L'esprit plus vif, ou la main plus vaillante ^ :
1. «Journée, dit Borel, se prend ou pour le chemin d'un jour, ou pour une bataille ; » et sur ce propos il cite la réponse faite à un prince étranger qui demandait combien il 7 avait de journées jusqu'à Paris : Si ?ous en entendez par là des jours de marche, il y en a très-peu; mais si tous voulez dire des batailles , vous né sauriez les compter. V. Trésor de Recherch,^ p. 284.