‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 276 sur 293 · Ronsard avait dit dans ses Amours de Cassandre · texte numérisé non relu

Ronsard avait dit dans ses Amours de Cassandre

Donne moy l'encre et le papier aussi : En cent papiers, tesmoings de mon soucy, Je veux tracer la peine que j'endure , En cent papiers plus durs que le diamant ; A fin qu'un jour noslre race future Juge du mal que je souffre en aymant,..«

3. a Carie est, dit Nicot, le papier dont on use à escrire ; » de \k, cette locution proverbiale : donner carte blanche, signer un papier, en laissant à un autre la liberté de le remplir.

4. Jeu de mot, fort en vogue à cette époque, grâce à la réputation de «t ceste grande princesse, Marguerite, royne de Navarre , laquelle feit paroistre par ses Marguerites des Maxgueriles (ainsi est intitulée sa poésie), combien peut l'esprit d'une femme, quand il s'exerce à bien faire ^» Pasquier, Rec. de la France, VIT, 6.

olO POÉSIES FRANÇAISES.

Ou soit quand la nuict oste aux choses la couleur S Je n'ay rien en l'esprit que ta grande \aleur^; Et ce souvenir seul jamais ne m'abandonne.

A ce beau souvenir tout entier je me donne ^ Et s'il tire avec soy tousjours quelque douleur y Je ne prens pas cela toutesfois pour malheur, Car d'un tel souvenir la douleur mesme est bonne.

Ce souvenir me plaist encor qu'il me tormente, Car rien que tes valeurs à moy il ne présente. Il me desplait d'un poinct , qu'il fait que je repense

Une grâce cent fois. Or rteshuy voy je bien, Pour pouvoir penser tout ce que tu as de bien , Qu'il ne faut pas deux fois qu'une grâce je pense'.

vn.

Je publiray ce bel esprit qu'elle a,

Le plus posé y le plus sain , le plus seur y

Le plus divin, le plus vif, le plus meur,

i. Virgile, ^n., VI, 272:

.... Rébus nox abstulh aira colorenr.

2. Ton grand mérite^ plus bas, ie$ valeurs : les perfections.

3. Délicatesses subtiles , compliments quintessenciés, qai troavèrent longtemps on dernier refuge , pendant le grand siècle, à l'hôtel de Rambouillet, et furent eD&n voués au ridicule parleur exagération même. Toutefois, il faut le reconnaître , ces sentiments, nés du respect des nations germaines pour les femmes, que le moyen âge et surtout les croisades avaient encore fortifié^ tiraient leur racine de nos vieilles mœurs : y. Hec. dePasqvier^ VII, 3 ^ p. 604 de Tédit. de Paris, 1621.

t»OÉSIES FRANÇAISES. 511

Qui onc du ciel en la terre vola*.

J'en sçay le vray ; et si cest esprit là Se laissoit veoir aveeques sa grandeur, Alors vrayment verroit Ion par grand heur Les traicts , les arcs , les amours qui sont là.

A le vanter je veux passer mon aage :

Mais le vanter, comme il faut, c'est Touvrage

De (quelque esprit , helas, non pas du mien ^,

Non pas encor de celuy d'un Virgile, Ny du vanteur du grand meurtrier Achile ; Mais d'un esprit qui fust pareil au sien.

Vffl.

Je veux qu'on sçache au vray comme elle estoit armée Lors qu'elle print mon cœur au dedans de son fort * , De peur qu'à ma raison on n'en donne le tort, Et de m' avoir failly qu'eUe ne soit blasmee^

1. Da Bellay célèbre à peo près ainsi celle qu'il a chantée sous le nom d'Olive :

Le ciel usant de libéralité, Meit en Tesprit ses semences encloses, sonnet 2 ; an 3% il se platt encore à reconnaître

Que pour l'esprit elle est la souveraine. Cf. Id., 80nn. 18, etc; et Pétrarque , 5onn. 178 et 179. On remarquera que ce genre d'éloges dislingae entièrement l'amour moderne de celui des anciens.

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