On lit encore dans une variante du Cid, acte Y > scène
Et le ciel, ennuyé d'un supplice si doux,
Vous laiiTa^ par sa mort, don Sanche pour époux.
Cette forme était un débris de l'ancien yerbe laier ; t. à
ce sujet la 123' Remarque de Vaugelas.
3. ... Qui res hominum ac deorum, Qui mare et terras , variisque mundum
Tempérai horis.
(Horace, Od., 1, 12, 14.) I. Idées platoniciennes, dont on peut voir le dévelop-
Qui tient les gonds du ciel et l'un et l'autre pôle * . »
Ainsi me dit ma dame, ainsi pour m'asseurer De son cœur débonnaire , il luy pleut de jurer; Mais je l'eusse bien creuë à sa simple parole.
xn.
J'ay un livre tusean, dont la tranche est garnie Richement d'or batu de l'une et l'autre part ; Le dessus reluit d'or ; et au dedans est l'art Du comte Balthasar ^, de la courtisanie* :
peinent dans le Timée, et aussi dans la République de Cicéron , VI, H.
1. Plusieurs de ces images paraissent empruntées à l'hymne sublime de Cléanthe :
Zeu, (pvffew; àpX'^lY^» vojjlov jjLÉxa Travxa xuêspvûv.... .... ŒÙ xaxeuôuveiç xotvôv Xo^ov, Sç 6ià TiavTCdv ^oiT^, {iiyvujievoç {JieYà>oiç (Jiixpoîç ts çaeddiv.... (V. 2 et suiv.)
2. Baidassare Castiglione, que Nicot appelle, p. 161 du Thresor, Balthasar de Castillon, né en 1478, fait comte en 1513, mort en 1529, fut l'un des hommes les plus remar^ quables de ritalie, dans la politique comme dans les lettres. 11 cultiva Tamilié de Bembo, de Raphaël, de Michel- Ange, el fut honoré de la faveur du pape Léon X et de Tempereur Charles-Quint : celui-ci témoigna les regrets qu'il éprouvait de sa perte et honora dignement sa mémoire par ces paroles : t<La mort nous a enlevé un des chevaliers du monde le plus accomplis. » Sa vie a été écrite par Serassi, qui ne fait pas difficulté de le comparer au Dante.
3. De la conlisanie, porte l'édition originale. Il faut lire évidemment: de la courlisanie. Ainsi traduisait-on à cette époque le titre du livre de Balthasar, VArle di cor-^
OÙ que je sois , ce livre est en ma compaignie' . Aussi c*est un présent de celle qui despart A tout ce qu'elle voit , à ce qui d'elle part, Quelque part, quelque ray de sa grâce infinie.
O livre bienheureux , mon Maron, mon Horace , Mon Homer', mon Pindar' *, ce semble, te font place. Meshuy d'estre immortel tu te peux bien vanter;
Elle fait cas de toy : c'est asseurance entière ; A qtii ne plairas tu , ayant peu contenter Des Muses la dixième et certes la première?
iegiana. Part d'être parfait courtisan, ou plus simplement de vivre à la coar. Le courtisan s'appelait en italien, cor- Ugiano / en espagnol, corlesano. Sur cet ouvrage Justement célèbre, qui parut en 1528 et dont Bembo revit toates les épreuves, comme il nous l'apprend lui-même dam ses LeUres ( Lett. à J. B. Ramusio, vol. ii) , on peut voir l'appréciation de Ginguené, Histoire Hllérairedel'IlalU, t. Tii, p. tflSO et suiv. 'y il avait été, dès 1537 traduit en français par Jean Chaperon, in-S"*.
1. Ce livre toscan ou luscan^ comme l'appelait tout à l'heure LaBoctie. Il est à remarquer en effet qu'un siècle environ après qu'il avait paru, l'académie de la Crutca plaça le Corlegiano parmi les textes de langue, où elle n'admit que les ouvrages écrits dans le toscan le plus por. Néanmoins Balthasar, Mantouan de naissance, déclarait lui-même que ce n'était pas de la langue toscane qu'il avait voulu se servir. uJe suis Lombard, dît-il dans sa lettre «au seigneur de Sylva» qui forme la Préface, et j'aime mieui être reconnu pour tel, en parlant lombard, que pour étranger à la Toscane, en parlant trop toscan. » Il déclare encore, un peu plus loin, a qu'il ne sait pat cette langue toscane , si difficile et dont on fait tant de mystères; qu'il ne veut user que de la sienne. »
2. Aux derniers moments de La Bo6tie , se retrouve sur ses lèvres un mot célèbre de Pindare , une citation pi-
IPOéSIES FRÀNÇAIâE9> Si 7
xm.
Reproche moy * maintenant, je le veux > Si onc de toy j*ay eu faveur aucune , Traistre , légère , inconstante fortune , Reproche moi hardiment, si tu peux*
Depuis le jour qu'en mal' heure * mes yeux Voyent du ciel la lumière importune, Je suis le but, la descharge commune De tous les coups de ton bras furieux.
Bien tost j'auray , desjà l'heure s'avance, J'auray d« toy par mort quelque vengence* : Lors que de moy l'ame sera partie ,
<|uaDte de cet auteur qu'il adresse à Montaigne. On Toit assez, d'ailleurs^ par la seule lecture de ses ouvrages^ combien il avait vécu dans un commerce étroit avec les livres de Tantiquité^
Ces bons hosles muets qui ne fascheot jamais, comme disait Ronsard dans une élégie à l'honneur d*Helene. Pour le développement de ce vers^cons. les Essais, III, 3, et les Disc, de Bon. des Periers, c. 15.
1. Pour adresse-moi des reproches , ou reproche-moi (^les dons que lum'as faits, sous-ent.}; mais alors ce verbe se prenait ainsi sans complément.
2. (In maia hora), sous de funestes auspices.... ji la bonne heure , à la maie heure, étaient des expressions entièrement distinctes de bonheur ei malheur : V. sur ces mots M. Ampère , Histoire de la formation de la Langu9 française, p. 214.
3. Tela precor, pueri , figite acuta magis ; Figite certantes, atque banc mihi solviie viiam.
(Properce, II, 9, 39; Cf. Ib., 8. 12>)
818 POÉSIES FRANÇAlSEâ.
A toy vrayment le camp demeurera; Mais j'en suis seur , ma mort te faschera, De te laisser, cruelle, sans partie*.
Quand celle j'oy parler qui pare nostre France, Lors son riche propos j'admire en escoutant; Et puis s'elle se taist , j'admire bien autant La belle majesté de son grave silence *.
S' elle escrit, s'elle lit, s' elle va, s' elle dance , Or je poise * son port , or son maintien constant, Et sa guaye façon ; et veoir en un instant De çà de là sortir mille grâces je pense.
J'en dis le grammercis* à ma vive amitié , De quoy j'y voy si clair %• et du peuple ay pitié : De mil' vertus qu'il voit en un corps ordonnées,
1. Adverse, sous-ent. ; sans adversaire à combattre. Rapproch. de ce sonnet le 170* et le 188* de Pétrarque.
2. Du Bellay célèbre aussi dans sa maîtresse. Olive, sonnet 52 ,
Ce vif esprit et ce doulx grave style , Ce hault penser, cest honneste silence* Cf. Pétrarque, Sonn, 179 et 221.
3. Jepèse^yerbe pris ici dans Tacception suivante, signalée par Nicot : « Peser, c'est considérer diligemment quelque chose , Teiaminer. tu
4. Là-dessus je rends grâces, c'est un avantage que je dois.... Grammercis est pour grand merci: location ou plutAt orthographe exceptionnelle, et sans doute particulière au pays de l'auteur.