Qui nous enlève^ qui nous dérobe à nous-mêmes
3. Trompeur : Du Bartas, dans sa Semaine, montre au jeune âge, la nuit comme le jour,
Les esprits flattez
Du pipeur escadron des doulces volaptez.
S24 POÉSIES FRANC AtSBS.
Quel mal me feras tu que je n'aye enduré ? Mes maux m*ont fait meshuy contre toy asseuré: J*ay desjà tant souffert que je n*ay rien à craindre.
Je ne croiray jamais que de Venus sortisse* Un tel germe que toy. Or ta race j'ay sceu , O enfant sans pitié : Megere t'a conceu , Et quelque louve après t'a baillé pour nourrisse ^
Petit monstre maling, c'est ta vieille malice, t)ui te tient acroupy ; aucun ne t'a receu Des hommes ny des dieux que tu n'ayes deceu; Et encor ne se treuve aucun qui te punisse.
O traistre, o boutefeu, donc tarage assouvie Ne fut ny sera onc des maux de nostre vie ! Je sçay bien que de toy je ne me puis desfaire ;
El pids qu'ainsi il va, je voy bien désormais Que tant que je vivray , je ne seray jamais Saoul * de te dire mal , ni toy saoul de m'en faire.
i. Pour sortist : ait pu sortir. On a déjà vu que la Ungne poétique , à la faveur du caractère indécis de la plupart des règles et des formes du langage , autorisait alors toutes ces licences, que devaient bientAt bannir la sévérité croissante du bon gdût et les progrès de notre littérature.
2 Daris genuit te cautibus horrens
€auca8U8, hyrcanaeqae admorunt ubera tigres.
(VirgUe,^n.,IV, 366.)
3. On a déjà vu que cet adjectif monosyllabe etle verbe :iaouler étaient souvent employés , au figuré comme la
POÉSIES FRANÇAISES. SStS
Amour, lors qae premier ma franchise fut morte, Combien j'avois perdu encor je ne sçavoy, Et ne m*advisoispas, mal sage, que j'avoy Ëspousé* pour jamais une prison si forte.
Je pensois me sauver de toy en quelque sorte,
Au fort* m'esloignant d'elle; et maintenant je voy
Que je ne gaigne rien à fuir devant toy :
Car ton traict en fuyant avecques moy j'emporte*.
Qui a veu au village un enfant enjoué, Qui un baston derrière à un chien a noué* ,
propre. D'Aubigné, liv. 1*' de ses Tragiques, dans une
invective contre les rois:'
Ils courent sans repos , et quand ils n'ont plus rien , Pour saouler l'avarice, ils cerchent autre sorte ^ Qui conlente l'esprit d'une ordure plus forte.