‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 5 sur 293 · M. Barthélémy Saint-Hilaire n'a pas craint de quaii · texte numérisé non relu

M. Barthélémy Saint-Hilaire n'a pas craint de quaii

INTRODUCTION. Xt

tait trop pea. Le poëte animé parfois d'une émotion vraie, le rival d'Amyot dans des versions naïves de chefs-d'œuvre antiques, demeuraient à étudier; et c'est à peine s'il se trouvait encore quelques exemplaires où Ton pût lire les traductions de La Boëtie. Maintenant on le jugera, les titres en main.

11 fut, en eîîetf Tun des savants les plus distin» gués et sm*tout les plus précoces^, dans une époque où l'érudition attirait à elle les plus hautes intelligences, et se mêlait au prodigieux mouvement d'invention qui a caractérisé le xvi" siècle. L'un des premiers, en s'efforçant de reproduire les ouvrages des anciens, il montra le secret de les imiter. Par là il prit une part active aux progrès de notre langue et au développement de notre génie national. Une curieuse manifestation de l'état des esprits et des mœurs, c'est qu'il choisit, pour les faire passer dans notre idiome» les deux traités d'économie domestique et d'agriculture que nous a laissés l'antiquité grecque. De tels ouvrages n'étaient pas moins chens au vieil esprit français qu'aux Grecs et aux Latins. On sait combien l'antiquité tout entière avait écrit de volumes sur ce sujet*. On se souvient surtout qu'au temps où les vertus des ancêtres s'en allaient, Caton, Yarron, Virgile, Col umelle, Pline l'ancien, s'étaient efforcés de les rappeler, en reportant vers

tier ainsi le Contre un, c.-à-d. le Discours de La Boëtie sur la servitude volontaire : v. les Dotes qui accompagnent sa iradaction de la Politique d'Aristote, 1. 1, p. 325.

1. y. BaiUei, Jugements des savants, édit. de La Mon^ noyc, t. VI, p. 73; cf. /d.^t. m, p. 109.

2. V. Aristote, Politique,!, ll^CoInmeUe, 1,1 ; Varroih 1, 1, 10, 13; CicéroD, de OraL, I, 58; etc.

XII KVTRODtCTION.

l'agriculture, berceau de la fortune de Rome, le^ yeux des Romains éblouis de leur grandeur. Il semble que de même, au xvr siècle, par ces traditions d'une vie simple et sévère, on voulait conserver ou plutôt rendre aux moeurs, une simplicité et une énergie qu'elles commençaient à ne plus avoir. C'est ce qui peut expliquer les importants travaux publiés par Strèbe, Muret, Donat, et plusieurs autres érudits du même temps sur les Economiques d'Aristote et de Xénopbon, tandis que ces ouvrages ont, après cette époque, fort peu occupé les savants. Déjà Nicolas Oresme *, par Tordre de Charles V, avait translaté dans notre langue, mais sur une version latine, le traité d'Aristote^; La Roétie fut à la fois de cet ouvrage le second et le dernier traducteur français.

\J EcoKvomique de Xénopbon a été plus souvent traduite ; mais je n'hésite pas à dire qu'elle ne l'a jamais été mieux que par La Boêtie *. Ce qui établit la supériorité de sa traduction gauloise ( nous lui conserverons volontiers ce nom que lui donne par dédain un traducteur du xviii® siècle *), c'est qu'il est

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