INTRODUCTION. XIII
entré sans effort dans la pensée de son auteur, et qu'il a été en quelque sorte pénétré de son esprit. 11 a revêtu le caractère antique qui allait si bien à ses mœurs et à ses goûts, tandis que d'autres ont travesti Xénophon en lui donnant Tesprit moderne*. Du mélange de cet esprit de l'antiquité, fidèlement reproduit, et de la naïveté gauloise, résulte un style sain et abondant, souvent plein de charme et de fraîcheur.
(c Quant à ses poésies latines et françoises, dit G. Colletet, les premières sont si éclatantes que Ton a cru, pour parler avec Scévole *, <c que la ville deBour- (leaux remporta finalement par elles un honneur que depuis le temps d*Ausone elle n'avoit osé jamais espérer; et qu'elle put s'attribuer justement la gloire d'avoir produit un véritable poëte, capable de rendre toute ritalie mesme jalouse de la beauté de ses vers;» et ses poésies françoises sont telles qu'au rapport de l'aucteur desEssais, qui dans les premières éditions de son livre ne desdaigna pas d'en insérer
1768, Paris. Vient ensuite ceUe de Gail (in-8'*,Paris,an3), qai est plate et sans couleur. Je ne crois pas toutefois i]u'elle ait été fort surpassée de nos jours.
1. En particulier, Dumas: son style est fort ambitieux^ H Ton peut apprécier son jugement d'après cette note que je lui emprunte : c< Endroit difflcUe, sur lequel j'ai été obligé de passer Irès-rapidemenl, » p. 97.
2. Sammarthani EiogitL, 1. 1. Colletet a lui-même été le traducteur de cet ouvrage de Sainte-Marthe (Paris, in-4'', 16i4). Voici le passage original : « Omnino hic ilie est, cQjas magna ex parte ingenio et industria id Aquitania tandem obtinuit, quod ab Ausenii temporibus ne tentare quidem ausa ftierat, ut serio poetandi gloriam, vel Italia iovidenle, sil^i quoque hoc lem pore arrogaret. »