‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 84 sur 293 · Hanter un lieu était plus d'usage que hanler en un · texte numérisé non relu

Hanter un lieu était plus d'usage que hanler en un

2. Cf. VAnabase, T, 2, 4; Quinte-Curce, VIII, 1; et sur '^s encouragements donnés à la culture parles anciensfoi» de Perse ,v. VEsprU des Lois, XIV, 8; XVIII, 7.

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Ion dit que, quand il despart ses presens,il fait premièrement entrer ceux qui se sont monstrez bons hommes de guerre , pour ce qu'il ne serviroit de rien qu'on labourast beaucoup, s'il n'en y avoit qui tinssent le pais en seureté. Apres, les seconds qu'il fait entrer, ce sont ceai Ik qui entretiennent mieux les terres , et qui les font valoir -, et donne la raison que mesmes les plus vaillans guerriers ne sçauroient vivre, s'il n'y avoit gens qui travaillassent au labou^ rage. Si dit on encores de Cire * , qui a esté pour vray le plus grand et le plus renommé prince qu'on sçache^, que à ceux qu'il faisoit venir pour prendre de ses dons , il leur disoit que à bon droict luy mesme prendroit pour soy lespresens qu'il bailloit aux uns et aux autres : car nul mieux que luy ne sçauroit entretenir les terres, ny les terres bien entretenues mieux que luy garder et défendre. Cire doncques, ô Socrates, dit Critobule , s'il tenoit ce langage , prometloit tout autant pour bien cultiver le pais et le faire valoir, comme pour estre bon guerrier. En

1. Il s'agit de Cyrus le jeune. Rapprocher de ce qui soit le portrait que Xénophon nous a tracé de ce prince dans VAnabase, i. I; et particulièrement le c. 9, i6., consacré à son éloge.

2. Rollin a réclamé, au nom de la morale (v. ses œuvres, édit. de M. Letronne , t. iv, au commencement), contre ces paroles qu'il faut pardonner à l'amitié. Sur l'origine cl les causes de l'étroite liaison qui unit Xénophon a» jeune Cyrus, et sur le dessein qu'il forma de le suivre, on peut consulter Diogène de Laërte, 1. II, p. 45 de réditioR citée.

DE XEMOPHON. 139

ionne foy, dit Sacrâtes, Cire eustcsté, s'il eust rescu , aussi bon chef de province qu'il est posible ; et de cela donna il plusieurs signes et rauds tesmoignages , et mesmement lors qu'il lioit trouver son frère avecques son armée , oar le combatre sur la quQrelle du royaume. kr non pas un seul, dit on, du camp de Cire, e se rendit du costé du roy -, et plusieurs lilliers d'hommes quiterent ie service du roy our venir k Cire. Or de ma part, je pense ne l'un des grands signes de la vertu d'un lief, c'est quand les subjects luy obéissent vointiersyiet tiennent bon pour luy, voire aux plus rands dangers. Et Ion a veu que les amis de ife combatirent pour luy tant qu'il vesquit * ; et oand il mourut, ils moururent pour luy et vecques luy , combatans tous autour du corps dort , fors seulement Ariee ^ qui estoit à son

1. Sur les différentes manières de conjaguer le prétérit ayerbe vivre, on peut voir les remarques de Vaugelas, xiT*.Sa conclusion est que Ton doit écrire, «il vêquil ou 'écvl, selon qu'il sonnera micui à Tcndroit où il sera Dis. » Mais Th. Corneille ajoutait peu après : ce Je n'cnends plus dire : il véquU; ceux qui ont quelque droit le décider sur ces sortes de matières assurent qu'il faut ïïettre : il vécut, w

1 On voit dans VAnabase qu'Âriée, Perse de nation, ^vait, dans la bataille de Cunaxa^ ses compatriotes sous ses ordres, I, 9. Après la mort de Cyrus , il feignit de Vouloir demeurer dévoué à sa mémoire et à son parti ; ïnais bientôt, malgré les offres des Grecs de le placer sur ^« trône , il se sépara d'eux et scella sa soumission au

vainqueur par une lâche trahison, en s'efforçant de perdre

*" anciens compagnons d'armes. /6., T, 1, 2, 4j III, 2.

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rang, pour commander a un autre costé de la bataille , k main gauche. Doncques, de ce Cire, on fait un conte , que alors que Lisandre luy alla porter les presens que ses alliez hy envoyoient , ce bon prince le festoya de mille autres caresses, comme Lisandre mesme estantà Megare l'a conté depuis k un sien amy et hosle ancien ^ mais entre autres bonnes chères* qu'A luy feit , il lui monstra , ce dit il , a Sardes, son verger ^ Lisandre, le voyant, s'estonuoit que les arbres fussent si beaux et si justement plaBtez a la ligne , et les rangs des fruictiers si droicls, et tous bien mesurez k angles compassez d'une façon belle k merveilles ^ et puis un grand nombre d'odeurs souëfves^ qui les acconapa-

1. Démonstrations d'amitié.... Faire bonne chère, c'éini faire bon accueil , bonne mine. Les Italiens emploient chera, ciera, dans ce sens. c< Encore» aujourd'hui, remarque H. Estienne, PreccW., p. 216, on oit (entend) dire joyeuse chère pour visage joyeux; mais le temps passé ccste signiGcation estoit plus commune ^ et de celuy aossi, le visage duquel monstroit de la tristesse, on disoitqo'ii (Alsoli mauvaise chère. Ki De là le proverbe : Belle ebère vaut bien un mets.

2. Cicéron a reproduit ce passage dans le XTii<' chapitre de son traité sur la Vieillesse,

3. On trouve , à celte époque, souef, soëf et méwe suave {lidil, soave). Ronsard, en s'adressant kla VioUit^'

.... Maugré la froideur,

Puisses lu de la soè/i'e odeur ,

Nous annoncer que l'an se vire

Plus doux vers nous....

Un autre contemporain de La Boëlic,EstienneForcAde|y dans une éptlre en prose qui précédait ses œuvres poétiques (Lyon, J55i, in-8''), prévenait le lecteur «qu'il recourt à la poésie comme à suave et treshonneste récréation, p

gnoient se promenans aux allées , dont luy tout esbahy dit à Cire : De tout ce que je voy, pour vray, je m'en esmerveille, ô Cire, pour estre tout aogulierement beau : mais sur tout, trop * plus ^ue nulle autre chose j'admire l'ouvrier qui vous a compassé et ordonné cecy. Cire, l'oyant parler ainsi, en fut bien ayse. Moy mesmedoncques, ô Lisandre, ay le tout compassé et ordonné, comme tu le vois ; et encores , dit il , y a prou de ces arbresquej'ay planté moy mesme. Lors Lisandre le regardant, et voyant la beauté de son habillement, et sentant les perfums^ qu'il portoit , et

1. Trop avait eu aa moyen Age et conservait souvent eDcore le sens de'beaucoup, comme nimis chez les vieux tuteurs latins, v. Plaute, Amphii., act. I, se. I., v. 63 :

Aymer trop mieux son ennemy que sey, I dit Ronsard. V. cette citation et les remarques qui raccompagnent dans M. Ampère, ouvr.xilé, p. 409. 1 Alors on disait perfum et parfum , perfumer ei parfumer. Du Bellay , dans ses vers sur le tournoy des ihivaliers advenlureux .*

Là ne sont point, pour estre parfumez Ny bien en poinct , les amans estimez , Pour bien baller, pour souspirs ny pour larmes, Âins seulement pour estre preux aux armes. L'incertitude de Torthographe s'explique d'ailleurs ici I Nr l'éiymologie de ce mot, composé de fumer, exhaler ; vipeur, et d'une particule alors revêtue dans noire langue ' un privilège important : ce C'est ce monosyllabe per, sur lequel, dit Henry Estienne, nous avons, à l'exemple des Uiins, enté beaucoup de nos mots, et dont nous av-ons lire tant de commodité. Car comme ils disoient perle 9fre, nous n'avons pas fait diOicultè de dire periire ou poflire, lire beaucoup, jusqnes à la (in; peraltcndre, ef c.,w ^i^^PrecelL De là encore auj. notre locution par trop

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advisant la richesse de sa chaine et de ses kacelets j et de tout le reste de sa parure : Qne dis tu , ô Cire, dit il -, est il possible que tu ayes planté aucun de ces arbres de ta main ? — Aucan *; de ces arbres? tu t'esbahis doncques de cela, é - Lisandre, respoudit Cire : je te jure le Soleil*, \ que tant que j'ay eu un jour de santé, je n'ay ; jamais fait repas, premier que d'avoir travaillé : jusques a suer, m'exercitant ou bien aux armes, ou bien h l'agriculture, ou k faire quoy que ce soit que j'aye prins k cœur. Lisandre k l'heure l'embrasse, et luy dit : Certes^ ô Cire, tu es vrayement bien heureux, etk bon droict : car en loy la fortune accompaigne la vertu.

Tout ceci t'ay je voulu conter , ô Critobule , dit Socrates , k fin que tu entendes que ceux Ik mesmes, qui sont les mieux fortunez, ne se peuvent garder qu'ils ne vaquent k l'agriculture. Car il semble que ceste occupation fait sentir a qui s'y estudie un merveilleux plaisir, un grand aocroissement de bien , et dresse le corps pour sçavoir tout ce qui est bien séant et convenable a unhommebiennay. Premièrement, toutcedont les hommes vivent, la terre le produit kcmix qui la cultivent ; et tout ce dont les hommes s^ tent plaisir, la terre aussi le porte. D*avantage,

1. Par Milkres, dit le grec. Cétait le soleil représenté par le symbole du fea; distinct, saivant quelques-uns» de MUhras, la principale divinité des Perses. Voy. Hérodote, 1, 131 ; cf. Eschyle, les Perses, v. 205, 206; et la C|ropédie, VII, 5. Aujourd'hui encore les Parsis, desceiidants des Perses, adorent le feu comme leurs ancêtres.

rat ee dont ils parent les autels des dieux et les nages*, et dont eux mesmes se parent, elle le ^ar donne, mais c'est avec une admirable douieiur de bonnes senteurs , et un singulier plaisir ela veuë. Et oultre, la pluspart des viandes% 58 unes elle les porte , les autres elle les nourrit, ir je prens le pasturage pour estre uny k l'agriolture^ ^ et par ce moyen , elle baille aux hommes le quoy contenter les dieux en sacrifiant , et en ^rendre eux mesmes pour leur usage : mais fai- ;ant largesse des biens k grande foison , si n'eniure elle pas qu'avecques paresse on les recueille; iins accoustume ceux qui en veulent avoir, avecques le froid de l'hyver et le chaud de l'esté, de bien porter la peine. Elle rend plus forts et vigorettx ceux qui l'entretiennent eux mesmes de

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