‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 83 sur 293 · Numerat) compte, fait le recensement de · texte numérisé non relu

Numerat) compte, fait le recensement de

5. Le colonel : Les chiliarques, dit le grec, ou commandants de mille hommes. Brantôme a composé sur les colonels de l'infanterie française un discours qui se trouve dans la 1'' partie de ses Mémoires ; il est curieux de connaître l'étymologie qu'il assigne à ce terme : a Les uns, dit-il, Tescrivent co!(one{, comme Youlans dire que celui qui est le

les satrapes qui se treuvent avoir complet le nombre ordonné de leurs soldats, et qui les ont les plus braves en chevaux et les mieux fournis d'armes, ce sont les officiers qu'il avance •en honneurs, et enrichit de beaux et grands presens. Et au contraire, ceux qu'il treuve ou ayans peu de soing des capitaines qui sont sous eux, ou qui pillent quelque chose , il les chastie fort rudement : en les privant de leurs estats, il en met d'autres en ceste charge. Or doncques , faisant ainsi , nous croyons bien qu'il est sans contredit curieux des affaires qui concernent Testât des armes : mais il fait encores d'avantage-, car luy mesme, tant qu'il peut visiter à Tœil les terres de sa subjection, il s'essaye d'enicndre leur portée* -, et celles qu'il ne peut veoir,

principal chef de Tinfanterie (on voit par là combien l'acception de ce mot était d'abord restreinte) doibt estre ferme et stable, le principal appui de ses soldats, comme une 'H)Qne, belle et puissante colonne à laquelle tous Us doibvent tendre et viser, et se soutenir; d'autres disent cou- ^onnel, d'autant que ccluy qui est le chef gênerai a esté cslea et couronné de son roy, ou de son supérieur ou de toute l'armée pour commander.... J'ay ouy dire à M. de Honiiacque le nom estoit venu des Italiens et des Espa- SQols^et l'avons emprunté d'eux en nos guerres : car au Pirtvant il n'estoit pas en usage, r» Ceux-ci disaient en effet ^olonnello, de colonna, chef de colonne. Autrefois, reiQarque Ménage, dans son Dict. élymoL, on écrivait cofomuL ce Sur la fin de ce différent arrivèrent les deux eo- •■owicU :» Rabelais, IV, 37 ; cf. Pasquier, Recherch., VIII, U.

1. Il s'attache à les apprécier.... il veut juger de leur éin par lui-même, de ce qu'eUes peuvent porter..,.

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il les visite par gens fidèles qu'il envoyé pour cest effecl * . Et s'il cognoist qu'il y ait quelques gouverneurs qui maintiennent les pais de leur charge bien peuplez , et la terre bien cultivée et pleine des arbres qu'elle porte et de ses fruicts, à ceux la il donne ou autre gouvernement encores de surcroist, ou les honore de beaux dons, des rangs et estats honorables. Mais ceux desquels il voit les païs déserts et mal habitez, pour raison ou de leur rudesse , ou insolence , ou pour leur nonchalance, il les punit, et leur oste leurs offices , et establit d'autres gouverneurs. Et faisant ainsi , il semble qu'il ne s'estudie pas moins que la terre soit bien entretenue par les habitans, que de l'avoir gardée bien et seurement par les garnisons. Et encores ce n'est pas un mesme gouverneur qui est ordonné pour ces deux charges: mais l'un commande aux gens du païs et laboureurs, et levé sur eux les daces^; et l'autre a sous sa main les gens d'armes gardans les places \ et si celuy là ne garde le païs comme il doibt, l'autre qui a le gouvernement des habitans , et le soing de l'entretenement de leur terre, se plaint de celuy qui est commis pour la guerre , de ce que pour cstre le païs mal garde , ses gens ne le peuvent

1. Cf. Xénophon, Cyropédie, VIII, 65 Ari9tote,d« Mundo, c. 6.

2. Dace (§a(T|i.6;), aujourd'hui taxe, Dace n'est pas dans Nicot. «Od lève aujourd'hui, écrivait Montesquieu, dant ses LeUres persanes, GXXXVIII, les tributs en Perse comme les levaient les fondateurs de cet empire. »

faire valoir. Mais si le capitaine donne la commodité aux gens du lieu de travailler à leur ayse, il accuse k son tour l'autre capitaine, s'il tient la province mal peuplée et la laisse chômer. Et de vray il se voit tousjours que par ceux qui font mal leurs terres, ny les gens d'armes ne peuvent estre entretenus, ny les daces payées. Mais aux provinces où il y a un satrape qu'ils appellent, celuy Ik a le soing et superintendance de l'un et de l'autre. Apres cela , Critobule printle propos , et dit : Pour vray, ôSocrates, je pense que le roy a autant de soucy du fait de l'agriculture, comme de la guerre, an moins s'il en use comme tu dis.

Encores oultre cela, dit Socrates, en quelque pais qu'il demeure , et en quelque lieu qu'il kanle*, il a le cœur à ce qu'il aye ses vergers, Itt'on appelle ses paradis , bien pleins de tout ce qu'on peut souhaiter de bel et bon que le terroir ayme à porter^; et là dedans il passe la plus part du temps , si la saison de l'an ne l'en jecto eimet hors. Il faut bien doncques, dit Socrates, 6 Critobule, qu'il ait le pensement que ses vergers soient singulièrement beaux et bien accoustrez et d'arbres et de tout ce qui est de beau que la terre produit , puis que luy mesme y demeure tot dedans. Encores, ô Critobule, dit Socrates,

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