PETIT
Pour Dieu ! n*y ayez point d'envie !
Mes parensj vendez mon haubert, Et que Targent, ou la pluspart, Soit employé, dedans cjes Pasques, Pour achepter à ce poupjart Une fenestre emprès Saint-Jacques.
Derechief, je laisse en pur don .
Mes gands et ma hucque de soye A mon amy Jacques Cardon; Le gland aussi d'une saulsoye, Et tous les jours une grosse oye Et ung chappon de haulte gresse ; Dix muys de vin blanc comme croye, Et deux procès, que trop n'engresse.
Item, je laisse à ce jeune homme, René de Montigny, troys chiens; Aussi à Jehan Raguyer, la somme De cent frans, prins sur tous mes biens ; Mais quoy! Je n'y comprens en riens Ce que je pourray acquérir :
On ne doit trop prendre des siens, Ne ses amis trop surquerir.
Item, au seigneur de Grigny Laisse la garde de Nygon, Et six chiens plus qu'à Montigny, Vicestre, chastel et donjon ; Et à ce malostru Changon, Moutonnier qui tient en procès.
Laisse troys coups d*ung escourgon, Et coucher, paix et aise, en ceps.
Et à maîstre Jacques Raguyer, Je laisse TAbreuvoyr Popin, Pour ses paouvres seurs grafignier ; Tousjours le choix d*ung bon lopin, Le trou de la Pomme de pin.
Le doz aux rains, au feu la plante, Emmailloté en jacopin ; Et qui vouldra planter, si plante.
Item, à maistre Jehan Mautainct Et maistre Pierre Basannier, Le gré du Seigneur, qui attainct Tro^bles, forfaits, sans espargnier; Et à mon procureur Fournier, Bonnetz courts, chausses semellées, Taillées sur mon cordouennier, Pour porter durant ces gellées.
Item, au chevalier du guet.
Le heaulme luy establis; Et aux piétons qui vont d'aguet Tastonnant par ces establis, Je leur laisse deux beaulx rubis, La lenterne à la Pierre-au-Let..
Voire-mais, j'auray les Troys licts^ S*ilz me meinent en Chastellet.